Anges de fer, paradis d’acier de Serge Brussolo

Quelques années après son expédition sur Ozataxa, planète perdue au-delà de la frontière barbare, David Sarella est désormais au service du clone du pape Nothanos III. Ce dernier lui confie une mission secrète : à la tête de quelques soldats d’exception, il devra libérer des entités divines et les déposer sur Almoha, une planète sauvage et inhabitable, afin qu’elles la terraforment et en fassent un sanctuaire pour Nothanos III et ses fidèles. Mais se faire obéir de dieux vivants, mesquins et jaloux ne sera pas de tout repos, et David devra déployer des trésors de patience et de persuasion pour parvenir à ses fins. Suite de Frontière barbare, paru en 2013 dans la collection Folio SF, mais pouvant se lire indépendamment, Anges de fer, paradis d’acier est l’incursion la plus récente de Serge Brussolo dans la science-fiction. Une nouvelle fois, son talent et son imagination hors du commun font des merveilles.

Critique : Serge Brussolo nous immerge dans une histoire de science-fiction qui frôle la démesure. Les idées qu’il emploie sont proches de la folie, souvent totalement absurdes, mais on se plonge dans le monde qu’il nous décrit. Je devrais plutôt dire les mondes, car ce livre enchaîne les lieux, et ces derniers sont de plus en plus étranges : le cimetière d’avions autour du palais du pape Nothanos III, la planète Almoha, et enfin les mondes souterrains. Les descriptions sont nombreuses et précises . Il faut réussir à suivre l’auteur dans certains univers absurdes qu’il nous dépeint : arbres avec des plumes, moutons qui changent de couleur, etc. À chaque page, le lecteur peut rencontrer une nouvelle trouvaille qui repousse encore plus loin des limites qu’on pensait atteintes depuis longtemps. Les idées partent vraiment dans tous les sens et c’est peut-être un peu trop. Je l’ai apprécié, mais je ne suis pas certain que cela plaise à tout le monde. L’auteur joue avec la religion et la place des dieux . Serge Brussolo aime aussi réutiliser les noms de certains personnages ou de lieux : Almoha, Sigrid, David Sarella etc. Le personnage de David Sarella est égal à lui-même, peut-être même plus en retrait que dans le premier tome : tantôt incertain, tantôt sûr de lui. On se demande s’il est vraiment le héros de l’histoire ou s’il suit simplement le mouvement.

Ce roman est agréable et la lecture recommandée.

Note: 9/10

 

  • Poche: 464 pages
  • Editeur : Folio (29 mai 2015)
  • Collection : Folio SF

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L’ombre de Gray Mountain de John Grisham

Nous sommes en 2008. La carrière de Samantha Kofer dans un grand cabinet d’avocats de Wall Street est sur des rails dorés… Mais la récession frappe soudain. La jeune femme se retrouve du jour au lendemain au bas de l’échelle, limogée, raccompagnée vers la sortie, quasiment jetée dehors par une escorte de vigiles. Samantha a toutefois de la « chance » dans son malheur ; un cadeau de ses supérieurs : si elle accepte de travailler gratuitement pendant un an dans un centre d’aide juridique, elle pourra peut-être réintégrer sa place au cabinet.
En quelques jours, Samantha quitte donc Manhattan pour s’installer à Brady, en Virginie, une bourgade de deux mille deux cents âmes au coeur des Appalaches, un recoin du monde où elle n’aurait jamais pensé mettre les pieds. Mattie Wyatt, une figure éminente de Brady et directrice du centre juridique va lui montrer comment aider « les vrais gens ayant de vrais problèmes ». Pour la première fois dans sa carrière d’avocate, Samantha va préparer un procès, connaître la violence des salles d’audience, se faire réprimander par un juge, recevoir des menaces de la part de gens qui n’apprécient guère qu’une avocate de New York mette son nez dans leurs affaires. Elle va apprendre également que Brady, comme nombre de petites villes, cache de lourds secrets.
Ce nouveau travail va entraîner Samantha dans les eaux troubles et dangereuses de l’exploitation minière, une terra incognita où il n’y a ni lois, ni code du travail, ni respect des biens et des personnes. Deux camps s’opposent. La population s’entre-déchire. La montagne elle-même est en danger, attaquée de toutes parts par les sociétés de charbonnage. La violence est partout. Et, en quelques semaines, Samantha va se retrouver emportée dans un combat judiciaire dont l’issue sera fatale.

