Le Règne du langage (19 octobre 2017) de Tom WOLFE

 » Au commencement était le verbe.  » Mais l’était-il vraiment ? Tom Wolfe, le maestro des raconteurs d’histoires, enquête ici sur les origines de son principal outil de travail (et objet de passion) : la langue. Pour lui, pas de doute, c’est bien au langage – et non à l’évolution – qu’on doit le développement des sociétés et les réalisations complexes de l’humanité. D’Alfred Wallace, l’autodidacte qui fut le premier, avant Charles Darwin, à défendre la théorie de la sélection naturelle, jusqu’aux néodarwinistes contemporains menés par le linguiste Noam Chomsky et récemment pourfendus par l’anthropologue Daniel Everett, Wolfe examine comment la science a essayé, en vain, de fournir une explication à ce don de la parole. Avec un humour jubilatoire, il suit les errements secrets et grandioses du darwinisme, du temps de la Royal Academy jusqu’au MIT, et signe un petit bijou d’érudition, drôlement passionnant, d’une incroyable férocité envers l’establishment

Chronique : Tom Wolfe, le dandy octogénaire revient cette année avec un livre qui n’est pas une fiction du même format que Moi, Charlotte Simmons ou Un homme, un vrai, tous deux des pavés de 1000 pages, mais un écrit plus court, drôle et passionnant traitant du darwinisme et des travaux sur l’origine du langage développés par le linguiste Noam Chomsky. On retrouve dans cet ouvrage un des thèmes récurrents de l’œuvre de Wolfe : les rapports dominants dominés et les injustices sociales. Dans ce premier chapitre, on ressent aussi les terribles difficultés de la science à présenter ses découvertes face aux dogmes religieux : l’homme descendrait-il du singe ? Et ne serait pas créée par intervention Divine ? Par ailleurs, Darwin est ridiculisé par la plume caustique de Wolfe, en le confrontant aux questions de ses élèves : vous avez déduit l’évolution des espèces, mais qu’est-ce qui est à l’origine des premiers éléments formant la vie ? Énigme sur laquelle Darwin ne sait que répondre… et Wolfe compare ainsi sa thèse aux différentes cosmologies primitives qui sont pour la plupart d’entre elles aux antipodes d’une démarche scientifique. Dans ce livre qui n’est pas un roman, mais un documentaire façon nouveau journalisme l’auteur affirme que le langage aurait été acquis par l’homme en même temps que son évolution, les mots seraient le résultat d’une création mnémotechnique, mais Wolfe semble douter de la pensée purement évolutionniste tant l’écart entre la richesse humaine et le monde des primates est large.

Note : 9/10

 

  • Broché: 216 pages
  • Editeur : Robert Laffont (19 octobre 2017)
  • Collection : PAVILLONS

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