Tu seras ma beauté (24 août 2017) de Gwenaële ROBERT

Lisa, une professeure de sport au physique parfait, ne perd pas de temps en grands discours. C’est une femme directe. Mais lorsqu’elle rencontre, lors d’un salon du livre, Philippe Mermoz, séduisant auteur à succès, elle pressent que sa seule beauté ne suffira pas. Elle demande à Irène, une collègue de français à l’apparence ordinaire, éprise de littérature, d’écrire à sa place quelques lettres destinées à le charmer. Irène accepte, se prend au jeu, et voilà que ses jours monotones, un peu tristes – un mari notaire, un enfant qu’elle n’arrive pas à avoir –, s’en trouvent profondément bouleversés. La correspondance s’intensifie, devient intime, se prolonge. Jusqu’à ce que Lisa, perdant patience, décide de retrouver l’écrivain pour une nuit… Irène sombre dans le désarroi. Peut-elle continuer à vivre comme avant ?
Dans ce Cyrano de Bergerac moderne, Gwenaële Robert raconte le destin émouvant d’une femme dont un échange épistolaire vient bousculer le quotidien et les espoirs. Une magnifique réflexion sur le pouvoir enchanteur des mots.

Chronique : « Tu seras ma beauté » raconte une très jolie histoire. À Saumur, Lisa, une professeure de sport au physique avantageux, souhaite séduire un auteur à succès croisé sur un salon. Pour arriver à ses fins, elle demande à une collègue de littérature, Irène, de lui écrire des lettres dans l’espoir de le rencontrer. Irène, jeune femme terne et effacée, férue de littérature et amoureuse des mots, va trouver dans cette correspondance une échappatoire à son ennui et plus encore. Personnage central, Irène devient la pierre angulaire de ce trio.
Un moment, en nostalgique des Liaisons dangereuses,ce livre fourmille de références à la littérature. L’auteur dresse un portrait précis de son héroïne, Irène. On suit ses tourments, ses errements et sa douleur. Il se dégage de ce roman un charme suranné, une mélancolie qui transparaît à travers les mots et qui reflète si bien la mélancolie de l’héroïne. Dans cet univers provincial, balzacien, où l’ennui rythme le quotidien, la lecture des classiques puis l’échange épistolaire deviennent pour cette femme les seules raisons de vivre. Dans cette correspondance, s’écrit une passion amoureuse touchante et impossible. Car l’imposture volera en éclat quand elle sera en prise avec la réalité.
L’auteur sait fort bien sonder l’âme humaine et nous emmener dans les entrelacs des maux de son Irène. On souhaite la suivre jusqu’au dénouement prévisible sans doute même si un certain suspense reste entretenu dans les derniers chapitres. Car Irène devient la muse de son auteur. L’être de chair se métamorphose en être de papier. Et l’amour impossible se sublime, se cristallise dans la littérature.

Note : 9/10

 

  • Broché: 228 pages
  • Editeur : Robert Laffont (24 août 2017)
  • Collection : Les passe-murailles

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