New York sera toujours là en janvier de Richard PRICE| 17 octobre 2019

Diplôme de lettres en poche, promotion 1971, Peter Keller apprend qu’il n’est pas admis à la fac de droit de Columbia. Issu d’une famille modeste de Yonkers, petite ville de l’État de New-York, le jeune homme, jusque-là la fierté de son père, pensait à tort que la vie allait lui dérouler le tapis rouge.

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Chronique  : L’énergie de  » New York sera toujours là en janvier  » est suffisante pour vous inciter à écrire votre propre mémoire de 5 000 mots sur les 18 à 20 premiers mois suivant l’obtention de votre diplôme d’études secondaires ou universitaires. Ce n’est pas une lecture confortable mais comme le punk rock,’New York sera toujours là en janvier’ vous met dans un endroit qui récupère le facteur de vitalité niché au plus profond des parties difficiles et inconfortables de notre vie, les parties que nous préférons ignorer, ou élider complètement. Surtout si on pense que quelqu’un d’autre allait y revenir.

L’étude de Price sur l’insécurité n’est en aucun cas aussi comique que la couverture arrière voudrait nous le faire croire. Il suit la classe de Peter Keller, diplômé de l’université de 1971, pendant environ 18 mois et joue comme un récit à la première personne de Hunter S Thompson qui rencontre Richard Yates dans une énigme intérieure de fiction. En particulier, il aborde le problème du passage à l’authenticité après avoir joué pour la foule pendant plus d’années que ce qui a été bon pour nous, une difficulté que la plupart d’entre nous ont à traverser plus d’une fois… C’est un concert très difficile pour tout le monde et l’expérience de Peter Keller est une mise en garde pour tous.

Keller fait son chemin dans le monde si mal que la plupart d’entre nous peuvent s’y identifier, évoquant les souvenirs d’une jeunesse paisible. Il essaie de délier les liens de la jeunesse, parce que pour un enfant du Bronx et de Yonkers, ils sont un horizon inépuisable de conformité qui apporte des vagues de dégoût de soi. Cependant, Keller a une bien meilleure excuse que la plupart d’entre nous. Il était très proche de sa mère quand il était enfant et elle est morte quand il avait neuf ans.

La réapparition de l’ombre de sa mère à des moments clés indique une profondeur chez Peter Keller que nous comprenons, voire admirons, non pas qu’il soit ce que l’on pourrait considérer comme un personnage sympathique, ou un héros, ou qu’il joue de quelque manière que ce soit avec sa profondeur. Comme la plupart des jeunes de 22 ans, il patine comme un fou pour rester à la surface face à des décisions qu’il sait qu’il lui en faut plus, beaucoup plus que la façade derrière laquelle il vit. C’est un enfant égocentrique qui n’a aucune idée de la façon dont il veut faire son chemin dans le monde. Tout ce qu’il lui reste à faire, ce sont quelques traces de quelque chose qui brûle en lui, sans réelle conviction qu’il peut localiser leur source avant qu’elles ne s’éteignent. Et peu d’entre nous obtiennent plus que ça.

Le roman est un chef-d’œuvre mineur écrit au début des années 1980 et se déroulant dans les années 1970 à New York. Price donne à ses lecteurs une vision inébranlable du monde de Keller, avec des adultes dysfonctionnels à chaque tournant. La jeune vision du monde blessée de Keller déforme tous les retours d’information, dont certains mériteraient d’être étudiés. Ahh, si seulement Keller (et nous) avions pu conjurer ce tour de magie au moment où on en avait le plus besoin.

Note : 9/10

 

  • Broché : 592 pages
  • Editeur : Presses de la Cité (17 octobre 2019)
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2258162009

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