Un petit carnet rouge (30 mai 2018) de Sofia Lundberg

À 96 ans, Doris habite seule à Stockholm. Elle n’a plus aucune famille si ce n’est une petite-nièce qui vit aux États-Unis. Son bien le plus précieux est un carnet d’adresses, qu’elle possède depuis 1928. Ce calepin rouge contient le souvenir des gens qu’elle a rencontrés au fil de son existence, et dont elle a rayé les noms à mesure qu’ils ont quitté ce monde.

Chronique : L’histoire racontée par la journaliste suédoise Sofia Lundberg est une histoire douce-amère. Un voyage le long de l’avenue des souvenirs, au cours duquel Doris, 90 ans, qui sent la fin approcher, retrace toute sa vie à travers un agenda qu’elle garde jalousement et qu’elle veut laisser à son neveu Jenny. Dans ce carnet de notes en cuir rouge que son père lui a donné pendant dix ans, Doris a épinglé les noms de toutes les personnes qui ont vécu sa vie, celles qu’elle veut oublier et celles qu’elle porte encore dans son cœur fatigué. Malheureusement, les noms sont maintenant presque tous effacés et avec l’inscription « mort » à côté, et bientôt est sûr qu’elle sera la prochaine, parce qu’après tous les gens que vous avez aimés, il n’y a plus aucune utilité pour continuer à vivre ? Mais attention, car la pensée de Doris est celle d’une femme lucide qui a vécu une vie pleine et pleine d’événements, partagée entre le désir poignant de retourner à Stockholm, parti quand elle était encore trop jeune et l’emprisonnement du Paris pétillant où elle se trouve être un modèle.  Parmi les objets jalousement gardés, les vieilles photos et les pages qui ont le goût de la vie, Doris se déplace fatiguée à l’intérieur de sa maison, le corps qu’elle cède et la fatigue qui accompagne chaque pas. Après des années d’indépendance, son corps est maintenant pris en charge par des assistants qui la déplacent comme un mannequin, qui ne s’intéressent pas vraiment à ce qu’elle ressent. La pensée ne peut donc que remonter aux années où la jeune fille jeune et immature est « vendue » à une styliste qui l’initie à la vie de Paris pétillante et pleine de glamour. Mais tout ce qui brille n’est pas de l’or, et ce qui pourrait ressembler à un coup de chance s’avère être une captivité. Réduites à l’anonymat complet, dépersonnalisées, forcées à des régimes épuisants et des défilés de mode, exposées comme un mannequin, les robes séduisantes et parfaites cachent la dureté de ce monde.
Les robes et les sourires, la peau parfaite et l’apparence impeccable ne peuvent cependant pas calmer les plis de l’âme qui saigne jour après jour. Doris rêve de retourner dans son pays, de renouer avec son amie Gösta, d’être libre de faire ses propres choix. Une histoire poignante entre le passé et le présent, dans laquelle à travers les noms désormais effacés de ces couples qui ont marqué irrémédiablement la vie de Doris, entre passions, difficultés, abus, amitiés qui restent à jamais, le lecteur est catapulté dans un univers intérieur coloré par les mille nuances de l’amour.
On aime le style délicat de Sofia Lundberg, parce qu’il faut beaucoup de sensibilité pour écrire sur les souvenirs, l’amour et les regrets, la peur de la mort et l’acceptation de soi-même et le cours du destin. Doris est une femme progressiste qui a traversé un siècle et qui a vécu sur sa peau beaucoup de choses que les gens lisent seulement dans les livres ou écoutent en tant que spectateur. Doris était l’auteur de son propre destin et parfois un observateur passif, mais en tout cas elle a survécu à toutes les difficultés, elle a tout pris, même les expériences les plus humiliantes, elle les a mises dans une valise et a fait son propre bagage personnel. Maintenant que la fin est proche, cela peut encore faire une différence dans la vie de quelqu’un, en particulier son petit-fils Jenny qui a depuis longtemps perdu confiance en elle-même et en ses capacités.
Armez-vous de mouchoirs et d’une tablette de chocolat, car l’histoire de Doris et du carnet de notes qui contient toute sa vie est douloureuse, tourmentée, pleine de « et si » et « mais », mais belle dans sa douce familiarité.

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 360 pages
  • Editeur : Calmann-Lévy (30 mai 2018)
  • Collection : Littérature Etrangère

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Heureux comme Harry (30 mai 2018) de Deana Luchia

Observé avec tendresse par sa maîtresse Deana  Luchia, Harry nous rappelle, dans ce livre drôle, adorable et touchant, que notre bonheur ne dépend que de nous.
Chronique :  La lecture de ce livre nous fait réaliser combien de leçons de vie nous pouvons apprendre de nos chiens. En adoptant leur point de vue et en vivant dans le moment présent, nous pourrions tous être beaucoup plus heureux. En tant que chien de sauvetage, l’histoire de Harry fait penser à tout ce que nous, les humains, portons notre passé avec nous, alors qu’aujourd’hui, c’est vraiment ce qui compte. Les belles illustrations et les photos mignonnes ajoutent au charme de ce livre. Un grand livre qui met les préoccupations quotidiennes que nous avons tous dans une perspective claire et simple. Un mini guide pour une vie plus heureuse à partir d’un chien de sauvetage sage.
Note : 9/10
  • Broché: 160 pages
  • Editeur : Editions 1 (30 mai 2018)
  • Collection : Editions 1 – Spritualité / Développement Personn

