Notre part des ténèbres de Gérard Mordillat et Eric Liberge | 25 septembre 2019

La BD de la révolte sociale. Dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, une magnifique croisière est organisée sur un bateau de luxe, le Nausicaa, pour les actionnaires de Mondial Laser, une entreprise de pointe vendue à l’Inde par un fonds spéculatif. Il s’agit de célébrer les profits records de l’année qui s’achève et ceux à venir suite à une délocalisation.

Chronique : On passe du récit ancré dans le réel et le quotidien au véritable thriller : les ex-salariés de Mondial Laser, après la fermeture de leur entreprise par les acquéreurs indiens auxquels un grand fonds d’investissement les a cédés en cours de LBO, organisent un rocambolesque détournement du paquebot sur lequel les actionnaires et dirigeants dudit fonds, ainsi que leurs invités (dont un ministre de l’intérieur et plusieurs célébrités du cinéma français), célébraient le Nouvel An et des profits records.
Cette adaptation par Eric Liberge est un thriller plutôt haletant, mêlant, comme c’est désormais un peu la marque de fabrique de Mordillat, confidences et psychologies intimes, positions et discours socio-politiques, et sexualité joyeusement débridée…
Le mélange de farce (souligné par l’attirail du bal masqué du 31 décembre à bord) et de sérieux (dans la préparation de l’opération, et notamment de ses improbables mais finalement efficaces complicités militaires) est bien mis au service d’un discours, certes radical, mais d’actualité.

Note : 9,5/10

Extrait :

245

 

  • Album: 96 pages
  • Editeur : Les Arènes (25 septembre 2019)
  • Collection : AR.HORS COLLECT
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2711201449

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Rodrigo et les petits papiers de Heyna Be et Eric Puybaret | 12 septembre 2019

Toute sa vie, Rodrigo a arpenté le monde, voyageant léger, avec pour seuls biens un paquet de feuilles et une boîte d’ébène empaquetés dans le châle de sa mère. Quand ses pieds n’ont plus pu le porter, il est rentré se reposer dans la vieille maison de son enfance traversée par le vent.

Chronique : Cet album  joue sur le désir, l’envie et une forme de suspens. Nous voyons ce qu’observe où imagine Rodigo. En plaçant le lecteur à cette exercice de style Heyna Be et Eric Puybaret montrent la liberté de l’imaginaire de cet homme. C’est une sorte d’évasion et de partage . C’est une mélodie qui s’installe et rend la lecture légère. Les illustrations tout en contrastes déboussolent au début mais séduisent l’œil très rapidement.

Note : 9,5/10

Extrait :

23

 

  • Album: 32 pages
  • Tranche d’âges: 6 – 8 années
  • Editeur : De la Martinière jeunesse (12 septembre 2019)
  • Collection : Albums
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2732490644

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Une histoire de loup de Caroline Pellissier et Mathias Friman | 12 septembre 2019

Qui nous parle ? Quel est ce mystérieux narrateur qui nous emmène, le long de pages somptueuses, par hors les chemins, à la recherche des animaux du bois ?

Chronique : Entre douceur et impression menaçante, le lecteur rencontre oiseau, cerf, faon, champignons… Et là un loup nous dit « Viens contre moi, mon enfant ». Entre crainte et réconfort, cette page m’a laissé dubitative. Mais le positif est finalement la bonne interprétation.
Les illustrations de Mathias Friman en noir et blanc nous éblouisse avec quelques éléments colorés donne un vrai style à cet album trés bien raconté par la plume de Caroline Pellissier.

Note : 9/10

Extrait :

23

 

  • Album: 32 pages
  • Tranche d’âges: 6 – 8 années
  • Editeur : Seuil jeunesse (12 septembre 2019)
  • Collection : Album jeunesse
  • Langue : Français
  • ISBN-13: 979-1023512595

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Hector et les bêtes sauvages de Cecile Roumiguiere et Clemence Monnet | 5 septembre 2019

Il n’est pas facile de devenir une grande sœur. À l’arrivée du bébé, on voudrait redevenir petite, être la seule et l’unique.

Chronique : Un album frais et coloré où les événements s’enchaînent et permettent au récit de progresser pour donner un sens à l’ensemble de l’histoire. Les relations entre chaque passage abordent avec finesse la question de l’amour et d’un accompagnement vers le fait d’avoir un petit frère ou soeur et du rejet de l’autre. Clemence Monne a un trait simple, tout en rondeurs et le texte de Cecile Roumiguierei offre un livre drôle et intelligent aux personnages attachants.

