Laisse le monde tomber de Jacques-olivier Bosco | 31 octobre 2019

Des âmes perdues, en colères qui n’ont plus que la haine comme point de repère… Des flics désabusés, en bout de course. Des jeunes en colère, prêts à tout pour de l’argent facile.Des tueurs de flics qui ont soif de meurtres. Un homme en quête de vengeance.
Des ingrédients explosifs pour un roman qui vous tient en haleine de la première à la dernière page !

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Chronique : Il vaut mieux toujours savoir dans quelle lecture on s’aventure avant de commencer un nouveau livre, ça évite les déceptions et autres frustrations. Mais parfois même en étant averti cela ne suffit pas, toutes les quatrièmes de couverture ne suffisent pas à protéger des rafales que tirent certains auteurs.
Et des rafales Jacques-Olivier Bosco en mitraille tout son livre. Des tirs précis qui atteignent directement au ventre et au cœur empêchant le lecteur de décrocher le regard des lignes incisif qu’il trace de sa plume. On a beau connaître l’œuvre de cet auteur, la misère qu’il étale tout au long du récit tétanisé et rappelle ce que l’on voudrait trop souvent oublier, à savoir que le monde décrit dans ces pages existe réellement.
Chaque chapitre est un parpaing lancé à la figure du lecteur qui, sous le choc, prend en pleine face cette banlieue sordide, désœuvrée, en proie à la misère et aux désillusions. Avec pour titre seulement bat, pour bâtiment, puis les lettres de l’alphabet les chapitres s’alignent telle une cité Hlm anonyme pour nous présenter les tranches de vie de ces occupants, aussi bien les rares anciens reclus dans leurs haines ne rance que les jeunes bouillonnant de rage. Sans oublier ces flics désemparés face à cette tragédie qui se répètent jour après jour et qui les entraînent petit à petit dans un gouffre de rancœur et d’addictions.
Cette plongée dans les tréfonds d’une société qui ignore cette guerre sans nom pourrait être déprimante au point d’en abandonner la lecture s’il n’y avait pas cette hargne, cette rage de justice qui anime ces deux flics, Jef et Hélène, alias la trique.
Portrait poignant de deux flics au bord de la dépression. On suit leur course désespéré pour amener un peu de lumière à ce monde de plus en plus sombre. En cela une tirade d’Hélène nous rappelle que la banlieue ce n’est pas que le trafic de drogue et la délinquance mais aussi des travailleurs matinaux, des familles soudées et des étudiants qui veulent s’en sortir. À ce portrait d’une France trop facilement ignorée vient se greffer une enquête sur fonds d’agressions barbares qui laisse un sentiment mitigé. Glaçante de par sa nature l’enquête tire à blanche car trop saugrenue et improbable pour vraiment captiver. Sans parler de la bande de braqueurs qui malgré la menace qu’ils font peser sur les personnages agissent plus comme des pièces rapportées que comme de véritables éléments du récit. Malgré ces défauts, l’intrigue suit son cours portés par des personnages à bout de nerfs mais déterminés à ne pas laisser les crimes impunis ni a n’abandonner leurs humanités. La lecture reste saisissante et marquera longtemps le lecteur une fois la dernière page tournée.

Note : 9 /10

 

  • Broché : 372 pages
  • Editeur : French Pulp éditions (31 octobre 2019)
  • Collection : Polar
  • Langue : Français
  • ISBN-13 : 979-1025106525

 

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4 réflexions sur “Laisse le monde tomber de Jacques-olivier Bosco | 31 octobre 2019

  1. Bonjour
    Tout d’abord merci pour ce retour j’étais loin d’imaginer qu’une critique pouvait toucher un auteur à ce point. Mais c’est logique quand on y pense. Il est vrai que je n’ai pas parlé du criminel qui hante les pages du livre. D’abord dans un souci de préservé l’intrigue pour les futurs lecteurs mais aussi car je voulais mettre l’ accent sur l’ambiance qu’il dégage. Cela dit je trouve la psychologie de ce criminel

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  2. Pardon la psychologie de ce criminel donc très bien construite, on comprend ses motivations même si on les rejettes, on comprend ce qui l’a amené là. Mais personnellement j’aurais voulu une intrigue plus terre à terre si vous me permettez l’expression. Cela dit cet ouvrage reste quand même l’un des meilleurs que j’ai lu cette année. Merci encore pour votre réponse. Christophe

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  3. Bonjour , je voulais dire vraiment merci pour ce retour, pour cette lecture politique et sociétale du roman, c’était, un peu, ce que j’attendais. Comment vous dire, j’ai été touché par vos mots, autant, que vous l’avez été, cela se sent, c’est ce qui est fort, le rythme de vos phrases, la musique, font transparaître la colère et la frustration, le propre rythme de mon livre, de ce que je voulais montrer, et faire ressentir parce que c’est un roman. Je vous remercie vraiment aussi pour votre honnêteté, de pointer les défauts selon votre ressenti, mais, au final, de ne juger que sur l’impression totale du roman, avec cette magnifique note de 9/10. Pour me justifier, ou parce que j’ai envie de discuter avec vous ( presque d’auteur à auteur), je pourrais vous parler de la genèse, des doutes, de la peur de ne pas pouvoir être publié ( il n’y a pas d’intrigue, blabla, c’est trop noir, la banlieue c’est pas vendeur), et le plaisir nécessaire à l’écriture, pour justifier l’intrigue et les tueurs de flics, mais à la vérité, je trouvais l’idée de mettre une ambiance gothique dans la grande banlieue intéressante ( les chiens), il fallait absolument que « l’atmosphère » de cette putain de banlieue transpire des pages ( j’aime les romans atmosphériques), je voulais aussi parler de cette envie « d’aller à la guerre »(le méchant) et, immédiatement, de ce que c’était vraiment : la guerre. Quand aux tueurs de flics, il y a deux raisons, le côté nihiliste, au final, vers où sous-tend notre société, le cynisme et la cruauté innocente des puissants, ce nihilisme qui nous attire et nous fait peur, une sorte de courage dévastateur qui ne prend plus en compte l’humain ( même si je m’acharne à démontrer que les flics sont des humains encore plus que les autres). La deuxième raison est bassement pratique, parce que pour mon final, il me fallait une demi-douzaine de personnages dans cette forêt, je voulais écrire une scène à la « Prédator » ( le 1) ou bien, Rambo (cela revient à ce fameux plaisir d’écriture), je sais que ce genre de final n’était pas nécessaire par rapport au sujet, mais tous les grands film ont des « finals » spectaculaires ( par exemple dans  » La nuit nous appartient »). Oui bon, pardon, mais je suis quand même tout à fait d’accord avec vous, et pour revenir à votre chronique, critique, ressenti, Waouhaou, merci, merci, j’en ai encore des frissons ! Je le redis, le message politique, mon enfance dans ces cités, le désespoir et la rage qui les imprègnent, plus visuel, physique, humain que social, vous l’avez lu, vu, décrypté, comme j’imagine, le message d’amour que cette histoire essaye de faire passer. Merci ! Job

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  4. Merci merci, et je comprends très bien, j’ai d’ailleurs beaucoup hésité, justement, sur une intrigue de filles poignardées, la nuit, très classique, et bon, j’aurai dû vous rencontrer à ce moment-là 🙂 ( pour de vrai, on pourrait parler des heures de la solitude de l’artisan), mais merci, tous ces retours critiques valent de l’or ! Bz

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