La Chambre des merveilles (7 mars 2018) de Julien Sandrel

  Louis a 12 ans. Ce matin, alors qu’il veut confier à sa mère,  Thelma, qu’il est  amoureux pour la première fois, il voit bien  qu’elle pense à autre chose, à son travail sûrement. Alors il part,  fâché et déçu, avec son skate, et traverse la rue à fond. Un camion  le percute de plein fouet.
Chronique : Dramatique, car perdre un enfant est une tragédie dont personne ne se relève, mais le savoir vivant, enfermé dans un coma profond en réanimation est une double peine. En effet, s’il est toujours vivant, il est mort quelque part. Comment peut-on alors organiser la vie qui continue malgré tout à filer vers demain. Que peut ressentir ce corps allongé, branché à des tuyaux, des appareils de contrôle aux bips infernaux rythmant les minutes se faisant des heures. Le temps s’est arrêté, le vide laissé devient un fardeau plus encombrant qu’une présence indésirable. On ne vit plus avec son enfant, mais par son enfant. Vos pensées deviennent siennes, vous ne pouvez vous empêcher de tenter d’agir pour lui, comme une façon maladroite de lui rendre une gestuelle dont il n’est plus capable. Le thème du coma est abordé avec justesse, douceur et respect, néanmoins, Julien Sandrel a eu la bonne idée de faire une sous intrigue qui donne de l’espoir et un peu de bonne humeur. À travers tous ces rêves, nous apprenons également à connaître Louis, ses passions, ses envies, ses déceptions, ses joies et ses peines.
Thelma aussi, nous apprenons à la connaître. Une femme qui a élevé seul son fils, parce qu’elle l’a décidé, une femme qui ne vit que pour son travail et qui a des relations compliquées avec sa mère. Une femme qui, avec le coma de son fils, réapprend à vivre, réapprend à profiter de la vie, à lâcher du lest et qui découvre qui elle est vraiment. Son personnage m’a réellement touchée. Elle paraît tellement réaliste, qu’on a l’impression de vivre tout cela avec elle, à ses côtés, et non pas en tournant de simples pages.
Ce livre est étonnant, touchant, drôle, plein de vie malgré le sujet et prenant. Une fois commencé, vous aurez du mal à le lâcher, tant l’ambiance est prégnante. Plus on avance dans la lecture, plus on veut connaître la suite. On vit les aventures à fond avec Thelma, on souffre avec elle tout en souriant de ses maladresses. On espère que Louis va enfin montrer des signes de réveil.
On s’attache également à toute cette petite « famille » qui se crée autours de Louis et Thelma.Ce roman est lumineux, tendre, positif. Et même drôle parfois. Profond toujours. L’auteur nous invite à nous interroger sur nos choix de vie, à ne pas faire de l’accessoire une priorité, sans attendre pour cela qu’il survienne un drame dans nos existences comme pour Thelma. Car c’est ici et maintenant qu’il convient d’être heureux, en harmonie avec nos choix de vie, nos besoins, nos valeurs.
Note : 9,5/10
  • Broché: 272 pages
  • Editeur : Calmann-Lévy (7 mars 2018)
  • Collection : Littérature Française

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