Black Magick, Tome 1 : Réveil (10 janvier 2018) de Nicola Scott et Greg Rucka

Flic ou sorcière tout est une histoire de vocation. Rowan Black travaille à la criminelle de Portsmouth. En bonne flic, elle a pas mal de choses à cacher. Dont une en particulier : c’est aussi une sorcière. La nuit, elle participe a des rituels secrets – quand ils ne sont pas interrompus par le boulot. Le jour ou elle est appelée en urgence pour régler une prise d’otages, Rowan découvre que le criminel connaît sa véritable identité. Et qu’il n’est sans doute pas le seul. Alors que la lumière se fait sur son passé, l’avenir de Rowan devient soudain beaucoup plus obscur…

ChroniqueL’attention du lecteur est tout de suite attirée par les créateurs : Greg Rucka et Nicola Scott. La couverture annonce bien la thématique du récit : un croisement entre 2 genres, policier et magie. Le récit commence dans le vif du sujet avec une cérémonie qui relève d’un dogme non explicite, avec des femmes et des hommes simplement recouverts d’un voile, laissant apparaître leur nudité, avec une déclamation relative au renouveau qui accompagne les saisons. Les ustensiles font d’abord penser à une pratique de type Wicca, puis à du (néo)paganisme, ce premier tome ne permettant pas de trancher. Au vu du titre de la série, le lecteur est animé d’une curiosité quant aux spécificités de la magie évoquée. Il scrute donc les cases pour voir comment elle se manifeste. L’aspect concret des dessins de l’artiste permet de voir les étoffes posées sur les épaules des sorcières, de distinguer leur région pubienne (mais il ne s’agit pas de gros plans), de détailler les accessoires : bandeau muni de bois de cervidés, épis de maïs, gerbe de blé, statuettes, pentagramme, amulettes, etc. L’artiste montre ces accessoires de manière prosaïque et factuelle, sans dramatisation, sans ornementation baroque. Le lecteur voit donc des individus à l’apparence normale, au comportement normal (pas de regard halluciné, pas de gestes théâtraux) les utiliser de manière pragmatique. Les quelques éclats de couleurs (une demi-douzaine en tout et pour tout) indiquent que le récit intègre bien des manifestations d’énergie magique, et s’inscrit donc dans le genre fantastique au sens large.
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Les dessins de Nicola Scott permettent au lecteur de regarder un monde réaliste, riche et consistant. Les personnages ont des morphologies normales, tant pour les femmes que pour les hommes, et l’artiste n’insiste pas sur les attributs sexuels. Lorsque le preneur d’otage exige que Rowan Black se déshabille pour s’assurer qu’elle n’a pas d’arme et pour lui enlever son micro, la dessinatrice la représente en sous-vêtements fonctionnels et basiques, à l’opposé de dessous chics et affriolants. De la même manière, elle représente des tenues vestimentaires variées reflétant pour partie la personnalité de celui qui la porte. Ainsi Rowan Black a une préférence pour les vêtements basiques (jean, teeshirt, blouson), alors qu’Alex préfère les robes un peu plus habillées. Morgan Chaffey préfère les pulls aux chemises, et Stepan Hans porte un veston.
Arrivé à la fin du tome il a plus eu l’impression de lire un prologue qu’un chapitre complet. Il s’est produit plein d’éléments mystérieux tels que le tatouage que porte Rowan Black au-dessus du sein gauche, la main disparue de Bruce Dunridge, la mystérieuse organisation à laquelle appartient Stepan Hans, le symbole du marteau sur le briquet, le vrai nom de Rowan Black, et bien d’autres encore. Pourtant le lecteur a l’impression que le récit n’a pas pris sa véritable ampleur.
Ce premier tome de Black Magick est très intriguant avec une partie graphique de haute volée qui s’astreint à raconter l’histoire, sans essayer de lui voler la vedette. Comme le montre la couverture, Greg Rucka mélange 2 genres (fantastique à base de sorcières et policier), et réalise un prologue bien mené, mais tout à fait assez substantiel.

Note : 8,5/10

 

  • Editeur : Glénat Comics (10 janvier 2018)
  • Collection : COMICS

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