Liaisons dangereuses – Préliminaires, Tome 1 (11 octobre 2017) de Stéphane Betbeder et Djief

1755. Sébastien est un jeune et chétif garçon, sujet à de violentes crises d’épilepsie. Toute sa famille est préoccupée par son état de santé fragile, peu compatible avec son esprit aventureux. Alors que sa mère s’en inquiète auprès de la sublime Comtesse de Senanges, celle-ci décide de le prendre sous son aile. D’une grâce et d une intelligence redoutable, elle devient pour le jeune garçon qui ne connaissait des femmes que ses servantes et sa mère, l’incarnation même de la féminité. Elle lui apprend les codes de son monde, celui d une aristocratie impitoyable, où jeux de masques, intrigues amoureuses et secrets d’alcôves font loi. Peu à peu, leur liaison évolue. Sébastien devient plus qu un simple protégé..

Chronique : Nul besoin de présenter l’immense chef d’œuvre de Pierre Choderlos de Laclos, Les Liaisons dangereuses, dont plus d’une adaptation, surtout cinématographique, a été commise au cours des décennies passées. Ce diptyque, dont voici le premier volet, s’interroge sur la genèse des héros du roman, Valmont et, nous supposons que ce sera le cas dans le second volet, la marquise de Merteuil. Cette BD se définit donc comme un préquel, c’est-à-dire l’histoire avant l’histoire. L’exercice est périlleux. D’abord s’attaquer à un monstre de la littérature, connu surtout de par ses adaptations, est scabreux. La postérité a fait des Liaisons un roman érotique, ce qu’il n’est pas ; cela occasionne donc de nombreux contresens que Préliminaires évite dans son scénario (mais pas dans son titre). En faire un préquel est certainement un moyen de détourner la difficulté de l’adaptation : on raconte une autre histoire, avec les mêmes codes. C’est ce que fait plutôt habilement Stéphane Betbeder qui livre un scénario ciselé, alambiqué mais compréhensible. Il reprend finalement la trame des Liaisons, une facilité certes, mais le procédé a l’avantage de répondre à sa problématique, à savoir comment Valmont est devenu Valmont. Ainsi, le scénario se révèle séduisant si on accepte le questionnement psychologisant un peu attendu. L’écriture est enlevée, caustique, riche en clins d’œil envers l’œuvre originale. Djief, pseudonyme du dessinateur canadien Jean-François Bergeron (« Tokyo Ghost », « Le Crépuscule des dieux », « Une rue en Amérique : Broadway »), d’un trait léger et vivant inspiré par Yslaire, propose des pages pleines de lumières aux décors riches, sublimées par les couleurs sensuelles d’Isabelle Merlet.

Note : 9/10

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  • Album: 56 pages
  • Editeur : GLENAT (11 octobre 2017)
  • Collection : Grafica
  • Langue : Français

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