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Un goût d’enfance (30 mai 2018) de Claude Couderc

Chocolat chaud, brioches, pain d’épices, confitures… Pour rien au monde le « Petit », 13 ans, ne manquerait le goûter chez Mme Pozzi dans sa belle maison de la « cité Million », le quartier chic de la ville…

ChroniqueSans jamais le rendre compliqué et impossible à suivre ce roman de Claude Coudercy a de multiples portes d’entrée. On peut l’aborder sous l’angle de la filiation et des transmissions de savoir et savoir-être qui passent de génération en génération. L’auteur prend un personnage qui pourrait concerner n’importe lequel d’entre nous, ce qui fait qu’on s’y identifie facilement avec un sentiment d’abandon, maltraitance et culpabilité sont les thèmes abordés qui portent en nous l’immense présence d’un être fort qui nous a appris la vie et nous transmet des valeurs et que l’on croyait invincible où le lecteur se replonge quelques décennies en arrière. Des moments beaux et touchants, un amour et une complicité, l’histoire d’une complicité intergénérationnelle. Un très beau moment de lecture..

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 208 pages
  • Editeur : Archipel (30 mai 2018)
  • Collection : Romans

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Pygmalion (30 mai 2018) de Sandrine Revel

Une adaptation audacieuse du Pygmalion de Jean-Jacques Rousseau.
Cette légende de la mythologie grecque relate le récit de Pygmalion, sculpteur révolté par le mariage, qui, tombant amoureux de sa statue Galatée, implore la déesse Aphrodite de la rendre vivante afin qu’il l’épouse. La première apparition de cette légende remonte aux Métamorphoses d’Ovide

Chronique : Un véritable coup de cœur que ce Pygmalion de Sandrine Revel qui met encore plus en avant ses lettre de noblesse au récit graphique qui est très bien écrit, cela ne fait pas de doute, c’est presque poétique parfois, explorant le thème du destin.Les amateurs d’histoire ancienne et de mythologie seront satisfaits d’y retrouver tous les éléments connus du mythe  à travers quartes sculpteurs : Rodin, Niki de ST Phalle, Camille Claudel et Ron Mueck .  Dans la mythologie grecque Pygmalion est un sculpteur tombé amoureux de sa statue Galatée. Il est prêt à tout pour que la déesse Aphrodite lui donne vie, afin qu’il puisse l’épouser… C’est l’histoire de cet amour impossible qui a inspiré Jean-Jacques Rousseau, qui l’a adapté pour le théâtre en 1770. La pièce est proposée sous une forme originale, le texte en un acte, uniquement constitué d’un monologue de Pygmalion avec sa création, est rythmé selon les mouvements du cœur du sculpteur par des intermèdes musicaux composés par Georg Benda. Orchestre engagé et solidaire, le Paris Mozart Orchestra, composé de musiciens venus d’horizons différents, se produit dans les plus grandes salles de concert. Il est dirigé par une femme, Claire Gibault, qui a fait appel à Sandrine Revel pour ajouter la magie de la bande dessinée au texte et à la musique. Dans un sens ce récit graphique réussit à rendre  cet homme tout à fait humain, pétri de questions existentielles et victime de tous les sentiments, toutes les émotions.

Note : 9,5/10

 

  • Album: 80 pages
  • Editeur : Les Arènes (30 mai 2018)
  • Collection : AR.HORS COLLECT

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Voilà l’été (16 mai 2018) de Pauline Kalioujny

Voilà l’été ! Il est temps de se protéger du soleil pour jouer dans les vagues ou de lézarder sur la plage, de reprendre des forces dans des draps frais avant de repartir butiner parmi les fleurs comme une petite abeille !

Chronique :  Voici plus ou moins la suite de : « Voila Hivers » qui nous présente un livre pour bien vous préparez pour l’été. Avec un grand  travail sur gravure sur du carton, on ne peut qu’apprécier cette histoire avec une double page et sa feuille secrète…
Pauline Kalioujny traite de façon poétique la thématique de l’été, c’est un vrai coup de cœur. A lire , a toucher et même à écouter

Note : 10/10

 

  • Album: 18 pages
  • Editeur : Seuil jeunesse (16 mai 2018)
  • Collection : ALBUM JEUNESSE

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J’irai danser (si je veux) (16 mai 2018) de Marie-Renée Lavoie

