Notre part des ténèbres de Gérard Mordillat et Eric Liberge | 25 septembre 2019

La BD de la révolte sociale. Dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, une magnifique croisière est organisée sur un bateau de luxe, le Nausicaa, pour les actionnaires de Mondial Laser, une entreprise de pointe vendue à l’Inde par un fonds spéculatif. Il s’agit de célébrer les profits records de l’année qui s’achève et ceux à venir suite à une délocalisation.

Chronique : On passe du récit ancré dans le réel et le quotidien au véritable thriller : les ex-salariés de Mondial Laser, après la fermeture de leur entreprise par les acquéreurs indiens auxquels un grand fonds d’investissement les a cédés en cours de LBO, organisent un rocambolesque détournement du paquebot sur lequel les actionnaires et dirigeants dudit fonds, ainsi que leurs invités (dont un ministre de l’intérieur et plusieurs célébrités du cinéma français), célébraient le Nouvel An et des profits records.
Cette adaptation par Eric Liberge est un thriller plutôt haletant, mêlant, comme c’est désormais un peu la marque de fabrique de Mordillat, confidences et psychologies intimes, positions et discours socio-politiques, et sexualité joyeusement débridée…
Le mélange de farce (souligné par l’attirail du bal masqué du 31 décembre à bord) et de sérieux (dans la préparation de l’opération, et notamment de ses improbables mais finalement efficaces complicités militaires) est bien mis au service d’un discours, certes radical, mais d’actualité.

Note : 9,5/10

Extrait :

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  • Album: 96 pages
  • Editeur : Les Arènes (25 septembre 2019)
  • Collection : AR.HORS COLLECT
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2711201449

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Rodrigo et les petits papiers de Heyna Be et Eric Puybaret | 12 septembre 2019

Toute sa vie, Rodrigo a arpenté le monde, voyageant léger, avec pour seuls biens un paquet de feuilles et une boîte d’ébène empaquetés dans le châle de sa mère. Quand ses pieds n’ont plus pu le porter, il est rentré se reposer dans la vieille maison de son enfance traversée par le vent.

Chronique : Cet album  joue sur le désir, l’envie et une forme de suspens. Nous voyons ce qu’observe où imagine Rodigo. En plaçant le lecteur à cette exercice de style Heyna Be et Eric Puybaret montrent la liberté de l’imaginaire de cet homme. C’est une sorte d’évasion et de partage . C’est une mélodie qui s’installe et rend la lecture légère. Les illustrations tout en contrastes déboussolent au début mais séduisent l’œil très rapidement.

Note : 9,5/10

Extrait :

23

 

  • Album: 32 pages
  • Tranche d’âges: 6 – 8 années
  • Editeur : De la Martinière jeunesse (12 septembre 2019)
  • Collection : Albums
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2732490644

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Une histoire de loup de Caroline Pellissier et Mathias Friman | 12 septembre 2019

Qui nous parle ? Quel est ce mystérieux narrateur qui nous emmène, le long de pages somptueuses, par hors les chemins, à la recherche des animaux du bois ?

Chronique : Entre douceur et impression menaçante, le lecteur rencontre oiseau, cerf, faon, champignons… Et là un loup nous dit « Viens contre moi, mon enfant ». Entre crainte et réconfort, cette page m’a laissé dubitative. Mais le positif est finalement la bonne interprétation.
Les illustrations de Mathias Friman en noir et blanc nous éblouisse avec quelques éléments colorés donne un vrai style à cet album trés bien raconté par la plume de Caroline Pellissier.

Note : 9/10

Extrait :

23

 

  • Album: 32 pages
  • Tranche d’âges: 6 – 8 années
  • Editeur : Seuil jeunesse (12 septembre 2019)
  • Collection : Album jeunesse
  • Langue : Français
  • ISBN-13: 979-1023512595

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Hector et les bêtes sauvages de Cecile Roumiguiere et Clemence Monnet | 5 septembre 2019

Il n’est pas facile de devenir une grande sœur. À l’arrivée du bébé, on voudrait redevenir petite, être la seule et l’unique.