Note : 9,5/10

Extrait :

23

 

  • Album: 40 pages
  • Tranche d’âges: 6 – 8 années
  • Editeur : Seuil jeunesse (5 septembre 2019)
  • Collection : Album jeunesse
  • Langue : Français
  • ISBN-13: 979-1023511338

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Prédestinée de Teri Terry | 19 septembre 2019

Depuis que le Royaume-uni a quitté l’Europe et fermé ses frontières, le pays a sombré dans la crise et le mécontentement gronde. Les manifestations se multiplient et la jeunesse est pointée du doigt : dorénavant, les mineurs seront soumis au couvre-feu et privés de liberté. Ceux qui désobéissent seront jugés ; les plus virulents seront condamnés à mort.

Chronique : Prédestinée est une suite / pré quelle de la série Effacée et se déroule à l’époque où tout a commencé à changer avec la nouvelle coalition gouvernementale.Pour résumer Sam est la fille du vice-premier ministre, elle fréquente une grande école et est une bonne artiste. Mais à la suite de Brexit (j’ai adoré la pertinence de ce préquel pour l’actualité) tout au Royaume-Uni est en ébullition, car des groupes d’activistes n’aiment pas la façon dont les choses ont changé.C’est de la littérature dite de young adult mais si vous aimer ses romans comme le labyrinthe et divergent Teri Terry a écrit un livre actuel, mais qui semble fictif. Ce qui, je suppose, est tout l’intérêt. Parfaitement rythmées, les pages se tournent plus vite que je ne le souhaite. Les personnages sont exceptionnels et la façon dont l’auteur conduit l’intrigue est incroyable. Quoi qu’il en soit, si vous n’avez pas lu la série Effacée allez-y .C’ est une série qui fait souvent l’écho, de par son efficacité et son rythme effréné, de la célèbre série ‘Hunger Games’. Mais qui s’approche de l’auteur George Orwell.

Note : 9/10

 

  • Broché: 448 pages
  • Editeur : De la Martinière jeunesse (19 septembre 2019)
  • Collection : Fiction
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2732490725

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Vorrh de B. CATLING| 26 septembre 2019

La Vorrh est une forêt merveilleuse et effrayante. Tous ceux qui y pénètrent y trouvent soit la mort, soit l’oubli. Néanmoins, elle exerce une fascination quasi magnétique et un attrait irrésistible. On dit que le jardin d’Éden est dissimulé en son cœur. Personne ne l’a jamais explorée en entier, elle serait sans fin.
Pourtant, un homme a entrepris le périple. Un ancien soldat qui a tout abandonné pour suivre sa bien-aimée, Este. À sa mort, il a, suivant d’antiques rituels, emprisonné son esprit dans un arc et, écoutant ses murmures, s’est lancé sur la route…

Chronique : « VVVOOORRRRRRRRHHHHHH » est un roman enivrant qui défie les livres faciles.  J’ai du commencer pas moins de 3 fois mais c’est un livre glissant et tortueux, il semble toujours se tortiller hors de portée. Le flou qui l’accompagne est terriblement inadéquat, bien qu’il n’y ait aucune faute pour le flou, car comment résumer un livre comme celui-ci en quelques lignes ? (J’aimerais bien savoir comment Catling a présenté ce livre à ses éditeurs…) Je ne pense pas avoir lu un livre comme celui-ci depuis longtemps. Des mots comme  » génie « ,  » folie pure  » et  » jungien  » se mélangent comme des billes dans ma bouche lorsque j’essaie de décrire ce livre pour mes amis.

