Paroles d’honneur (6 septembre 2017) de Leila Slimani et Laetitia Coryn

Une BD-REPORTAGE sur la sexualité des femmes au Maroc
Rabat, été 2015.
Suite à la parution de son livre Dans le jardin de l’ogre, un roman cru et audacieux qui aborde la thématique de l’addiction sexuelle, Leila Slimani part à la rencontre de ses lectrices marocaines. Face à cette écrivaine franco-maghrébine décomplexée qui aborde la sexualité sans tabou, la parole se libère.
Au fil des pages, l’auteur recueille des témoignages intimes déchirants qui révèlent le malaise d’une société hypocrite dans laquelle la femme ne peut être que vierge ou épouse, et où tout ce qui est hors mariage est nié  : prostitution, concubinage, homosexualité. Le code pénal punit toute transgression  : un mois à un an de prison pour les relations hétérosexuelles hors mariage, six mois à trois ans de prison pour les relations homosexuelles, un à deux ans de prison pour les adultères.
Soumises au mensonge institutionnalisé, ces femmes nous racontent les tragédies intimes qui égrènent leurs vies et celles des femmes qui les entourent  : IVG clandestines, viols, lynchages, suicides. Toutes sont tiraillées entre le désir de se libérer de cette tyrannie et la crainte que cette libération n’entraîne l’effondrement des structures traditionnelles.
A travers cette BD, il s’agit de  faire entendre la réalité complexe d’un pays où l’islam est religion d’Etat. Et où le droit des femmes passera, avant tout, par la défense de leurs droits sexuels.

Chronique : Que dire de ce roman graphique à moi que cette histoire est un véritable coup de cœur, un choc, tant à l’écriture que graphiquement.  N’ayant pas lu le roman Dans le jardin de l’ogre cette lecture est donc un moyen de découvrir ce récit qui est un vrai bijou.  Le style est tout simple, tout en retenue, colle parfaitement au traitement du sujet qui n’est pas de la nymphomanie mais plutôt les troubles provoqués par les traumas. Le manque d’amour provoque des désastres, c’est bien connu. L’addiction au sexe n’en n’est pas une. La misogynie occidentale et contemporaine, l’éducation judéo-chrétienne, la pudeur empêchent l’abord de ce thème de roman.
En lisant ce roman graphique on à un peu peur de la représentation que l’on y trouvera mais tout est juste et le lecteur se sent compatissant pour les personnages  on a envie de les aider, tout en ce demandant comment est-ce possible. Laetitia Coryn  met en images dans un style dur mais très expressif et vivant ce qui nous entraîne dans ses récits  et nous fait vivre cette réalité. Leila Slimani et Laetitia Coryn nous offre un roman graphique étrange et dérangeant qui ne plonge jamais dans le graveleux et traitant ce sujet qu’on pourrait croire scabreux avec finalement beaucoup de pudeur et de démonstration, décrivant tous les tourments dont n’importe quel drogué pourrait être victime.

Note : 10/10

  • Editeur : Les Arènes (6 septembre 2017)
  • Collection : AR.HORS COLLECT

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