Chronique : Un album frais et coloré où les événements s’enchaînent et permettent au récit de progresser pour donner un sens à l’ensemble de l’histoire. Les relations entre chaque passage abordent avec finesse la question de l’amour et d’un accompagnement vers le fait d’avoir un petit frère ou soeur et du rejet de l’autre. Clemence Monne a un trait simple, tout en rondeurs et le texte de Cecile Roumiguierei offre un livre drôle et intelligent aux personnages attachants.

Note : 9,5/10

Extrait :

23

 

  • Album: 40 pages
  • Tranche d’âges: 6 – 8 années
  • Editeur : Seuil jeunesse (5 septembre 2019)
  • Collection : Album jeunesse
  • Langue : Français
  • ISBN-13: 979-1023511338

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Prédestinée de Teri Terry | 19 septembre 2019

Depuis que le Royaume-uni a quitté l’Europe et fermé ses frontières, le pays a sombré dans la crise et le mécontentement gronde. Les manifestations se multiplient et la jeunesse est pointée du doigt : dorénavant, les mineurs seront soumis au couvre-feu et privés de liberté. Ceux qui désobéissent seront jugés ; les plus virulents seront condamnés à mort.

Chronique : Prédestinée est une suite / pré quelle de la série Effacée et se déroule à l’époque où tout a commencé à changer avec la nouvelle coalition gouvernementale.Pour résumer Sam est la fille du vice-premier ministre, elle fréquente une grande école et est une bonne artiste. Mais à la suite de Brexit (j’ai adoré la pertinence de ce préquel pour l’actualité) tout au Royaume-Uni est en ébullition, car des groupes d’activistes n’aiment pas la façon dont les choses ont changé.C’est de la littérature dite de young adult mais si vous aimer ses romans comme le labyrinthe et divergent Teri Terry a écrit un livre actuel, mais qui semble fictif. Ce qui, je suppose, est tout l’intérêt. Parfaitement rythmées, les pages se tournent plus vite que je ne le souhaite. Les personnages sont exceptionnels et la façon dont l’auteur conduit l’intrigue est incroyable. Quoi qu’il en soit, si vous n’avez pas lu la série Effacée allez-y .C’ est une série qui fait souvent l’écho, de par son efficacité et son rythme effréné, de la célèbre série ‘Hunger Games’. Mais qui s’approche de l’auteur George Orwell.

Note : 9/10

 

  • Broché: 448 pages
  • Editeur : De la Martinière jeunesse (19 septembre 2019)
  • Collection : Fiction
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2732490725

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Vorrh de B. CATLING| 26 septembre 2019

La Vorrh est une forêt merveilleuse et effrayante. Tous ceux qui y pénètrent y trouvent soit la mort, soit l’oubli. Néanmoins, elle exerce une fascination quasi magnétique et un attrait irrésistible. On dit que le jardin d’Éden est dissimulé en son cœur. Personne ne l’a jamais explorée en entier, elle serait sans fin.
Pourtant, un homme a entrepris le périple. Un ancien soldat qui a tout abandonné pour suivre sa bien-aimée, Este. À sa mort, il a, suivant d’antiques rituels, emprisonné son esprit dans un arc et, écoutant ses murmures, s’est lancé sur la route…

Chronique : « VVVOOORRRRRRRRHHHHHH » est un roman enivrant qui défie les livres faciles.  J’ai du commencer pas moins de 3 fois mais c’est un livre glissant et tortueux, il semble toujours se tortiller hors de portée. Le flou qui l’accompagne est terriblement inadéquat, bien qu’il n’y ait aucune faute pour le flou, car comment résumer un livre comme celui-ci en quelques lignes ? (J’aimerais bien savoir comment Catling a présenté ce livre à ses éditeurs…) Je ne pense pas avoir lu un livre comme celui-ci depuis longtemps. Des mots comme  » génie « ,  » folie pure  » et  » jungien  » se mélangent comme des billes dans ma bouche lorsque j’essaie de décrire ce livre pour mes amis.

