À l’ombre du pouvoir de Neely Tucker

Lorsque Billy Ellison, le fils de la famille afro-américaine la plus influente de Washington D.C., est retrouvé mort dans le fleuve Potomac près d’un refuge de drogués, le reporter chevronné Sully Carter comprend qu’il est temps de poser les vraies questions, peu importent les conséquences. D’autant plus qu’on fait pression sur lui pour qu’il abandonne son enquête et que la police n’a aucune piste. Carter va découvrir que la portée de l’affaire dépasse le simple meurtre de Billy et semble concerner les hautes sphères de la société de Washington. Ancien alcoolique toujours hanté par ses années passées en Bosnie comme correspondant de guerre, Carter doit trouver un dangereux équilibre entre deux extrêmes – les quartiers pauvres et violents de la ville, et les sommets du pouvoir – alors que certains sont prêts à tout pour l’empêcher de découvrir la scandaleuse vérité. Après le succès de La voie des morts, Neely Tucker confirme ici son talent pour les personnages authentiques et des intrigues complexes abordant les thèmes du racisme, de la fortune et de la corruption.

Il n’existe que peu d’auteurs capable de vous tisser une sombre histoire de meurtre tout en vous embarquant pour un voyage dans la capitale du crime et vous faire arpenter les rues de Washington comme s’y vous y étiez.

Évacuons tout d’abord le problème du titre du roman en francais. C’est peu dire que l’éditeur n’a pas fait preuve d’une grande imagination en choisissant ce titre qui fait espéré au lecteur une intrigue politique tortueuse, pleine de rebondissements tel que l’on peut en lire chez James Patterson ou Robert Harris. En vérité l’aspect politique dans cette enquête du reporter grande gueule Sully Carter reste en arrière plan. Le but de l’auteur est de nous faire découvrir sa vision de Washington, ce qu’il a retranscrit dans le titre original du livre, c’est à dire Murder D. C., qui paraît plus fidèle à l’intrigue développé par l’auteur que le titre français qui, en plus d’être trompeur, ne brille pas par son originalité.

Passons sur les errances de l’édition française et attaquons nous au livre en lui même.

Neely Tucker fait partie de ces auteurs qui aime planter leur décor dans une ville et la rendre plus glauque qu’elle ne l’ait réellement. En effet comme il le précise à la fin de son ouvrage, il s’est permis de prendre quelques libertés avec l’histoire et la géographie de la ville. Il n’en reste pas moins que la Washington qu’il nous décrit nous fait l’effet d’être une grande dame malade. Par les mots de son héros torturé et alcoolique, c’est toute la crasse et la misère qui nous est décrite. Washington nous est présenté sous un jour peu fameux, l’auteur s’amuse à en faire une cité sombre, glauque, où les quartiers mal famé côtoie les riches demeures centenaires.

Mais l’auteur ne s’arrête pas là car il confronte aussi la ville à son passé de ville esclavagiste dans un pays où la question du racisme reste épineuse. L’histoire révoltante de la traite des noirs nous est distillé à travers des anecdotes qui font froid dans le dos. Aussi terrible soit-il ce rappel d’un passé peu glorieux donne de l’épaisseur à l’enquête déjà solide de Sully Carter. Ajoutez à ces éléments un personnage bien campé, convaincant autant dans sa soif de justice que dans ces failles, et vous obtenez un polar haletant à l’ambiance parfaitement sordide.

Note : 9/10

Éditeur Gallimard
Date de publication 14 septembre 2017
Longueur du livre 368
ISBN-10 2070106659

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