Le charme discret de l’intestin : Tout sur un organe mal aimé de Giulia Enders et Jill Enders

Giulia Enders, jeune doctorante et nouvelle star allemande de la médecine, rend ici compte des dernières découvertes sur un organe sous-estimé. Elle explique le rôle que jouent notre « deuxième cerveau » et son microbiote (l’ensemble des organismes l’habitant) dans des problèmes tels que le surpoids, la dépression, la maladie de Parkinson, les allergies… Illustré avec beaucoup d’humour par la sœur de l’auteur, cet essai fait l’éloge d’un organe relégué dans le coin tabou de notre conscience. Avec enthousiasme, Giulia Enders invite à changer de comportement alimentaire, à éviter certains médicaments et à appliquer quelques règles très concrètes pour faire du bien à son ventre.

Critique:

La première partie, sur la digestion, est passionnante. C’est tellement bien qu’on se demande pourquoi les sciences naturelles ne sont pas enseignées sous cette forme, didactique, imagée, humoristique, holistique (on voit bien que chaque organe est partie d’un tour, en relation avec les autres organes) en cours de SNV.
Mais il y a la suite, ou l’auteure s’aventure à parler de psychologie …
Pour être tout à fait honnête la psychologie c’est mon métier à plein temps, et l’apologie des antidépresseurs, des dépressions d’origine biologique, j’ai un peu (beaucoup) de mal avec ce genre de théories, car ma pratique quotidienne me montre le contraire de ce qu’affirme l’auteure, qui est visiblement totalement hors de son domaine de compétence.
Les antidépresseurs, à part « transformer les gens en zombies » (l’expression est d’un confrère médecin), ne font pas grand-chose et encore moins « soigner ».
Quant à la dépression, mes collègues moi-même ont toujours pu identifier au moins une (dans la plupart des cas plusieurs) causes psychologiques. Certes il arrive souvent que les patients aient du mal à identifier eux-mêmes la (les) causes de leur mal-être, mais une dépression ça ne tombe jamais du ciel, sans raison.
Rajouter à cela des comptes rendus d’expérimentation animale, l’on va faire nager des souris jusqu’à épuisement (jusqu’à ce qu’elles se noient) sachant que l’expérimentation animale n’est pas transposable à l’homme (ce que l’auteure omet d’indiquer), j’ai beaucoup de réserves sur ce bouquin … qui avait pourtant bien commencé, quel dommage !

 

Note : 4/10

 

  • Broché: 350 pages
  • Editeur : Actes Sud Editions; Édition : ACTE-SUD (1 avril 2015)
  • Collection : Essais Sciences

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Old Pa Anderson – tome 0 de Hermann et Yves H.

Etat du Mississippi, années 60. Toute sa vie, Anderson a courbé l’échine. Sa petite fille a été assassinée il y a quelques années. Le vieux Noir sait depuis toujours que les coupables sont des Blancs et que la justice ne les retrouvera jamais. Mais hier, la femme d’Anderson est morte de vieillesse. Et aujourd’hui, il n’a plus rien à perdre.

Critique: Voici le grand prix 2016 d’ Angoulême cette année. Hermann illustre une fois de plus un scénario de son fils Yves H ici  avec Old Pa Anderson, ils s’intéressent aux discriminations raciales dans le sud profond au milieu des années 50. Old Pa vient de perdre sa femme. Le vieil homme ne s’est par ailleurs jamais remis de la disparition de sa petite fille huit ans plus tôt. Lorsqu’il apprend que ce sont trois blancs qui l’ont enlevée, violée et tuée, il décide se venger. Conscient que ses actes vont le condamner à mort mais résolu à l’idée que, quoi qu’il arrive, il n’a plus rien à perdre, Old Pa se lance dans une odyssée tragique dont il connait l’inéluctable issue.

Rien de follement original mais l’album donne dans l’efficacité. L’ambiance poisseuse du Mississippi, le racisme ordinaire, la violence et la haine, tout y est. Et puis les aquarelles en couleur directe d’Hermann, son art du cadrage et son style très personnel en mettent plein les yeux.