Critique : Ce roman est tellement ennuyeux qu’on se demande sérieusement si c’est Grisham qui l’a écrit. Le suspense est inexistant jusqu’à la page 300 au moins, après cela ne s’améliore pas beaucoup. Et puis ça a l’air fini, mais est-ce vraiment le cas, où est-ce qu’il y aura encore un volume de rallonges ? Les personnages ont certes un certain intérêt, mais tout est dilué dans des détails insignifiants, le récit s’étire à faire dormir le pire des insomniaques, le style est digne d’un lycéen, les bonnes intentions mièvres en plus. Et puis tous les poncifs écologistes y passent, les méchantes compagnies minières qui exploitent le charbon à ciel ouvert (c’est vrai, les mines sous terre c’est sans doute mieux pour les poumons des ouvriers), seuls les avocats idéalistes combattent le monstre par tous les moyens légaux (et parfois illégaux). Même la description du système judiciaire, souvent si bien faite chez Grisham, est ici d’une pauvreté désespérante.

Note : 5/10

 

  • Broché: 450 pages
  • Editeur : JC Lattès (25 mars 2015)
  • Collection : Thrillers

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Nom d’un chien de André Alexis

Tout commence par un pari alcoolisé entre Hermès et Apollon : si les animaux avaient l’intelligence humaine, seraient-ils aussi malheureux que les hommes ? Les deux dieux décident alors d’accorder conscience et langage à un groupe de chiens passant la nuit dans une clinique vétérinaire de Toronto. Tout à coup capable d’élaborer des raisonnements plus complexes, la meute se divise : d’un côté les chiens qui refusent de se soumettre à ce nouveau mode de pensée, de l’autre les canidés progressistes qui y adhèrent sans condition. Depuis l’Olympe, les dieux les observent, témoins de leurs tâtonnements dans ce nouveau monde qui s’offre à eux. Car, si Hermès veut l’emporter, au moins un des chiens doit être heureux à la fin de sa vie.

Critique : Sur une toile de fond fantastique sur le  pari entre les dieux d’Olympe, une quinzaine de chiens accèdent subitement à l’intelligence humaine et on suit au long de ce roman leur évolution. Ceci permet une réflexion autant sur la nature humaine qu’animale. Car, outre diverses péripéties, cette meute est aussi confrontée à une crise identitaire majeure. Les destins individuels présentés étonnent et enchantent parfois: un poète, un dictateur, un égocentrique, un philosophe, etc. La relation chienne humaine dans cette nouvelle donne change aussi radicalement. Ce livre met en lumière les côtés sombres de l’humanité, mais aussi ses qualités trop peu exploitées, et présente aussi assez bien une perspective canine quoique certains traits, de dominance notamment, soient très exagérés. Il n’en demeure pas moins que c’est une lecture très agréable qui porte son lot de questionnements.

Note 8,5/10

 

  • Broché: 256 pages
  • Editeur : Denoël (18 février 2016)
  • Collection : Y

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Les experts scientifiques de Jean-Paul Albert, Saubahe Ayadi-Takerkart, Jean-Claude Bauer, Jacques Dayan Jack Delaroche

Dernière nouveauté de la Grande Imagerie nous invitant à découvrir l’univers des « Experts scientifiques ».

Critique : Voilà un remarquable livre pédagogique destiné aux jeunes mais aussi à leurs parents. On découvre les métiers que sont les experts scientifiques avec des schémas et d’illustrations qui rendent la compréhension de ses métiers de l’ombre qui inspire les films et qui s’encre encore plus dans la réalité avec les attentats de novembre. . À recommander fortement pour les enfants à partir de 8 ans.