La façon la plus facile de commencer à parler du Vorrh est de demander : « Qu’est-ce que le Vorrh ? Le Vorrh est une forêt ancienne et dense située au cœur du continent africain, très probablement le Congo, et dont on dit qu’elle renferme le jardin d’Éden. Catling a pris le nom du tract de Raymond Roussel, Impressions of Africa, qui, d’après ce que je peux dire, était surtout une sorte de travelogue fou qui a contribué à promouvoir la notion occidentale standard de l’Afrique comme un lieu étranger rempli d’horreurs exotiques et de sauvagerie. (Maintenant, est-ce que Catling, un homme blanc anglais, perpétue cela ? Je ne crois pas, mais j’y reviendrai…) Catching charge le Vorrh avec son propre mythe : il est éternel et sans fin. Elle plie le temps ; elle cannibalise les souvenirs de ceux qui empiètent trop longtemps. La forêt est considérée avec respect et crainte par les habitants et les colons. A côté du Vorrh se trouve Essenwald, une découpe coloniale construite pour ressembler à une ville européenne typique, jusqu’à la dernière pierre. Au fur et à mesure de l’expansion de la ville, des voyages d’exploitation forestière ont lieu dans certaines parties du Vorrh pour ramasser du bois et des matériaux locaux pour les projets de construction, une métaphore ironique et très opérante pour l’idée d’incursion coloniale. Dans et autour du Vorrh et de la ville d’Essenwald, nous rencontrons plusieurs personnages, européens et africains, tous transformés ou effacés par la violence et le choc des cultures d’une manière ou d’une autre, et tous attirés par des randonnées malavisées dans le Vorrh.

Du point de vue structurel, le roman est essentiellement une série de décors chargés d’images et d’histoires disparates. Certaines histoires convergent, quelques-unes assez violemment dans la forêt mystérieuse, d’autres tournent autour du périmètre et se cachent. Cette incohérence peut être exaspérante. Les lecteurs qui aiment leurs récits soignés et soignés peuvent être découragés, mais soyez patients ; les choses finissent par s’unifier, et vous serez récompensés par un chef-d’œuvre méchamment labyrinthique.

Cet univers surréaliste est peuplé de gens de la vraie vie et de l’histoire : Edward Muybridge, Sarah Winchester, Sir William Withey Gull, Raymond Roussel lui-même (mais pas exactement sous ce nom) font tous des apparitions étranges. Il y a aussi des personnages fantastiques : un cyclope mélancolique nommé Ismaël, des robots bakélites sensibles, et divers êtres monstrueux (par exemple, les anthropophages) et éthérés (les Erstwhile). Il y a des guerriers, des guérisseurs, des assassins et des chasseurs. Il y a des armes charmées d’un poids et d’un symbolisme incroyables : l’une est un arc taillé dans les restes d’une femme mystique, l’amante du Bowman ; une autre est un fusil Lee-Enfield protégé par des charmes.

Les vagues du macabre et du grotesque reviennent souvent ici, mais Catling les utilise d’une manière qui est loin d’être répugnante. Deux exemples. Dans la première scène, un acte de vivisection et de mutilation se transforme en un hommage solennel et tendre à l’amour. C’est une représentation de l’amour si profonde et si profonde qu’elle éblouit les sens et remet en question nos notions modernes et aseptisées de l’amour. À ma grande perplexité, la scène m’a rappelé que Neruda sonnet que tout le monde aime tant citer à propos d’aimer quelque chose comme des choses sombres devrait être aimé – mais avec plus de sang et de viscères. Il évoque également la vénérable boucherie dans les enterrements du ciel tibétain.

Des lectures plus cyniques de The Vorrh peuvent rejeter les tropes surréalistes comme une autre sorte de grand coup de pinceau culturel mis au pilori par Binyavanga Wainainaina à Granta. Mais je pense personnellement que Catling opère à un tout autre niveau. C’est une critique du colonialisme et de la violence et de la distorsion de l’identité et de l’identité des oppresseurs et des opprimés, mais c’est aussi une sorte d’histoire alternative où tout est impossible. Mais la théorie critique mise à part, ce qui occupe le devant de la scène, c’est la façon dont Catling manœuvre à travers les tropes fantastiques. Le fantastique imprègne si profondément la réalité narrative du livre que vous vous demandez constamment :  » Suis-je éveillé ? Selon les mots d’Alan Moore, elle « laisse le lecteur souillé par ses graines et ses spores, encourageant une nouvelle croissance et menaçant une grande reforestation de l’imagination ».

Dans l’ensemble, il s’agit d’un livre spectaculaire, comme un scintillement de lumière qui rend les autres livres fades et monochromes. Je vous le recommanderais si vous aspirez secrètement à quelque chose qui vous sortira du classicisme  de la lecture, quelque chose qui ouvrira votre subconscient et brouillera les frontières entre la prose et la poésie… et les rêves.