La façon la plus facile de commencer à parler du Vorrh est de demander : « Qu’est-ce que le Vorrh ? Le Vorrh est une forêt ancienne et dense située au cœur du continent africain, très probablement le Congo, et dont on dit qu’elle renferme le jardin d’Éden. Catling a pris le nom du tract de Raymond Roussel, Impressions of Africa, qui, d’après ce que je peux dire, était surtout une sorte de travelogue fou qui a contribué à promouvoir la notion occidentale standard de l’Afrique comme un lieu étranger rempli d’horreurs exotiques et de sauvagerie. (Maintenant, est-ce que Catling, un homme blanc anglais, perpétue cela ? Je ne crois pas, mais j’y reviendrai…) Catching charge le Vorrh avec son propre mythe : il est éternel et sans fin. Elle plie le temps ; elle cannibalise les souvenirs de ceux qui empiètent trop longtemps. La forêt est considérée avec respect et crainte par les habitants et les colons. A côté du Vorrh se trouve Essenwald, une découpe coloniale construite pour ressembler à une ville européenne typique, jusqu’à la dernière pierre. Au fur et à mesure de l’expansion de la ville, des voyages d’exploitation forestière ont lieu dans certaines parties du Vorrh pour ramasser du bois et des matériaux locaux pour les projets de construction, une métaphore ironique et très opérante pour l’idée d’incursion coloniale. Dans et autour du Vorrh et de la ville d’Essenwald, nous rencontrons plusieurs personnages, européens et africains, tous transformés ou effacés par la violence et le choc des cultures d’une manière ou d’une autre, et tous attirés par des randonnées malavisées dans le Vorrh.

Du point de vue structurel, le roman est essentiellement une série de décors chargés d’images et d’histoires disparates. Certaines histoires convergent, quelques-unes assez violemment dans la forêt mystérieuse, d’autres tournent autour du périmètre et se cachent. Cette incohérence peut être exaspérante. Les lecteurs qui aiment leurs récits soignés et soignés peuvent être découragés, mais soyez patients ; les choses finissent par s’unifier, et vous serez récompensés par un chef-d’œuvre méchamment labyrinthique.

Cet univers surréaliste est peuplé de gens de la vraie vie et de l’histoire : Edward Muybridge, Sarah Winchester, Sir William Withey Gull, Raymond Roussel lui-même (mais pas exactement sous ce nom) font tous des apparitions étranges. Il y a aussi des personnages fantastiques : un cyclope mélancolique nommé Ismaël, des robots bakélites sensibles, et divers êtres monstrueux (par exemple, les anthropophages) et éthérés (les Erstwhile). Il y a des guerriers, des guérisseurs, des assassins et des chasseurs. Il y a des armes charmées d’un poids et d’un symbolisme incroyables : l’une est un arc taillé dans les restes d’une femme mystique, l’amante du Bowman ; une autre est un fusil Lee-Enfield protégé par des charmes.

Les vagues du macabre et du grotesque reviennent souvent ici, mais Catling les utilise d’une manière qui est loin d’être répugnante. Deux exemples. Dans la première scène, un acte de vivisection et de mutilation se transforme en un hommage solennel et tendre à l’amour. C’est une représentation de l’amour si profonde et si profonde qu’elle éblouit les sens et remet en question nos notions modernes et aseptisées de l’amour. À ma grande perplexité, la scène m’a rappelé que Neruda sonnet que tout le monde aime tant citer à propos d’aimer quelque chose comme des choses sombres devrait être aimé – mais avec plus de sang et de viscères. Il évoque également la vénérable boucherie dans les enterrements du ciel tibétain.

