Critique : Love, Death + Robots (15 Mars 2019) De Tim Miller, David Fincher avec Aaron Himelstein, Jill Talley

Un yaourt susceptible, des soldats lycanthropes, des robots déchaînés, des monstres-poubelles, des chasseurs de primes cyborgs, des araignées extraterrestres et des démons de l’enfer assoiffés de sang : tout ce beau monde est réuni dans 18 courts d’animation déconseillés aux âmes sensibles.

Chronique : Lorsque David Fincher s’associe à Tim Miller (réalisateur de Deadpool) pour produire une série anthologique d’animation, cela ne peut que être excitant. En effet, les 2 compères se sont rencontrés il y a des années déjà pour composer la séquence de générique très graphique de « The Girl with the Dragon Tattoo », via la société Blur (spécialisée dans les effets spéciaux et l’animation 3D de divers films ou cinématiques de jeu vidéo), fondée par Miller. Fincher fit à ce dernier la promesse qu’il l’aiderait à produire le projet de son choix si il en avait l’envie, et ce jour est enfin arrivé avec « Love, Death + Robots ». Nourrie à des oeuvres pulp des années 70-80 comme Robot Carnival ou Métal Hurlant, cette anthologie de 18 épisodes entre 5 et 20 minutes mêle les genres avec une efficacité et une inventivité tout simplement effarante : science-fiction, horreur, action, fantastique, anticipation ou humour noir. Chaque épisode se renouvèle également, via son animation,qui passe de la 2D traditionnelle à la 3D photoréaliste, en passant par la japanimation, le jeu vidéo et le comic book. Définitivement pour un public adulte, adepte d’oeuvres subversives et singulières, « Love, Death + Robots » est d’une richesse dingue, proposant une pléthore d’univers uniques allant du mystique dans la Chine du XIX siècle, de la hard-SF tendance space opera, de l’uchronie fantastico-médiévale ou le trip visuel halluciné, en passant par une guerre entre fermiers et aliens ou un survival archéologique. Plus que de l’amour, de la mort ou des robots, c’est une véritable déclaration d’amour au pulp, à l’imagination et à la créativité, entre le jeu vidéo, le cinéma et la Bande-dessinée. Seule une constante règne : la violence, qu’elle soit physique, graphique, psychologique ou sous-jacente C’est simple, adepte de genre, on est scotché à chaque fois devant ce maelstrom d’écriture, de conception et d’animation, où chaque personnage est parfaitement caractérisé, chaque univers plus fou, chaque high-concept plus recherché, chaque réalisation poussée à fond et enfin chaque style d’animation propre à chacun des studios et artistes qui a participé à ce formidable ensemble (plus d’une dizaine de studios, dont des français,des américains, des hongrois, des chinois ou encore des canadiens Profondément unique et dément, hardcore ou poétique, grisant ou débridé, jouissif ou métatextuel, « Love, Death +Robots » est un petit chef-d’oeuvre tout simplement.

Note : 9,5/10

Love, Death & Robots, le vendredi 15 mars sur Netflix.
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