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 484 pages
  • Editeur : Fleuve éditions (26 septembre 2019)
  • Collection : Outre fleuve
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2265116610

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Test DVD : Cold Blood Legacy – La mémoire du sang 2019 de Frédéric Petitjean avec Jean Reno, Sarah Lind

Le plus recherché des tueurs à gage goûte une retraite solitaire au bord d’un lac isolé dans le grand Nord-Américain. Une jeune femme grièvement blessée vient trouver refuge dans son chalet. Pour la sauver, il pourrait bien risquer sa propre vie…

Chronique : « Cold Blood Legacy – La mémoire du sang », malgré un début intrigant et bien fichu en apparence, s’essouffle très vite et n’arrive pas à tenir ses promesses. On va même de déception en déception, tant l’intrigue est tirée par les cheveux, le rythme poussif et les rebondissements artificiels au possible. Ce qui est très vite dommage, c’est que l’on comprend de suite les intentions des uns et des autres, et donc qui est qui et qui va faire quoi (!), même si le scénario est un peu alambiqué, tordu et truffé de quelques incohérences. Bien sûr Jean Reno joue de son charisme, de sa présence irradiante en homme des bois, aguerri et coupé de la civilisation. Mais ça ne suffit pas, et le film de Frédéric Petitjean s’apparente très vite à un téléfilm par le jeu des acteurs, le montage haché à la serpe, le manque de crédibilité évident qui en ressort… La palme de la plus mauvaise prestation à ce niveau revient à Joe Anderson, dont la présence à l’écran frise le ridicule ! Franchement, tout ça ne vole pas bien haut et cette histoire n’a finalement rien de bien palpitant à se mettre sous la dent, même si les loups sont là au coin du bois, pour nous croquer quelque part !

Note : 7/10

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TEST DVD :

Image :Une image au piqué affuté, extrêmement détaillée et aux couleurs profondes. Belle tenue des noirs.  Les ambiances sont parfaitement retranscrites surtout lors des scènes de combats et le support se révèle d’une grande efficacité. Les contrastes donnent un volume et une profondeur à l’image à la hauteur de l’ensemble

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Son : Le son bénéficie d’une grande qualité sonores.Les effets sonores du film envahissent les différents canaux, avec beaucoup de précision et de dynamique.

Bonus :  Rien

 

  • Acteurs : Jean Reno, Sarah Lind, Joe Anderson, David Gyasi, Ihor Ciszkewycz
  • Réalisateurs : Frédéric Petitjean
  • Format : PAL
  • Audio : Russe (Dolby Digital 5.1), Anglais (Dolby Digital 5.1), Français (Dolby Digital 5.1)
  • Sous-titres : Danois, Russe, Finnois, Suédois, Français, Néerlandais, Norvégien
  • Sous-titres pour sourds et malentendants : Anglais
  • Région : Région 2
  • Nombre de disques : 1
  • Studio : Universal Pictures France
  • Date de sortie du DVD : 25 septembre 2019
  • Durée : 87 minutes

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Test Blu-ray : The Dead Don’t Die (25 septembre 2019) de Jim Jarmusch avec Bill Murray, Adam Driver

 

Dans la sereine petite ville de Centerville, quelque chose cloche. La lune est omniprésente dans le ciel, la lumière du jour se manifeste à des horaires imprévisibles et les animaux commencent à avoir des comportements inhabituels. Personne ne sait vraiment pourquoi. Les nouvelles sont effrayantes et les scientifiques sont inquiets. Mais personne ne pouvait prévoir l’évènement le plus étrange et dangereux qui allait s’abattre sur Centerville : The Dead Don’t Die – les morts sortent de leurs tombes et s’attaquent sauvagement aux vivants pour s’en nourrir. La bataille pour la survie commence pour les habitants de la ville.