Note : 7/10

 

  • Album: 64 pages
  • Editeur : Le Lombard (22 janvier 2016)
  • Collection : Old Pa Anderson

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Seul Survivant Tome 1/3 – Atlanta Miami de Christophe Martinolli et Thomas Martinetti

Depuis le terrible accident de bus dans lequel il a vu périr sa petite amie, Max est rongé par la douleur et l’incompréhension. Pourquoi a-t-il été épargné ? Que s’est-il réellement passé ? Pourquoi le coupable court toujours ? Pour lui changer les idées, ses amis l’invitent en vacances à Miami. Mais dès que l’avion décolle, les vieux démons refont surface. Max découvre que le pilote n’est autre que le chauffard qui a provoqué l’accident de bus…

Critique: Dans cette nouvelle série au scénario catastrophe le lecteur sera au cœur de la tourmente avec le personnage principal : Max et qui nous entraine dans  une descente aux enfers.

Si le concept est pas très novateur, l’introduction elle est bien forte pour ne nous pas nous lâcher et nous passionner dans cette nouvel série et être pris par cette histoire tragique portée par Max et comment tout cela va ce finir.

Le dessin est de Jorge Miguel qui nous donne un travail très abouti grâce à un trait réaliste et une très belle palette de couleurs.

Ce premier tome oppressant  est un vrai film catastrophe qui se serait suffit à lui seul mais un twist dramatique nous fait prendre un contre pied à l’histoire.

Note : 8/10

 

  • Album: 56 pages
  • Editeur : Les Humanoïdes Associés (16 mars 2016)
  • Collection : HUMANO.HUMANO.

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Les nouvelles aventures d’Arsène Lupin: Les héritiers de Benoit Abtey et Pierre Deschodt

Qui est-il ? D’où vient-il ? Nul ne sait. Arsène Lupin est partout mais personne ne connaît son véritable visage. Il est le plus célèbre malfaiteur de son temps, le plus distingué aussi. Seulement, on ne s’en prend pas aux puissants de la terre sans subir leur colère… En 1897, au lendemain de l’incendie du Bazar de la Charité – temple de la bonne société parisienne – Lupin disparaît. On le rend responsable du drame. Athéna, surtout, l’amour de sa vie, meurt dans le brasier. Plus rien, désormais, ne compte à ses yeux. Dix ans plus tard, un scandale éclate et le ressuscite. Lupin, changé en monstre, serait-il passé à l’ennemi ? Un quotidien, Le Patriote, l’accuse d’avoir dérobé des secrets militaires pour les vendre à l’Allemagne ! La guerre est imminente. Lupin va-t-il enfin sortir de son silence ? Une aventure trépidante, des rues sombres de Paris au désert marocain…

Critique:Voici le grand retour du plus grand gentleman-cambrioleur français : Arsène Lupin. Les plus vieux le connaisse de ses aventures de Maurice Leblanc et les plus jeune soit par les adaptation cinéma où animé.

Avec ce nouveau roman d’Arsène Lupin les auteurs nous entraine à la fin du XIXème siècle puis en 1907. Comme tous les Lupin on ne sais jamais vraiment si notre héro est là.

Le livre est composé de quatre parties avec des chapitres assez courts ce qui rend le livre comme un trun over, on ne veux s’arrêter jusqu’à la fin ce qui est vraiment agréable on reste en haleine surtout avec le combat que mène Arsène contre son pire ennemi tout le livre est une parti de chat et de souris rudement mené jusqu’à la conclusion où le twist de fin est inattendu est prenant.

Les auteurs nous font voyagé entre la France et le Maroc et autre point positif est que nous suivons d’autres personnages qu’Arsène Lupin. Il y à des personnages comme Clémenceau, Bérenger de la Motte qui sont là tout au fil du récit pour au final arrivé à cette superbe fin.

Les auteurs nous font de très belle description des personnages, on arrive bien à s’imaginer comment ils sont physiquement et leurs caractères à chacun.

