L’arbre et le fruit (17 mars 2016) de Jean-François Chabas

Jewel ne comprend pas. Où est passée Maman?
Devra-t-elle rester avec Papa, maintenant?
Cette perspective lui fait peur. Mais il ne faut pas qu’Esther le sente. C’est sa petite soeur, elle doit la protéger. En fait, Maman est à l’hôpital psychiatrique. Parce que Papa lui fait du mal. Parce que Papa les terrorise.
En grandissant, Jewel comprend peu à peu que si son père est malfaisant, d’autres personnes sur la terre méritent qu’on les aime et qu’on se batte.

Critique : Un roman sur la maltraitance et la violence faite aux femmes
qui raconte la vie perturbée de deux fillettes américaines dans les années 1980. le décalage dans le temps permet de prendre de la distance sans rien perdre de l’actualité de ces violences dont on sait qu’elles sont encore trop souvent tues et qu’elles s’affranchissent des classes sociales. le père de Jewel et d’Esther exerce justement une très honorable profession : il est notaire. Qui pourrait imaginer que cet homme affable, apprécié en société se transforme en monstre lorsqu’il passe la porte de son domicile . Dans un climat de violence quotidien, deux filles et leur mère subissent la tyrannie du père, figure autoritaire et brutale. Au regard de la société, cet homme est parfait, au regard de sa famille, il est un monstre. La mère se renferme, persuadée de ne pouvoir échapper à son sort et décide même de subir des enfermements volontaires en hôpital psychiatrique, où l’éloignement et les médicaments lui permettent d’oublier cet homme.
Ces filles elles, restent, et se construisent face à la peur que leur inspire ce père et l’absence réconfortante d’une mère. Choisiront-elles le même chemin que leur mère ? Céderont-elles face à la crainte, où choisiront-elles de s’émanciper pour se construire une autre vie ? Ce court roman est sans pitié dans ses propos, il est exactement le film des familles détruites par la violence gratuite.
Non ce n’est pas simple d’écrire une critique sur ce sujet, et pourtant ce sont des choses qui se passent au quotidien.Certaines femmes arrivent à se sauver, à sauver leurs enfants, mais pas toutes malheureusement. Ce livre offre la possibilité de délivrer une parole qui souvent reste enfermée et propose une solution finale à un public de jeunes adolescent qui pourrait être confronté à cette problématique. Sur le sujet difficile et ô combien casse-gueule des violences familiales, l’auteur livre un récit qui nous prend au coeur, au ventre et au cerveau. Un vrai moyen de faire comprendre la complexité de ces relations de domination aux lecteurs, jeunes ou moins jeunes, doublé d’un récit d’espoir, de bienveillance et de quête du bonheur.

Note : 10/10

 

  • Broché: 128 pages
  • Editeur : Gallimard Jeunesse (17 mars 2016)
  • Collection : Scripto
  • Langue : Français

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