Chronique : Bien qu’un film de Jim Jarmusch soit proposé dans de nombreuses versions, vous avez toujours la certitude que ce que vous obtenez a de la profondeur, de l’humour et suffisamment de folie pour le distancer de tout ce qui lui ressemble. Maintenant, après quelques escapades sur le territoire du film de genre, le réalisateur indie / arthouse s’est attaqué aux zombies avec The Dead Don’t Die . Assembler un casting de dynamite devrait suffire au réalisateur pour produire quelque chose de formidable, non? Avec autant de comédies de zombies faisant déjà référence à Romero et à une sensibilité suffisante, y at-il assez de place en enfer pour une autre? Dans la petite ville de Centerville, quelque chose ne va pas. La lumière du jour s’étend tard dans la soirée. Les horloges s’arrêtent. Les téléphones portables sont en panne de courant. Des reporters interrogent des scientifiques sur le déplacement de l’axe de la Terre qui serait lié aux opérations de fracturation polaire. La lune affiche une aura fantomatique de lumière pourpre. Le chef Cliff Robertson (Bill Murray) et son associé au livre de poche, Ronnie Peterson (Adam Driver), sont en patrouille. Au fur et à mesure que les événements étranges se multiplient, Cliff l’enlève tandis que Ronnie répond: «Cela va mal se terminer». Tandis que tout film d’horreur peut avoir un moment de sinistre sinistre, ce n’est pas avant que Ronnie joue la chanson «The Dead Don’t Die» que nous sachions qui est impliqué dans la blague. « C’est la chanson thème », dit-il à une falaise confuse, essayant de se rappeler où il avait déjà écouté la chanson country. Nous apprendrons au fil du film à quel point cette chanson joue dans la vie des personnages. Comme prévu, les morts commencent à sortir de leur tombe, à commencer par «Coffee Zombie» interprété par Iggy Pop qui descend dans le diner local pour se régaler de sang et boire un café. De là, nous avons présenté Mindy Morrison (Chloe Sevingy), la troisième agente de police de Centerville, qui ne croit pas à l’hypothèse de mort-vivant de Ronnie avant d’avoir à faire face aux essaims de personnes récemment décédées entourant le poste de police. Alors que l’apocalypse zombie se rapproche de Centerville, le meilleur conseil que l’on puisse vous donner est de «tuer la tête». Des délinquants juvéniles enfermés aux hipsters qui passent à côté de personne ne sont en sécurité … sauf si vous avez déjà lu le script. Avez-vous? Jim t’a-t-il donné une copie? The Dead Don’t Die a un casting de tueur. Jeu de mots volontaire. Nous avons Tilda Swinton dans le rôle de Zelda, l’homme de la mort écossais brandissant un katana, RZA dans le rôle de chauffeur-livreur WU -PS, et Steve Buscemi dans le ferme grincheux Miller portant le poids de la stratégie anti-conservatrice du film «Make America White Again  » chapeau. Ajoutez Selena Gomez, Danny Glover et un mémorable Tom Waits dans le rôle de Hermit Bob dans une distribution pluri-générationnelle dans l’espoir d’échapper aux griffes des morts-vivants. Les performances sont solides, à condition que vous soyez à la pointe de l’école Jarmusch d’humour sans bornes. Il peut sembler que des moments sont perdus ou que certains acteurs ne sont pas utilisés efficacement, mais ce n’est que de la logique qui vous dérange.  Le film vise comiquement aux sociétés avides et au gouvernement de ruiner le monde. Que ce soit le chapeau rouge de Miller ou la question polarisante de la fracturation, Jarmusch et sa société ne sont pas en train de mâcher des mots. Cependant, il ne s’agit pas d’une conférence politique, mais plutôt d’un coup de poing sur le destin de la civilisation. Lorsque le film ne fait pas référence à La nuit des morts-vivants , il s’inspire du thème de Romero, du déclin de notre civilisation en désirs modernes insensés. Les zombies de Jarmusch murmurent des choses telles que «Wi-Fi», «Free Cable» et «Xanax» pour mettre à jour les références. Ce lien entre un ton / hommage de zombie Romero et un objectif politique actualisé permet au film mélancolique de faire facilement signe d’un déclin social apparent en Amérique. Malheureusement, The Dead Don’t Die va plaire à certains. Je peux penser que la plupart des publics auront du mal à comprendre le but et la direction du film, convaincus que les films de zombies sont des productions intenses et rapides. Ici, les scènes sont longues et sans hâte. Les personnages littéralement dans le sang et les tripes s’efforcent de minimiser l’horreur. J’admets que j’ai eu du mal à me soucier des personnages quand ils ont eux-mêmes admis être dans un film de Jim Jarmusch. « Après tout ce que j’ai fait pour ce gars. Qu’est-ce qu’une bite? », Répond Bill Murray lorsqu’il apprend qu’Adam Driver a reçu une première copie du script. En effet. The Dead Don’t Die est une superbe collection de vignettes intéressantes définies lors de l’apocalypse des zombies mais, en tant que méta-récit sur le genre, il peine un peu à garder la tête connectée au corps en mouvement.