Ce nouveau cru d’ Arsène Lupin est à recommander et on à hâte d’être entrainer dans une seconde aventure de la part de ses deux auteurs.

Note : 8,5/10

  • 351 pages
  • Editeur : XO (3 mars 2016)
  • Langue : Français

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Prenez le temps d’e-penser – Tome 1 de Bruce Benamran

Vous vous interrogez sur des phénomènes simples sans retrouver dans quelle case de votre cerveau vous avez rangé ce que vous avez appris en 5ème.
Vous êtes curieux mais pas franchement scientifique, ce livre est pour vous.

Critique : Il s’agit du 1er livre du Youtuber Bruce Benamran, ce qui nous invite à avoir un peu de tolérance.
Au premier abord, on est surpris par l’humour employé ce qui peut déranger certaines personnes qui n’y sont pas habituées . L’impression qu’on a lors des premières pages, est que ce livre est une vulgarisation scientifique et donc pour vocation à s’adresser à un public plus large mais qui se limite finalement à son propre public, celui de ses abonnés Youtube. Et c’est bien dommage !
Bruce Benamran est un travailleur acharné, et le travail qu’il effectue pour rendre les gens curieux mérite l’attention du grand public.Cependant, au fil des pages, on prend habitude du ton employé et même on s’étonne à sourire sur une vanne sortie de nulle part…
Le contenu est clair, structuré, simple et très intéressant !
Il est vrai que des parties proviennent des vidéos Youtube et qui ont été ici retransmis mais quand on ne connais pas l’auteur c’est une bonne découverte, ce livre vient en complément des vidéos.Au final, il s’agit d’un très bon livre de vulgarisation scientifique.

Note : 8/10

 

  • Broché: 396 pages
  • Editeur : Marabout (4 novembre 2015)
  • Collection : Loisirs Illustrés

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Le cycle de Lanmeur (Tome 3-Les rêveurs de l’Irgendwo) de Christian Léourier

De partout des vaisseaux convergent vers Lanmeur. Si cet afflux est encore contenu dans le territoire contrôlé de l’Enclave, les Mondes Rassemblés ne tarderont plus à contester sa suprématie. C’est dans ce contexte de crise historique que Persval ap Galad est envoyé à la rencontre d’un énigmatique artefact qui erre dans l’espace : dans ses entrailles repose peut-être l’explication de cet univers peuplé d’humanités que Lanmeur réunit depuis des siècles, comme les pièces égarées d’un même puzzle. Un univers dont les lois semblent se modifier avec le temps. Voici le troisième tome de l’intégrale des romans et nouvelles constituant Le cycle de Lanmeur, pièce maîtresse de l’œuvre de Christian Léourier et véritable classique de la science-fiction française. Il comprend, notamment, deux nouvelles inédites. La réédition du cycle a été couronnée par le prix spécial du Grand Prix de l’Imaginaire en 2013.

Critique:

Les Masques du Réel : Ce premier texte va ainsi nous plonger, pour la première fois dans ce cycle, à la découverte de Lanmeur, la planète à l’origine du Rassemblement et de tout ce qui en découle. D’ailleurs on y découvre un Lanmeur en proie à de nombreux soucis, du fait de l’arrivée de plus en plus massives des étrangers rassemblés, voir même parfois on va dire « colonisés » comme on l’a vu dans les précédents tomes, ce qui crée ainsi de plus en plus de tensions et de discriminations. On va alors suivre Persval ap Galad, qui va être envoyé en mission par la Thoreïde pour essayer de lever le mystère d’un vaisseau qui apparait et disparait mystérieusement et qui pourrait se révéler d’une grande importance.