Note : 9/10

  • Broché: 26 pages
  • Editeur : Fleurus (29 janvier 2016)
  • Collection : La grande imagerie

 

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Quelqu’un pour qui trembler de Gilles Legardinier

Pour soigner ceux que l’on oublie trop souvent, Thomas a vécu des années dans un village perdu en Inde. Lorsqu’il apprend que la femme qu’il a autrefois quittée a eu une fille de lui, ses certitudes vacillent. Il lui a donné la vie, mais il a moins fait pour elle que pour n’importe quel inconnu. Est-il possible d’être un père quand on arrive si tard ? Comment vit-on dans un monde dont on ne connaît plus les codes ? Pour approcher celle qui est désormais une jeune femme et dont il ne sait rien, secrètement, maladroitement, Thomas va devoir tout apprendre, avec l’aide de ceux que le destin placera sur sa route. Voici la réjouissante histoire de ce que nous sommes capables de réussir ou de rater au nom de la seule chose qui compte dans nos vies. Grâce à ses best-sellers, Gilles Legardinier a fait rire et ému des millions de lecteurs à travers le monde. Son humour et une humanité sincère, alliés à un goût unique pour les histoires décalées, trouvent un écho de plus en plus grand. Une fois de plus, à travers des personnages bouleversants et des situations hilarantes dont il a le secret, cet auteur atypique parvient à nous surprendre pour mieux nous entraîner ailleurs, au plus profond de nous…

Critique :Gilles Legardinier continue dans la lignée de ses précédents romans, un roman léger, drôle, émouvant, plein de tendresse et de personnages désopilants. Un livre peut être un peu plus profond que d’habitude. En effet le décalage du personnage, rentrant après 20 ans de vie minimaliste de baroudeur médical, dans la société actuelle permet de pointer quelques messages parfois bien pertinents sur notre monde actuel. Un personnage très attachant dans ses qualités humaines et ses faiblesses. On retrouve les qualités habituelles de l’auteur, inventant des situations improbables mais cocasses, un sens du dialogue assez savoureux, et une histoire hautement rafraichissante. En abordant l’amour dans un sens plus large que ses jolies bluettes habituelles, il donne à ce roman une note un peu plus intense. Sa postface est d’ailleurs assez touchante et donne la mesure de l’implication qu’il a pu mettre dans cette histoire.

En tout cas, pour ma part, il s’agit d’un de ces meilleurs romans où on retrouve la légèreté qu’on lui connaît et une touche supplémentaire d’âme.
Note : 8/10

 

  • Broché: 429 pages
  • Editeur : Fleuve éditions

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Red Rising – Livre 2 – Golden Son de Pierce Brown

Deux ans ont passé. Darrow n’est plus un Rouge risquant chaque jour sa vie dans les mines de Mars. Il est devenu le Faucheur, un Or dont la réputation n’est plus à faire. Rien ne lui résiste.

Pourtant, au fond de lui, Darrow n’a pas oublié. Il n’a pas pardonné. Mais il commet une erreur fatale : il sous-estime son ennemi. En un éclair, Darrow perd tout.

Au pied du mur, Darrow doit élaborer une nouvelle stratégie… Sinon, tous ses efforts, tous ses sacrifices auront été vains. Et Eo sera morte pour rien

Critique: Golden Son commence quelques années après Red Rising. Darrow est devenu Lancier de Nero Augustus. Dans ce second tome, Darrow va rapidement se retrouver dans une intrigue politique qui le dépasse et va l’amener à devoir toujours utiliser de nouvelles ruses. En plus de ça, les Fils d’Arès ne donne plus de signe de vie.. Pauvre p’tit Darrow.