Note : 7/10

Vidéo : The Dead Don’t Die se lève de la tombe avec un transfert solide. Présentée au format 1,78: 1 en 1080p, l’image offre une excellente finesse des détails et de la profondeur des couleurs. Les couleurs primaires sont chaudes et les tons de terre légèrement assourdis, ce qui permet au chapeau rouge de Farmer Miller de percer la palette de couleurs par ailleurs brun / gris que propose Centerville. Notez les textures dans les traits du visage tels que les rides sur le visage de l’ancien Bill Murray et le chaume de l’après-midi sur Adam Driver. Les scènes nocturnes offrent beaucoup de détails dans les ombres et la faible lumière. Les intérieurs bien éclairés offrent beaucoup de détails sans bruit, ce qui vous permet de voir le remarquable design de la production révélant diverses références d’horreur.

Les effets visuels numériques de The Dead Don’t Die sont acceptables pour la plupart des scènes. Les morts de zombies se heurtent à une brume cendreuse qui me rappelle Avengers: Infinity War, mais qui ne l’inquiète pas suffisamment. Le jet de sang, etc. est aussi parfois numérique, ce qui est attendu de nos jours, je suppose. Heureusement, les travaux pratiques sur les prothèses et les effets de zombies sont vraiment impressionnants pour un film de ce calibre. Les scènes avec de la chair caoutchouteuse déchirée et des organes débordants sont étonnantes. Avec beaucoup de détails fins dans l’image, vous pouvez vraiment apprécier le travail mis dans le film.

Audio : La piste audio solo de The Dead Don’t Die est un impressionnant mix DTS-HD MA 5.1 sans perte. C’est une piste bien équilibrée avec un dialogue clair et net présenté sans sifflement ni distorsion. Les canaux Surround bénéficient d’un flux constant de musique sinistre une fois que la procédure est lancée. Les atmosphères atmosphériques pompent constamment à travers les environs compte tenu du cadre pays du petit village de film. Les canaux basse fréquence du caisson de basse résonnent bien lors des scènes d’action. Les effets et la musique sont bien mélangés dans la texture en maintenant le champ sonore équilibré dans les canaux de la scène. C’est un film lourd de dialogues, alors maintenez le volume au niveau moyen car tout le monde parle avec calme et douceur, sauf lorsque Mindy hurle.

Bonus : Comme on pouvait s’y attendre, les fonctionnalités spéciales font un peu la lumière sur ce disque. Si vous souhaitez plonger un peu plus loin dans la chorégraphie zombienne du film, découvrez la scène en coulisse.

  • Bill Murray: Une étoile d’action pour la chasse aux zombies (HD 1:21) Un rapide clin d’œil du comédien légendaire à propos de sa conversion dans des films pour zombies et de son sentiment d’être une star de l’action.
  • Stick Together (HD 2:47) Les acteurs et l’équipe technique réfléchissent rapidement au travail avec Jim Jarmusch et à l’approche unique de ce film vis-à-vis du genre zombie.
  • Dans les coulisses de The Dead Don’t Die (HD 5:16) Six brèves vignettes de la production du film. Certains zombies fascinants travaillent ici.
  • Acteurs : Bill Murray, Adam Driver, Tilda Swinton, Chloë Sevigny, Steve Buscemi
  • Réalisateurs : Jim Jarmusch
  • Audio : Italien (DTS 5.1), Allemand (DTS 5.1), Anglais (DTS-HD 5.1), Français (DTS 5.1), Espagnol (DTS 5.1)
  • Sous-titres : Français, Suédois, Finnois, Italien, Espagnol, Islandais, Danois, Portugais, Hindi, Norvégien, Néerlandais, Allemand, Arabe
  • Sous-titres pour sourds et malentendants : Anglais
  • Région : Toutes les régions
  • Rapport de forme : 1.78:1
  • Nombre de disques : 1
  • Studio : Universal Pictures France
  • Date de sortie du DVD : 25 septembre 2019
  • Durée : 104 minutes

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Personne inconnue de Susie Steiner | 25 septembre 2019

Pour son retour sur le devant de la scène, la détective Manon Bradshaw se retrouve confrontée au pire : un meurtre ultra-médiatisé pour lequel sa famille est au premier rang des suspects.
La victime, un richissime ban­quier de Londres, est en réalité plus proche d’elle qu’elle ne l’aurait jamais imaginé. Même ses collègues les plus chers se méfient d’elle.
Manon sera-t-elle capable de mener cette enquête avec l’im­partialité requise ?