Des lectures plus cyniques de The Vorrh peuvent rejeter les tropes surréalistes comme une autre sorte de grand coup de pinceau culturel mis au pilori par Binyavanga Wainainaina à Granta. Mais je pense personnellement que Catling opère à un tout autre niveau. C’est une critique du colonialisme et de la violence et de la distorsion de l’identité et de l’identité des oppresseurs et des opprimés, mais c’est aussi une sorte d’histoire alternative où tout est impossible. Mais la théorie critique mise à part, ce qui occupe le devant de la scène, c’est la façon dont Catling manœuvre à travers les tropes fantastiques. Le fantastique imprègne si profondément la réalité narrative du livre que vous vous demandez constamment :  » Suis-je éveillé ? Selon les mots d’Alan Moore, elle « laisse le lecteur souillé par ses graines et ses spores, encourageant une nouvelle croissance et menaçant une grande reforestation de l’imagination ».

Dans l’ensemble, il s’agit d’un livre spectaculaire, comme un scintillement de lumière qui rend les autres livres fades et monochromes. Je vous le recommanderais si vous aspirez secrètement à quelque chose qui vous sortira du classicisme  de la lecture, quelque chose qui ouvrira votre subconscient et brouillera les frontières entre la prose et la poésie… et les rêves.

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 484 pages
  • Editeur : Fleuve éditions (26 septembre 2019)
  • Collection : Outre fleuve
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2265116610

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Test DVD : Cold Blood Legacy – La mémoire du sang 2019 de Frédéric Petitjean avec Jean Reno, Sarah Lind

Le plus recherché des tueurs à gage goûte une retraite solitaire au bord d’un lac isolé dans le grand Nord-Américain. Une jeune femme grièvement blessée vient trouver refuge dans son chalet. Pour la sauver, il pourrait bien risquer sa propre vie…

Chronique : « Cold Blood Legacy – La mémoire du sang », malgré un début intrigant et bien fichu en apparence, s’essouffle très vite et n’arrive pas à tenir ses promesses. On va même de déception en déception, tant l’intrigue est tirée par les cheveux, le rythme poussif et les rebondissements artificiels au possible. Ce qui est très vite dommage, c’est que l’on comprend de suite les intentions des uns et des autres, et donc qui est qui et qui va faire quoi (!), même si le scénario est un peu alambiqué, tordu et truffé de quelques incohérences. Bien sûr Jean Reno joue de son charisme, de sa présence irradiante en homme des bois, aguerri et coupé de la civilisation. Mais ça ne suffit pas, et le film de Frédéric Petitjean s’apparente très vite à un téléfilm par le jeu des acteurs, le montage haché à la serpe, le manque de crédibilité évident qui en ressort… La palme de la plus mauvaise prestation à ce niveau revient à Joe Anderson, dont la présence à l’écran frise le ridicule ! Franchement, tout ça ne vole pas bien haut et cette histoire n’a finalement rien de bien palpitant à se mettre sous la dent, même si les loups sont là au coin du bois, pour nous croquer quelque part !

Note : 7/10

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TEST DVD :

Image :Une image au piqué affuté, extrêmement détaillée et aux couleurs profondes. Belle tenue des noirs.  Les ambiances sont parfaitement retranscrites surtout lors des scènes de combats et le support se révèle d’une grande efficacité. Les contrastes donnent un volume et une profondeur à l’image à la hauteur de l’ensemble

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Son : Le son bénéficie d’une grande qualité sonores.Les effets sonores du film envahissent les différents canaux, avec beaucoup de précision et de dynamique.

Bonus :  Rien

 

  • Acteurs : Jean Reno, Sarah Lind, Joe Anderson, David Gyasi, Ihor Ciszkewycz
  • Réalisateurs : Frédéric Petitjean
  • Format : PAL
  • Audio : Russe (Dolby Digital 5.1), Anglais (Dolby Digital 5.1), Français (Dolby Digital 5.1)
  • Sous-titres : Danois, Russe, Finnois, Suédois, Français, Néerlandais, Norvégien
  • Sous-titres pour sourds et malentendants : Anglais
  • Région : Région 2
  • Nombre de disques : 1
  • Studio : Universal Pictures France
  • Date de sortie du DVD : 25 septembre 2019
  • Durée : 87 minutes

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