On quitte ainsi le Planète Opera pour se retrouver plus dans un Space-Opera que j’ai trouvé vraiment réussi et entrainant, nous offrant une intrigue qui va se révéler beaucoup plus complexe que le laissait présager les premières pages, avec son jeu de pouvoirs et de manipulations, où finalement chaque chapitre va apporter une pièce supplémentaire au puzzle qui se dessine, se révélant même un point crucial pour l’avenir du Rassemblement. Car oui cette découverte pourrait remettre en cause énormément de choses, principalement d’un point de vue politique. Ce récit se révèle d’ailleurs une pièce importante du cycle puisqu’on en apprend plus sur la politique de Lanmeur et ses convictions, mais aussi on constate un début de fragilité et de remise en cause qui soulève de nombreuses questions. Le rassemblement montre aussi ici ses limites, outre le fait qu’il s’agit plus d’une assimilation et d’une uniformisation, on se rend ici compte que ce projet amène de nombreuses difficultés, des rejets, de nombreuses réflexions aussi et surtout risque de se retourner contre ceux qui l’ont initié. Mais surtout il continue à poser cette question, comment espérer rassembler, voir faire coexister de nombreux peuples similaires et pourtant dans le fond si différent.

L’univers gagne toujours au fil des histoires en profondeur, ici par deux points que j’ai trouvé vraiment intéressants. Le premier vient de la découverte de la planète de Lanmeur, monde à la technologie extrêmement avancé et qui possède aussi une certaine poésie et une certaine beauté qui s’en dégage malgré une certaine froideur. L’autre point vient justement de l’aspect Space-Opera, qui permet ainsi de découvrir plusieurs planètes, mais aussi d’en apprendre un peu plus sur l’Espace qui entoure cet univers et les façon de se déplacer et de communiquer des uns et des autres. Ajouter à cela un travail sur les personnages et leurs relations que j’ai trouvé vraiment réussi, accrocheur bien porté par Persval, à la fois curieux, intelligent, mais qui pourtant selon Lanmeur se révèle « incomplet » du fait qu’il n’ait terminé aucune formation. Mon seul petit regret vient d’une fin que j’ai trouvé précipité et certains passages un peu classiques et prévisibles, mais franchement rien de vraiment gênant tant l’ensemble m’a fait passer un très bon moment de lecture offrant au lecteur de nombreuses surprises.

La Terre de Promesse : Ce texte va nous amener bien des années après Les Masques du Réel, la politique Lanmeurienne a fortement changé, obligé d’intégrer les peuples Rassemblés, elle a connu de nombreux bouleversements parfois destructifs, en tout cas pas toujours bénéfiques. Sauf que voilà le réseau de communication entres les planètes vient de s’éteindre sans raison. Gald l’annaliste va alors entamer un long voyage dans le monde virtuel d’Irgendwo pour essayer de comprendre cette disparition. On change de nouveau complètement de genre, puisqu’on se retrouve plonger ici dans un roman, certes de nouveau space-opera, mais que j’ai trouvé plus métaphysique dans sa façon d’appréhender l’intrigue et de pousser le lecteur à réfléchir.

L’importance du roman ne vient, ainsi, pas tant de la réponse à cette subite panne de communication, mais plus par le voyage et les réflexions que vont soulever les nombreuses aventures et les nombreuses rencontres que va faire Gald le héros principal, qui va alors découvrir un univers de rêveurs qui devaient être parfaits mais qui ne le sont pas, où finalement la guerre et la destruction sont toujours présentes et où l’utopie est bien loin. On se retrouve aussi à se poser énormément de questions sur la réalité, le virtuel, développant un aspect philosophique sur notre existence, où somme-nous finalement le fruit d’une imagination, ce qui apporte ainsi une dose philosophique que j’ai trouvé vraiment fascinante. Surtout que l’auteur reste concis, précis et clair, il ne plonge jamais vraiment dans des explications trop complexes ou ennuyeuses, le tout bien porté par une plume toujours aussi soignée et efficace.