Chronique : Il existe certains livres qui se retrouvent à mi-chemin entre deux genres, de manière volontaire ou non, et c’est justement le cas de personne inconnue. Avant tout il faut souligné que L’auteure fait partie de ces écrivains capables de poser une ambiance en quelques lignes. En effet à peine la première page tournée on est happé par une atmosphère so british, tous les éléments sont convoqués pour créer cette ambiance propice aux enquêtes policières. Du charme de la campagne anglaise jusqu’à la grisaille londonienne, sans oublier les personnages que l’on pourrait croire tout droit sorti d’un Roman de Doris Lessing. Les personnages sont l’atout majeur du livre. L’auteure parvient à les rendre attachants tout en ne mettant rien des regrets qui les rongent, de leurs peurs et de leur colère qui les poussent dans leurs derniers retranchements. À travers les portraits de ces personnages en perte du repère, c’est tout un portrait social de l’Angleterre contemporaine qui nous est présenté, le racisme ordinaire, les familles monoparentales sans oublier la cupidité vorace de la city, le grand centre d’affaires de Londres. Le personnage central, l’enquêtrice Manon Bradshaw, porte le récit presque entièrement sur ses épaules, qui bien que solides, laissent apparaître de nombreuses fêlures. Alors que l’on s’attend au début de l’ouvrage à rencontrer un flic revêche prêt à tout pour résoudre l’enquête on fait au contraire la rencontre d’une femme volontaire mais usée par les tragédies qui ont marqué sa vie et qui se rend compte que les bonnes intentions ne suffisent pas forcément pour créer un cadre familial idéal. En parallèle l’enquête policière suit son chemin de manière très classique, interrogatoire serré, analyse en laboratoire, portrait nuancé de la victime. Cette partie du livre n’offre malheureusement aucune originalité.  Elle est de plus alourdie par des chapitres consacrés à un personnage fugitif dispensable malgré le surcroît de contexte social que cela apporte au récit. Personne inconnue n’est simplement un polar mais aussi un récit social qui pose une base de réflexion sur notre monde actuel et ses dérives. On peut juste regretter que les deux aspects de l’œuvre ne soient pas mieux équilibrés.

Note : 9/10

 

  • Broché: 467 pages
  • Editeur : Les Arènes (25 septembre 2019)
  • Collection : AR.HORS COLLECT
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2711201104

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Captain Biceps – Tome 07: L’Increvable de Zep et Tébo | 28 août 2019

Une petite tête plantée sur un corps à la musculature imposante, Captain Biceps, c’est la justice en collant rouge ! Le super-héros le plus costaud de tous les temps ! Justicier injustement oublié par l’Histoire, lui seul est capable de casser la figure à tous les gugusses en costume de la galaxie.

Chronique : Le retour de Captain Biceps pour ce tome 7, si vous ne le connaissez pas c’est une petite tête plantée sur un corps à la musculature imposante, Captain Biceps, c’est la justice en collant rouge. Au scenario le papa de Titeuf : Zep. Après un sixième tome sorti il y a déjà cinq ans, en 2014. Le Captain va rendre visite à tous ces nouveaux personnages qui sont apparus au grand public depuis tout ce temps, et retrouver quelques vieilles têtes connues.  Alors que les Avengers  sont arrivé à la fin d’un arc narratif avec face à Thanos  avec Infinity War et Endgame, Captain Biceps rejoue le match et gagne cette guerre de l’infini en moins de trois minutes. Il n’y à pas que le MCU qui est attaqué mais le DC universe en prend pour sont grande avec Aquaman  et Batman.

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Tebo et Zep tournent en dérision des personnages plus classiques comme de nouveaux arrivants  et cerise sur le gâteau le justicier  affronte même le grand… Stan Lee ! Captain Biceps est drôle, violent et déjanté et comme il le dit si bien…Captain Biceps….

Note : 9/10

 

  • Album: 48 pages
  • Editeur : Glénat BD (28 août 2019)
  • Collection : Tchô !
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 234403305X

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