Redrum (7 février 2019) de Jean-Pierre Ohl

Sur une île au large de l’Ecosse, Stephen Gray, spécialiste de l’oeuvre de Stanley Kubrick retrouve d’autres cinéphiles passionnés comme lui par les vieilles bandes de la Fox ou de la Wamer. Il y rencontre le maître des lieux, Onésimos Némos, inventeur de la Sauvegarde ― ce troublant procédé informatique qui permet de « stocker » la personnalité des morts pour les ressusciter à la demande…

Chronique : Stephen Gray est un passionné de film, il est spécialisé sur l’œuvre de Kubrick. Il est invité par Onésime Nemos, l’initiateur de la « sauvegarde », sur une île au large de l’Ecosse pour un colloque sur Kubrick. D’autres passionnés sont présents ainsi que son ex-femme. Ce colloque va changer la dimension terrestre de Stephen.
Ce livre est un roman fiction sur fond de références à Kubrick et son univers. Je n’ai pas réellement su déterminer l’époque de l’action mais ça importe peu. La guerre se profile dangereusement. Un moyen de conserver les souvenirs des gens et de les rejouer après leur mort a été mis au point par le père de Stephen, employé par Nemos. La « sauvegarde » immortalise la personnalité, l’âme d’une personne. Il est possible de converser avec les morts du moment qu’ils ont au préalable effectué une sauvegarde. La frontière entre réel et souvenirs est floue et lorsqu’ils se confondent le lecteur n’y verra que du feu.
Je ne suis pas une fan de Kubrick. Je connais tous ses films mais n’ait vraiment souvenir que de Shining (et je n’ai même pas tilté sur la titre Redrum !!!). Je crois avoir abandonné le visionnage de quasiment tous les autres. Tout ce qui évoque le réalisateur, ses œuvres, son environnement dans le livre me sont passés totalement au dessus. Ca ne gâche pas forcément la lecture car ce sujet n’est après tout qu’un décor à l’action. Mais si j’avais pu avoir un peu plus de culture cinéphile, je pense que j’aurai davantage apprécié ma lecture.
Ensuite, j’ai adoré le côté fiction. Les idées sont là. La sauvegarde, la restauration, la kabale, abstraction du corps, du temps, de la réalité. Réalité ou sauvegarde ? Qu’est vraiment la réalité du moment si le temps a encore une signification ? Il y a ce qu’il faut pour faire quelque chose d’extra. Mais la forme n’est pas ce que j’aurais aimé lire. Même si je ne me suis pas ennuyée et que la lecture s’est très bien passée, j’ai le sentiment que ça manque d’exploitation. J’aurais aimé plus de détails sur la sauvegarde, plus de fiction avec des lectures de sauvegardés. Je n’ai pas compris l’intérêt de tous les invités sur l’île, invités avec lesquels on a finalement bien peu d’interactions. J’aurais préféré moins de descriptions, moins de phrases inutilement étoffées pour plus de développement sur le mécanisme de la sauvegarde, sur les conséquences, sur les sentiments entrainés, sur le ressenti du sauvegardé par rapport à l’environnement. La réalité du dernier homme n’est que vide. Il aurait fallu développé cette dimension.
Ruth, l’ex-femme de Stephen, a une place importante, un peu plus d’interaction avec Stephen aurait été appréciable. Le passage du cinéma 5D pouvait être davantage exploité, avoir plus de significations. Mélange réel / sauvegarde aurait du être plus subtil, plus mélangé. Il fallait que le lecteur soit perdu, qu’il sente que quelque chose cloche ; plus de détails du style l’androïde qui n’en est plus un, les hallucinations… Il y a un sacré potentiel. On aurait du arriver à la fin en se prenant LA révélation en pleine poire. LE truc qu’on soupçonnait mais sans oser l’imaginer. La révélation de Némos est trop brutale, ça manque de finesse, de doigté. Ca arrive comme un cheveu sur la soupe. Plus d’explications sur le pourquoi aurait été bien, développer l’idéologie. Et puis tant qu’à faire j’aurais vraiment aimé une fin où le lecteur doute de la dimension dans laquelle se trouve le protagoniste. Réalité, restauration ? Ici pas de doute possible , j’aurais aimé avoir la possibilité de choisir moi-même.
En bref, une lecture qui ne fut pas désagréable, avec de très bonnes idées qui auraient mérité d’être davantage exploitées.

Note : 8/10

Chronique de majanissa

 

  • Poche: 240 pages
  • Editeur : Folio (7 février 2019)
  • Collection : Folio. Science-fiction
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2072792770

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