Cela n’empêche pas non plus à l’auteur de nous faire voyager, de nous faire découvrir de nouveaux mondes, à la fois hostiles, passionnants à découvrir, avec leurs us et leurs coutumes parfois étranges, mais qui donnent en tout cas envie d’en apprendre plus. Les personnages m’ont paru peut-être un peu moins profonds et denses que les autres histoires du cycle, ou en tout cas tout du moins plus présents pour faire évoluer l’intrigue, mais cela ne les empêche pas de se révéler intéressant à découvrir et à partager leurs aventures qui ne manquent pas non plus d’action et de rebondissements. Mon seul regret vient de quelques longueurs que se ressentent par moment dans l’histoire, un peu comme si l’auteur ralentissait un chouïa trop son histoire pour ne pas offrir sa conclusion trop rapidement.

De nouveau Christian Léourier propose deux récits qui se révèlent riches, que ce soit aussi bien en réflexions, en personnages ou encore en décors que l’on découvre au fil des pages. Le cycle continue à se densifier pour aboutir à ce dernier texte de cette troisième intégrale qui offre une conclusion ouverte à la fois fascinante, déroutantes et intelligente j’ai trouvé. On continue ainsi à se poser des questions sur l’identité, l’existence ou encore la réalité, le tout toujours porté par une plume fluide, soignée et poétique qui happe très rapidement le lecteur pour ne plus vraiment le lâcher.  Il ne me reste plus qu’à me lancer prochainement dans la quatrième intégrale qui lui reviendra sur les origines du rassemblement.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec cette troisième intégrale du cycle de Lanmeur qui, à travers deux textes, vient nous en dévoiler plus sur la planète de Lanmeur ainsi que cette idéologie du Rassemblement. L’auteur nous propose ainsi deux intrigues différentes mais pourtant que j’ai trouvé réussies, efficaces et entrainantes, proposant aussi au lecteur de nombreuses réflexions, qu’elle soit métaphysique ou plus contemporaine. Comme souvent on rencontre aussi des planètes et des lieux qui ne manquent pas d’attraits et donnent envie d’en apprendre plus que ce soit aussi bien d’un point de vue social que par des descriptions de planète, magnifique, hostiles et attirantes. Les personnages sont toujours aussi soignés, accrocheurs et denses, malgré peut-être un léger manque de profondeurs sur certains dans le second texte. Au final je regretterai juste pour le premier texte une conclusion un peu rapide et quelques éléments trop prévisibles et pour le second quelques longueurs, mais franchement rien de non plus bloquant tant je me suis retrouvé emporter par ces histoire, bien portés par une plume toujours aussi soignée, fluide et captivante.

Note 7/10

 

  • Poche: 544 pages
  • Editeur : Folio (29 mai 2015)
  • Collection : Folio SF

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Le secret interdit de Bernard Simonay

Un avion s’écrase dans les Rocheuses, avec plus de cent vingt passagers. Les corps de trois personnes restent introuvables. Or, il leur a été matériellement impossible de quitter l’avion avant l’explosion… Piégé au coeur d’un terrible cyclone en Floride, l’écrivain Kevin Kramer est témoin d’un phénomène inexplicable : un navire échappe à la destruction, protégé par une étrange sphère luminescente. Il décide alors de mener son enquête. Cette démarche insolite va l’entraîner, à la recherche d’un secret millénaire, dans une aventure hallucinante à travers l’espace et le temps. Elle lui révélera aussi l’existence d’un complot effrayant à l’échelle de la planète. Un complot dont il est, sans le savoir, une pièce maîtresse. Le secret interdit est un récit d’aventures fantastiques sans temps mort, où l’on retrouve les préoccupations humanistes de Bernard Simonay. Il est relié de façon indirecte à l’une des meilleures séries de l’auteur : Les enfants de l’Atiantide.

Critique :Dans ce roman on voyage beaucoup et c’est un plaisir de suivre nos héros aux 4 coins du monde. L’auteur a une plume magique et addictive qui fait qu’on ne veut pas lâcher le livre.
Une fois de plus, on admire sa façon de pointer du doigt les mystères non résolus de l’Histoire et mis de côté par les historiens car ils ne rentrent pas dans le cadre de leur théorie.
Il entraine ses personnages dans des aventures fabuleuses, leur tend des pièges dans lesquels ils tomberont, ou pas ! Alexandra est une jeune femme, pleine de fougue, au caractère bien trempé, elle ne s’en laisse pas conter et est pleine d’initiatives heureuses. Kevin est un homme un peu paumé au départ, mais qui se révèle petit à petit et suivre sa métamorphose est un véritable plaisir.
Je conseille vivement la lecture de ce livre. Si vous ne connaissez pas cet auteur, ruez-vous sur ce livre.