Diane se lâche ! Diane danse comme une enclume, aime les chats, se trouve moche et déteste les mariages. Surtout le sien. Elle vient de se faire plaquer pour « quelqu’un d’autre » (sexe non identifié mais prévisible, genre « jeune pétasse »)… Désagrégée ou presque, Diane est secouée par sa meilleure amie. Celle-ci lui suggère de se remettre au plus vite sur le marché de la séduction, en commençant tout doux par le « frenchage », le flirt. Ji-Pi, le charmant comptable du quatrième étage, marié, devrait faire l’affaire. Enfin, normalement…

Chronique : Ce roman est une invitation au voyage. Marie-Renée Lavoie  nous offre avec ce livre une écriture  fluide, l’histoire prenante et les personnages principaux mais aussi secondaires très intéressants et attachants avec Diane et sa meilleure amie Claudine. En dehors de ses personnages, l’auteur nous brosse une histoire simple et belle, qui semble aller de soi mais qui va se retrouver compliquée dans un premier temps.Des personnages extraordinaires, uniques ; avec des défauts comme des qualités, des humains pour lesquels on s’attache véritablement, le lecteur ressens une vraie tristesse de les quitter à la fin du roman . Un suspense perceptible tout en ayant un récit assez prévisible en raison du résumé. Des émotions profondes et intenses, toutefois elles sont authentiques et évidentes, des sentiments à l’état brut ; un bonheur de lire ça ! Un livre à découvrir et à partager avec amour.

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 256 pages
  • Editeur : Lj (16 mai 2018)
  • Collection : LJ

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Pas facile d’être une fille facile (16 mai 2018) de Anna Premoli

Au secours, il m’aime ! Jordan débarque à New York avec un plan bien précis : trouver un mari. Pas le genre craquant mais pauvre comme Job. Un mari qui lui assurera sécurité et sérénité. Décidée à épouser un médecin – chef de service, évidemment -, elle dégote un petit boulot de serveuse pile en face d’un hôpital. Mais le matin de sa première journée de travail, elle s’évanouit… et reprend connaissance dans les bras d’un jeune médecin très beau mais surtout très endetté…

Chronique :  Le sujet de la santé américaine est quelque chose que nous mentionnons souvent mais sur lequel nous ne nous arrêtons pas vraiment pour réfléchir, pourtant, des dizaines de milliers de personnes sont confrontées chaque jour à cette réalité et doivent très souvent supporter des coûts exorbitants pour le traitement. C’est-à-dire qu’ils sont obligés de payer de grosses factures pour leur santé, pour les traitements. Si l’on s’arrête d’y penser, c’est tellement absurde de recevoir une facture comme si on avait acheté un produit au lieu d’être traité pour une maladie. C’est une chose si importante qu’elle ne peut manquer d’avoir un effet sur la vie d’une fille comme Jordan, qui a une mère malade à soigner mais qui n’a pas les moyens de le faire.
Il ne faut pas s’étonner qu’elle n’ait pas vu d’alternatives, elle a décidé de concevoir son propre plan pour épouser un riche médecin qui lui donnera une sérénité qu’elle n’a pas et qu’elle ne pense pas pouvoir obtenir seule pour le moment.
Elle est extrêmement belle, et elle pense qu’elle n’a rien d’autre. Elle pense qu’elle est stupide, mais il est clair dès le début qu’elle est en fait une fille extrêmement intelligente et humble, qui a une grande mémoire mais qui n’a tout simplement jamais eu la chance de cultiver et d’exploiter ses compétences. Elle a absorbé beaucoup d’informations de tous ceux qui sont entrés en contact avec elle, mais son estime de soi est très basse.
Elle est définie plus d’une fois comme une mercenaire, mais il n’y a pas un gramme de méchanceté en elle et si ce n’était de la situation précaire dans laquelle elle se trouve, elle ne toucherait même pas à l’idée d’un mariage de convenance, son intelligence peut même être sentie par la précision avec laquelle elle a conçu son plan. J’ai tout de suite adoré, sans si ni mais.
Malheureusement, cependant, le destin la place devant le Dr Rory Pittman, Rory est le mauvais médecin qu’il pourrait souhaiter, c’est un garçon à la fin de sa spécialisation, plein de grands idéaux et très exigeant avec les gens autour de lui.
C’est incroyablement beau aussi, mais ce qui frappe vraiment, c’est son grand cœur et aussi son dévouement à ce qui n’est pas un travail mais une véritable vocation.
Le lecteur va littéralement adoré les voir résister tout au long du livre, et tout faire sauf tout pour éviter de tomber amoureux l’un de l’autre. Jordan et Rory deviennent immédiatement amis, prenant soin l’un de l’autre de différentes manières, même s’il est clair qu’il y a beaucoup plus derrière cette amitié. L’absence du contraste initial entre les deux signifie aussi moins de scènes ironiques et drôles, mais, surtout grâce à la présence de quelques personnages secondaires, on peut sourire en même temps.
Compte tenu du contexte new-yorkais, à travers l’histoire de Rory et de Jordan, Anna Premoli traite également de questions d’actualité telles que le système de santé américain.

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 280 pages
  • Editeur : Lj (16 mai 2018)
  • Collection : LJ

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