On la trouvait plutôt jolie (12 octobre 2017) de Michel Bussi

Du désert sahélien à la jungle urbaine marseillaise, en quatre jours et trois nuits…
Un suspense renversant et bouleversant.

 » – Qu’est-ce qui ne va pas, Leyli ? Vous êtes jolie.
Vous avez trois jolis enfants. Bamby, Alpha, Tidiane. Vous vous en êtes bien sortie.
– Ce sont les apparences, tout ça. Du vent. Il nous manque l’essentiel. Je suis une mauvaise mère. Mes trois enfants sont condamnés. Mon seul espoir est que l’un d’eux, l’un d’eux peut-être, échappe au sortilège.
Elle ferma les yeux. Il demanda encore :
– Qui l’a lancé, ce sortilège ?
– Vous. Moi. La terre entière. Personne n’est innocent dans cette affaire.  »

Chronique : Le titre « On la trouvait plutôt jolie » ne manque de faire résonner la& chanson de Pierre Perret, celle où il raconte la jolie Lily venue de son plein gré faire les sales boulots à Paris pour échapper à une vie de misère. La Lily de Michel Bussi, c’est Leily Maal, émigrée malienne, courageuse maman de trois enfants, qui fait des ménages et qui vit dans un HLM de Port de Bouc. Tout comme Lily, Leily se rendra vite compte que l’on n’est pas tous égaux au pays de Voltaire et d’Hugo, surtout si l’on vient de l’autre côté de la Méditerranée…Dans ce roman c’est la crise des migrants qui sert de toile de fond à Michael Bussi qui n’hésite pas à pointer du doigt la déshumanisation d’un système, l’indifférence générale (« Une quinzaine de corps noyés repêchés dans l’eau, dix autres cadavres échoués dans la boue. Passons maintenant à la météo. ») et l’inhospitalité des prétendues terres d’accueil : « Les fous qui étaient morts pour passer le mur, de l’est à l’ouest, étaient devenus des héros, des résistants, des martyrs ! Ceux qui tentaient aujourd’hui de franchir la frontière, du sud au nord, attirés par le même Occident, par les mêmes démocraties, étaient au mieux des hors-la-loi, au pire des terroristes. Question de nombre ? de mode ? de couleur ? de religion ? Ou la boussole du monde s’était-elle simplement déréglée ? ». Indépendamment de ces réflexions humanitaires , Les amateurs de policier trouveront leur compte : des chambres d’hôtel à vocation libidineuse qui deviennent des scènes de crime, des hommes qui paient de leur vie la recherche d’un moment de plaisir, des personnages cyniques qui profitent sans vergogne de la détresse d’autrui… et en arrière-plan le passé douloureux de Leily, qui se dévoile peu à peu et qui pourrait expliquer bien des choses. Les personnages, au travers de leur détresse, leur détermination pour avoir les réponses à leurs questions sont attachants et intéressants. « On l’a trouvé plutôt jolie » est un roman populaire, où se côtoient la violence et l’humanité et ici Bussi aura dessiné un monde dominé par l’argent, un monde dans lequel les êtres humains sont des marchandises comme les autres et où le règne du profit écrase tout le reste. On la trouvait plutôt jolie est un bon cru dont on apprécie autant l’aspect ludique du jeu de pistes que le propos plus complexe que d’habitude .

Note : 9,5/10

  • Broché: 464 pages
  • Editeur : Presses de la Cité; Édition : 01 (12 octobre 2017)
  • Langue : Français

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