Note 9,5/10

 

  • Poche: 576 pages
  • Editeur : Folio (29 mai 2015)
  • Collection : Folio SF

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Anges de fer, paradis d’acier de Serge Brussolo

Quelques années après son expédition sur Ozataxa, planète perdue au-delà de la frontière barbare, David Sarella est désormais au service du clone du pape Nothanos III. Ce dernier lui confie une mission secrète : à la tête de quelques soldats d’exception, il devra libérer des entités divines et les déposer sur Almoha, une planète sauvage et inhabitable, afin qu’elles la terraforment et en fassent un sanctuaire pour Nothanos III et ses fidèles. Mais se faire obéir de dieux vivants, mesquins et jaloux ne sera pas de tout repos, et David devra déployer des trésors de patience et de persuasion pour parvenir à ses fins. Suite de Frontière barbare, paru en 2013 dans la collection Folio SF, mais pouvant se lire indépendamment, Anges de fer, paradis d’acier est l’incursion la plus récente de Serge Brussolo dans la science-fiction. Une nouvelle fois, son talent et son imagination hors du commun font des merveilles.

Critique : Serge Brussolo nous immerge dans une histoire de science-fiction qui frôle la démesure. Les idées qu’il emploie sont proches de la folie, souvent totalement absurdes, mais on se plonge dans le monde qu’il nous décrit. Je devrais plutôt dire les mondes, car ce livre enchaîne les lieux, et ces derniers sont de plus en plus étranges : le cimetière d’avions autour du palais du pape Nothanos III, la planète Almoha, et enfin les mondes souterrains. Les descriptions sont nombreuses et précises . Il faut réussir à suivre l’auteur dans certains univers absurdes qu’il nous dépeint : arbres avec des plumes, moutons qui changent de couleur, etc. À chaque page, le lecteur peut rencontrer une nouvelle trouvaille qui repousse encore plus loin des limites qu’on pensait atteintes depuis longtemps. Les idées partent vraiment dans tous les sens et c’est peut-être un peu trop. Je l’ai apprécié, mais je ne suis pas certain que cela plaise à tout le monde. L’auteur joue avec la religion et la place des dieux . Serge Brussolo aime aussi réutiliser les noms de certains personnages ou de lieux : Almoha, Sigrid, David Sarella etc. Le personnage de David Sarella est égal à lui-même, peut-être même plus en retrait que dans le premier tome : tantôt incertain, tantôt sûr de lui. On se demande s’il est vraiment le héros de l’histoire ou s’il suit simplement le mouvement.

Ce roman est agréable et la lecture recommandée.

Note: 9/10

 

  • Poche: 464 pages
  • Editeur : Folio (29 mai 2015)
  • Collection : Folio SF

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L’ombre de Gray Mountain de John Grisham

