Les ennemis de la vie ordinaire (13 avril 2017) de Héléna Marienské

L’un boit, l’autre sniffe, le troisième fornique à corps perdu. Les autres ne sont pas en reste. Tous sont addicts et se trouvent embarqués dans une thérapie de groupe d’un nouveau genre. Ils y trouveront ce qui n’était pas prévu : la polyaddiction. Ça secoue. Mais pas seulement : car ces ennemis de la vie ordinaire vont aussi découvrir dans le groupe l’entraide, l’amitié, et l’amour, le bel amour.Comédie hilarante, portée par une écriture brillante et rythmée, ce roman s’empare d’un sujet de société contemporain, l’addiction, pour mieux le détourner : un conte moderne aussi réjouissant qu’immoral.Abstinents s’abstenir.

Chronique : Ce roman choral vous embarque littéralement dans les méandres de l’addiction, chacun de nous y retrouve peu ou prou ses petites déviances: le shopping compulsif, une sexualité ultra inventive, la folie du jeu, les paradis artificiels, le culte du corps, l’alcoolisme mondain.
D’une plume habile, jamais complaisante, toujours tendre avec ses personnages, l’écrivaine dresse le portrait de l’individu 2.0 addict, honteux et empêtré dans la persévérance de son être :
– un curé cocaïnomane, sosie du pape François a sniffé le budget alloué par les monuments historiques pour rénover son église,
– une adolescente fragile, marginalisée, accro à la dope à la gouaille bien trempée, vit au rythme des squats et du prochain shoot,
– un prof à la Sorbonne, fin dix septièmiste, asocial et provocateur, fuit l’inanité de sa vie en consommant sexuellement de jeunes proies, victimes de ses délires de travestissement….et j’en passe.
Indéniablement, ils vont tous très mal. C’est d’ailleurs pour s’en sortir qu’ils ont accepté l’expérience inédite proposée par Clarisse la psy.
Elle fait le pari de réunir leur addictions, et les aider à se sortir de la dépendance.
Derrière le propos léger et drôle s’élabore le thème central du livre, l’addiction qui instrumentalise l’individu dans la quête illusoire du plaisir qui n’est en fait qu’une souffrance pathologique. Tous souffre de la pathologie du lien, ce trouble de l’attachement qu’ils tentent de surmonter en investissant démesurément un domaine de façon transgressive.
Roman d’une descente dans l’enfer de la dépendance, mais aussi roman de la révélation, des autres, de l’amour, de l’amitié, de l’entraide, de la force du collectif, de l’intelligence émotionnelle. Roman érotique, roman pokéristique, roman libérateurnet de la conquête du bonheur, Ces loosers magnifiques se transcendent, découvrent les vertus de l’altérité, ne renoncent pas à leur addiction, mais donnent désormais un sens à leurs actes, en commun. En interagissant les uns avec les autres, ils inventent la voie de leur propre jouissance, de leur éveil à la vie, de leur bonheur intérieur. Enfin, roman d’apprentissage car être heureux, c’est aussi et surtout vivre hors du cadre !
Une incitation à rejoindre le rang des ennemis de la vie ordinaire pour l’éternité !

Note : 9/10

 

  • Poche: 384 pages
  • Editeur : Folio (13 avril 2017)

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