A la plage (3 mai 2018) de Susanna Mattiangeli et Vessela Nikolova

La plage est un endroit à part, hors du temps, le seul où l’on a le droit de se promener à moitié nu et de ne rien faire d’autre que de paresser toute la journée. On y suit une petite fille qui s’éloigne petit à petit du parasol rouge familial à la recherche de coquillages et nous offre une vision réjouissante de la plage, de ses joies et de ses désagréments !

Chronique : Dans la narration suspendue et distraite d’une fillette de 5-6 ans, nous nous trouvons dans l’immobilité d’une journée à la plage, l’une de ces journées chaudes, d’une couleur un peu incertaine avec l’ocre du sable et le céleste ciel pâle cela devient presque confus. Une famille composée de maman, papa, fils aîné, fille cadette et grand-mère commence à charger et aller vers une plage libre , puis la journée commence. Il y a un monde grouillant qui bouge, un picotement de gestes qui se déroulent simultanément et dont l’enfant semble presque inconscient ou peut-être observateur simplement silencieux.

C’est vraiment une histoire suspendue et intrigante celle de la plage : on peut suivre méticuleusement les raisonnements et les descriptions de l’enfant («Sous le sable il y a plus de sable.» Après un certain temps tu creuses, il y a aussi des bâtons, des cartes de glace et Quelques bouchons: sous l’autre sable il y a encore plus de sable, mais humide, à la fin un étang arrive … ») ou se perdre parmi les silhouettes silencieuses qui entourent le texte, imaginant, reconstruisant et appréciant chaque moment que la talentueuse Vessela Nikolova a impressionné et fixé le monde autour (la première phrase est un corollaire, par exemple, un échantillon de gestes et d’humanité vraiment agréable l’été: le dessin des serviettes de plage, la recherche du journal, l’incrematura, l’étape des balles gonflantes et les gilets de sauvetage, la distribution des masques et aussi l’attente concentrée qui caresse le sable comme pour reconnaître un vieil ami). Les deux histoires, le textuel et le visuel, coulent, s’entremêlent (galeries vraiment enchanteresses de pieds, de visages, de visages d’enfants, de bateaux …) et s’éloignent, mais comme la sonnerie d’une cloche argentine, au lever du regard de l’enfant ils s’unissent: «Je ne dois pas partir. Ce n’est pas difficile, rappelez-vous juste que notre parapluie est rouge et juste en face de la mer ». Le parapluie rouge est le point d’ancrage du petit voyageur qui semble toujours être immobile, mais est-ce vraiment comme ça?

Des tables densément peuplées de détails esquissés et organisés par affinités logiques ou similitudes, par catégories ou similitudes et probablement représentées par la vérité en été, alternent avec des tableaux de large portée collective dans lesquels on se confond et ne se reconnaît pas, étrangement comme des tables il peut s’agir d’une plage bondée: « Je me retourne, le dos devient devant, le voici de là ». Nous suivons le regard du protagoniste puis son sens de la désorientation: il y a des dessins précis avec des couleurs, des nuances, des expressions et des postures qui ont l’exactitude de la photo et la chaleur pâteuse du dessin. Puis, parmi les fragments de vie et les personnes dont l’enfant est entouré, une voix émerge: «à un certain point, parmi les voix il y a des noms et parmi beaucoup de noms il y a les miens».

Le jour est passé et le sentiment est que tu ne t’es pas trop éloigné du parapluie et que rien ne s’est passé du tout, mais est-ce vraiment le cas?

Le voyage d’un enfant, la découverte sans filtres d’un espace à travers l’expérience, un carnet de notes visuelles et de pensées, une aventure riche qui vous rendra nostalgique de la mer et de la chaleur.

Note : 9,5/10

 

  • Album: 40 pages
  • Tranche d’âges: 6 – 8 années
  • Editeur : Seuil jeunesse (3 mai 2018)
  • Collection : ALBUM JEUNESSE

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