Nous sommes en 2008. La carrière de Samantha Kofer dans un grand cabinet d’avocats de Wall Street est sur des rails dorés… Mais la récession frappe soudain. La jeune femme se retrouve du jour au lendemain au bas de l’échelle, limogée, raccompagnée vers la sortie, quasiment jetée dehors par une escorte de vigiles. Samantha a toutefois de la « chance » dans son malheur ; un cadeau de ses supérieurs : si elle accepte de travailler gratuitement pendant un an dans un centre d’aide juridique, elle pourra peut-être réintégrer sa place au cabinet.
En quelques jours, Samantha quitte donc Manhattan pour s’installer à Brady, en Virginie, une bourgade de deux mille deux cents âmes au coeur des Appalaches, un recoin du monde où elle n’aurait jamais pensé mettre les pieds. Mattie Wyatt, une figure éminente de Brady et directrice du centre juridique va lui montrer comment aider « les vrais gens ayant de vrais problèmes ». Pour la première fois dans sa carrière d’avocate, Samantha va préparer un procès, connaître la violence des salles d’audience, se faire réprimander par un juge, recevoir des menaces de la part de gens qui n’apprécient guère qu’une avocate de New York mette son nez dans leurs affaires. Elle va apprendre également que Brady, comme nombre de petites villes, cache de lourds secrets.
Ce nouveau travail va entraîner Samantha dans les eaux troubles et dangereuses de l’exploitation minière, une terra incognita où il n’y a ni lois, ni code du travail, ni respect des biens et des personnes. Deux camps s’opposent. La population s’entre-déchire. La montagne elle-même est en danger, attaquée de toutes parts par les sociétés de charbonnage. La violence est partout. Et, en quelques semaines, Samantha va se retrouver emportée dans un combat judiciaire dont l’issue sera fatale.

Critique : Ce roman est tellement ennuyeux qu’on se demande sérieusement si c’est Grisham qui l’a écrit. Le suspense est inexistant jusqu’à la page 300 au moins, après cela ne s’améliore pas beaucoup. Et puis ça a l’air fini, mais est-ce vraiment le cas, où est-ce qu’il y aura encore un volume de rallonges ? Les personnages ont certes un certain intérêt, mais tout est dilué dans des détails insignifiants, le récit s’étire à faire dormir le pire des insomniaques, le style est digne d’un lycéen, les bonnes intentions mièvres en plus. Et puis tous les poncifs écologistes y passent, les méchantes compagnies minières qui exploitent le charbon à ciel ouvert (c’est vrai, les mines sous terre c’est sans doute mieux pour les poumons des ouvriers), seuls les avocats idéalistes combattent le monstre par tous les moyens légaux (et parfois illégaux). Même la description du système judiciaire, souvent si bien faite chez Grisham, est ici d’une pauvreté désespérante.

Note : 5/10

 

  • Broché: 450 pages
  • Editeur : JC Lattès (25 mars 2015)
  • Collection : Thrillers

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Nom d’un chien de André Alexis

Tout commence par un pari alcoolisé entre Hermès et Apollon : si les animaux avaient l’intelligence humaine, seraient-ils aussi malheureux que les hommes ? Les deux dieux décident alors d’accorder conscience et langage à un groupe de chiens passant la nuit dans une clinique vétérinaire de Toronto. Tout à coup capable d’élaborer des raisonnements plus complexes, la meute se divise : d’un côté les chiens qui refusent de se soumettre à ce nouveau mode de pensée, de l’autre les canidés progressistes qui y adhèrent sans condition. Depuis l’Olympe, les dieux les observent, témoins de leurs tâtonnements dans ce nouveau monde qui s’offre à eux. Car, si Hermès veut l’emporter, au moins un des chiens doit être heureux à la fin de sa vie.

Critique : Sur une toile de fond fantastique sur le  pari entre les dieux d’Olympe, une quinzaine de chiens accèdent subitement à l’intelligence humaine et on suit au long de ce roman leur évolution. Ceci permet une réflexion autant sur la nature humaine qu’animale. Car, outre diverses péripéties, cette meute est aussi confrontée à une crise identitaire majeure. Les destins individuels présentés étonnent et enchantent parfois: un poète, un dictateur, un égocentrique, un philosophe, etc. La relation chienne humaine dans cette nouvelle donne change aussi radicalement. Ce livre met en lumière les côtés sombres de l’humanité, mais aussi ses qualités trop peu exploitées, et présente aussi assez bien une perspective canine quoique certains traits, de dominance notamment, soient très exagérés. Il n’en demeure pas moins que c’est une lecture très agréable qui porte son lot de questionnements.

Note 8,5/10

 

  • Broché: 256 pages
  • Editeur : Denoël (18 février 2016)
  • Collection : Y

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