Le Facteur humain (24 janvier 2019) de Graham GREENE

Une fuite est découverte dans un sous-département des services secrets britanniques, entraînant une opération de contrôle. Dans l’atmosphère lourde de suspicion qui en découle, les personnages sortent peu à peu de l’ombre… Graham Greene retourne ici à ce monde du renseignement qu’il a bien connu et pour lequel il a gardé une fascination ironique. Mais l’espionnage et ses péripéties illustrent aussi de façon aiguë et parfois tragique que la rigidité obtuse des raisons d’État est trop souvent oublieuse du facteur humain.

Chronique : Le facteur humain est un livre d’espionnage, ou plutôt de contre-espionnage, je ne suis pas du tout un expert du genre, au contraire c’est juste un genre qui ne me convient généralement pas, mais ne dis jamais jamais et en fait….
Il y a Maurice Castle, le protagoniste, qui travaille pour les services secrets britanniques, sa section s’occupe de l’Afrique, a vécu pendant de nombreuses années en Afrique du Sud (qui est peut-être le pays le moins africain de tout le continent) et connaît en profondeur la dynamique politique et le secret, mais là-bas dans cet extrême sud, Castle a eu quelques problèmes….
Tomber amoureux, c’est un problème ?
Je n’appellerais pas ça des ennuis.
Une fille africaine. Un bantou, comme disent les Afrikaners sans distinction. Vous aviez violé leurs lois raciales.
Il est tombé amoureux d’une collègue noire, qui pour des raisons politiques est en danger, Castle l’aide à s’échapper de son pays, puis l’emmène en Angleterre et l’épouse.
À un moment donné dans la section londonienne où travaille Castle émerge une dangereuse fuite d’informations, qui a pour tâche de vérifier où se trouve la fuite, qui est le traître pour mener le sale double jeu.
Tout au long du roman, les rebondissements sont rares, il n’y a pas de lames de stylo-fontaine, pas de pistolets en or, pas de rostre qui monte des jantes scintillantes de Ferrari tirées à grande vitesse, bref, oubliez James Bond.
C’est presque un contre-espionnage de chambre (dans le style parfait de Greene) très discrètement britannique, des agents secrets presque des bureaucrates de bureau qui traduisent ou chiffrent des télégrammes codés, ou qui utilisent War and Peace comme chiffre pour écrire un rapport secret, et pourtant l’inspiration de Greene réussit à créer une tension d’accumulation sous la surface des événements répétés, nous fait percevoir comme un paladin franc le dilemme de l’homme conscient de trahisons mais pour une raison très noble, celui qui est au fait d’une trahison, d’un traître, et ce qui est pour une bonne et honnête raison.
La vie de l’agent secret qui fait du contre-espionnage est mauvaise, il veille toujours sur ses épaules, il n’a pas le droit, ne serait-ce qu’un instant, d’imposer le secret, immergé dans la solitude de ce qu’il sait et ne peut partager, avec personne.
Un professionnel chargé d’un péché vieux comme le monde : la trahison qui devient son modus vivendi, est même payée pour trahir et perpétuer la trahison, mais ceux qui trahissent méritent d’être éliminés sans même passer par un processus, sans agitation ni publicité ne doivent que disparaître, ne jamais avoir existé.
Enfin, le beau titre que le facteur humain se glisse dans les événements et les démêle comme la neige au soleil, la composante humaine qui fait une différence dans les choses.

Note : 9,5/10

 

  • Poche: 400 pages
  • Editeur : Robert Laffont (24 janvier 2019)
  • Collection : Pavillons poche
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2221145615

41UbJVhsUwL._SX333_BO1,204,203,200_.jpg

 

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s