L’action commence immédiatement, dans l’espace à bord d’un vaisseau. On se retrouve pris dans une bataille avec Darrow. En avançant dans Golden Son, on réalise que dans ce tome, les stratégies militaires sont au rendez-vous. Tout comme la politique du système solaire Ce second tome met en avant les liens entre Darrow et ses compagnons. On trouve leurs relations magnifiques et remplies d’humanité. Encore une fois, on ne se retrouve pas avec des protagonistes manichéens comme la littérature pour ado à tendance à vite nous cracher. Ici, il existe des dizaines de nuances.
Les personnages de Golden Son évoluent et se battent pour leurs propres causes. Et Darrow le premier. Il devient sombre et acquiert une certaine maturité dans Golden Son. Son désir de réaliser le rêve d’Eo, sa femme tuée par les Ors, est ce qui amène Darrow à se réaliser, à se soulever, à garder espoir, à se battre et à se comporter avec un humanisme criant de réalisme. Quoi qu’il arrive. Darrow combat ses propres valeurs pour réaliser un rêve presque impossible. C’est un personnage à la construction parfaite avec ses faiblesses et ses limites qui fait parfois des erreurs. Et c’est ce qui me fait admirer énormément le travail de Pierce Brown.

Mais que serait Darrow sans ses compagnons Ors? Là aussi un travail fantastique. L’auteur nous montre que, ce n’est pas parce qu’on né Or que l’on est un être avide de méchanceté, et d’un pouvoir seulement palpable en écrasant les autres. Les choses ne sont pas aussi simple, la vie n’est pas noire ou blanche mais un mélange d’une multitude de couleur. Et c’est aussi le message que Pierce Brown nous livre dans ce roman. Il donne aux autres couleurs de la pyramide une grande place dans Golden Son. On en apprend plus sur les Obsidiens ou les Roses. Darrow s’avise à prouver que ce qui compte, c’est qu’avant d’appartenir à une couleur, ce sont tous des êtres humains. Et c’est un beau message.
Surtout qu’avant de commencer Golden Son, malgré les apports du premier, on a toujours tendance à penser que les Ors sont supérieurs. Mais encore une fois, rien n’est aussi simple. Les Ors peuvent se montrer monstrueux entre eux, et savent où frapper pour faire mal. L’infériorité existe aussi dans ce monde doré. Et les Ors en haut de l’échelle ne se gênent pas pour la faire ressentir à leurs semblables.

Note: 9/10

 

  • Broché: 528 pages
  • Editeur : Hachette Romans (27 janvier 2016)

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L’Horizon à l’envers de Marc Levy

Où se situe notre conscience ?
Est-ce qu’on peut la transférer et la sauvegarder ?
Hope, Josh et Luke, étudiants en neurosciences, forment un trio inséparable, lié par une amitié inconditionnelle et une idée de génie.
Lorsque l’un des trois est confronté à une mort imminente, ils décident d’explorer l’impossible et de mettre en œuvre leur incroyable projet.
Émouvante, mystérieuse, pleine d’humour aussi… une histoire d’amour hors du temps, au dénouement inoubliable, et si originale qu’il serait dommage d’en dévoiler plus.
Un roman sur la vie, l’amour et la mort… parce que, après, plus rien n’est pareil.

Critique : Dans ce nouveau livre de Marc Levy on retrouve ce qui lui à fait sont sa renommé on à l’impression d’être de retour à si c’était vrai, la Prochaine fois ou encore Toutes ces choses qu’on ne s’est pas dites.
Nous sommes de nouveau transportés dans un univers médical (une équipe d’étudiants en neurosciences) avec en trame de fond le combat contre la maladie et une histoire d’amour et  de nouveau on a l’impression d’être transporté dans un univers merveilleux où tout semble possible : l’amour qui survit envers et contre tout. On y retrouve de vrais moments d’émotion  le tout ponctué par un brin d’humour.
Une bon livre qui se lit d’une traite.

Note : 7/10

 

    • Broché: 398 pages
    • Editeur : Robert Laffont/Versilio (11 février 2016)

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