Juste un peu de cendres (25 octobre 2017) de Aurélien Police et Thomas Day

Ashley Torrance, dix-sept ans, a un secret. Elle voit des choses dont les autres n’ont pas conscience. De ses yeux vairons, elle peut déceler la véritable nature de certains individus. Derrière leur apparence humaine se cachent des êtres effrayants liés entre eux par des filins de cendre et comme habités par un feu obscur. Qui sont ces monstres et quel est leur but ? Sur internet, Ash rencontre Bruce et Sunny, des jeunes gens qui partagent le même pouvoir. Ensemble, ils décident de prendre la route pour retrouver un dénommé Pilgrim. Le seul qui semble savoir la vérité.
Entre road-movie à la Stephen King et fable d’apocalypse crépusculaire, Juste un peu de cendres est un récit à la fois violent et mélancolique, formant le miroir de la société de consommation américaine et de la décadence humaine. Après Wika, Thomas Day revient à la bande dessinée et associe sa plume à Aurélien Police, talentueux graphiste et illustrateur qui signe ici son premier album.

Chronique : Dans Juste un peu de cendres, nous faisons connaissance d’Ashley Torrance, une jeune adolescente de dix-sept ans qui semble tout à fait ordinaire. A l’exception de ses yeux vairons . Un détail qui peut sembler anodin mais qui confère à Ashley le pouvoir de distinguer des démons cachés sous les oripeaux de la banalité. C’est ainsi qu’elle démasque l’homme de ménage de son école maternelle ou un SDF qui finit par attenter à sa vie. Petit à petit, elle se rend compte qu’elle n’est pas la seule à voir ces monstres et rejoint donc Bruce pour partir à la recherche de la source du Mal. Dans cette atmosphère à la fois lourde et étrange, Thomas Day et Aurélien Police présente une monde moderne à la fois fruit de nos imaginaires mais profondément ancré dans la réalité. Thomas Day nous plonge dans une histoire d’apocalypse sans coup d’éclat, une fin du monde rongeant la société par ses marges. Bien aidé par les visuels noirs et inquiétants d’Aurélien Police, l’histoire se réapproprie un mythe indien pour tisser des analogies plus modernes et tout à fait passionnantes. On en arrive donc au second versant de Juste un peu de Cendres : son aspect social. Dans ce récit noir, les démons prennent possession des déshérités, des pauvres, des camés. Ceux-ci passant du statut de monstres invisibles de la société à celui de menace réelle. La vengeance change certes d’apparence mais son origine reste la même : la colère, le ressentiment, l’abandon. Comme n’arrêteront pas de le faire remarquer nos chasseurs de démons improvisés, ces possédés-là ne sont pas de véritables méchants. Ils sont, en un certain sens, des victimes du système. Le véritable Démon ne fait que se nourrir du désespoir social, terreau fertile retrouvé à foison dans une Amérique capitaliste et égoïste.Juste un peu de Cendres transporte son lecteur dans un monde effrayant mais qui donne également à réfléchir.

Note : 9/10

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  • Relié: 128 pages
  • Editeur : GLENAT (25 octobre 2017)
  • Collection : COMICS

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