Le faucon va mourir (15 juin 2017) de Harry Crews

Tout le monde en a après George Gattling. Entre les employés simples d’esprit de son garage automobile, sa maîtresse, Betty, une étudiante apathique aux mœurs légères, sa sœur Precious et les quiz ineptes qu’elle lui inflige à tout bout de champ, et Fred, le fils de cette dernière, attardé mental sérieusement porté sur la bouteille, George étouffe. Sa nouvelle passion devient sa seule échappatoire : l’apprentissage de la fauconnerie. Après quelques tentatives d’affaitage ratées, il capture un nouveau rapace et entame sa périlleuse domestication. Quand son neveu meurt soudain dans un curieux accident, George perd pied. Le faucon devient son seul compagnon. Et ce compagnon n’attend qu’une chose : l’occasion de tuer.

Chronique : George Gatling, quarantenaire d’apparence apaisée, patron d’une petite entreprise de rénovation d’habitacles d’automobiles. Célibataire, il vit avec sa soeur malchanceuse, larguée par son mari après qu’elle a mis au monde un enfant attardé (Fred) qui vit avec le couple et que George élève comme le fils qu’il n’a jamais eu. A côté de ça, George a une lubie : il s’est mis en tête de devenir fauconnier, de réussir l’affaitage des rapaces en suivant les instructions que d’illustres prédécesseurs européens ont laissé sous forme de traité plusieurs siècles plus tôt.
L’événement déclencheur de tous les autres est la mort accidentelle de Fred, qui survient dès le début du roman. On ne peut s’empêcher de s’interroger sur les desseins de l’auteur alors qu’il nous prive d’un aussi fascinant personnage. Crews a bien monté son coup : l’étrange Fred hantera le reste de l’ouvrage, sa disparition brutale catalysant les émotions de la communauté familiale. Finalement, la vie de Fred aura ouvert une parenthèse dans celle des protagonistes, sa mort provoquant un nouveau départ pour la plupart d’entre eux. Tout en réussissant son projet de dressage, George connaîtra peut-être, enfin, l’amour d’une femme.
Même si les émotions à fleur de peau peinent à contenir la violence latente, les êtres vraiment pathologiques sont absents. On trouve comme à l’habitude un personnage de contraste extrême, Fred, doté à la fois d’un physique parfait, d’un esprit insaisissable et d’une parole égrainée avec la plus grande économie. n roman d’une grande humanité, même s’il semble dépourvu de ligne directrice.

Note : 9/10

 

  • Poche: 288 pages
  • Editeur : Folio (15 juin 2017)
  • Collection : Folio Policier

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