Roma Aeterna (3 octobre 2019) de Robert SILVERBERG

Robert Silverberg illustre en tableaux successifs l’histoire fictive d’un Empire romain qui a connu bien des vicissitudes, des guerres et des crises politiques mais qui, depuis deux mille ans, n’a jamais cessé d’exister et de faire régner, avec quelques interludes sanglants, la Pax Romana. Le christianisme y est inconnu, car les Juifs n’ont pu quitter l’Égypte des pharaons. Quelques siècles plus tard, un envoyé spécial de l’empereur particulièrement perspicace liquide proprement un prophète d’Arabie avant qu’il ait eu le temps de fonder l’islam. Ainsi, l’Empire perdure, avec ses dieux auxquels personne ne croit plus. Une uchronie saisissante par celui qui a reçu le titre de Grand Maître de la science-fiction pour l’ensemble de son oeuvre.

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Chronique : Robert Silverberg, un nom exalté dans les milieux de la science-fiction, livre un Disneyland virtuel de spéculation et de spectacle basé sur le principe que l’Empire romain ne décline jamais et ne tombe jamais. Plus un recueil de nouvelles interreliées qu’un roman, ROMA ETERNA tisse adroitement une histoire alternative dans laquelle Moïse, Jésus et Mahomet sont tous mis à l’écart, de sorte que la montée des juifs, des chrétiens et des musulmans n’a jamais la chance d’empêcher l’expansion mondiale de Rome ; et il le fait d’une manière absolument crédible, et absolument exaltante.

Je crois que l’élément que beaucoup ont critiqué (le fait que les événements se produisent très lentement, et que l’Empire apparaît comme omniprésent, au point que les empereurs dont la vie a passé des millénaires sont encore admirés et rappelés par les Romains de la postérité), est précisément celui qui donne au livre un goût caractéristique et unique. Qu’importe que l’histoire que nous connaissons finisse par « se répéter » dans ce monde de Pax Romana, avec ses guerres contre les barbares, sa renaissance, sa découverte de l’Amérique, y compris la révolution française et soviétique…

Le fait est que, comme l’Empire romain ne disparaît jamais, la notion d’éternité et de permanence (et le sens de la nécessité historique) devient une condition sine qua non du monde décrit par Silverberg, et rend donc plausible cette lenteur du passage de l’histoire, ce regard perpétuel sur le passé qui est en même temps présent, car, sinon, comment pourrait-on parler de Rome éternelle ? Sans un autre « pouvoir universel » qui s’y oppose (lire le christianisme, l’islamisme ou la croyance de masse qui offre une véritable alternative à un monde impérial, à une pax romana éternelle), qu’est-ce qui pourrait entraver sa survie ?

Le livre offre plus que des rêves de grandeur (et de décadence), il nous montre exactement ce que nous avons pu connaître avec Pachacutec ou Tupac Inca Yupanqui, mais dont il n’y a aucun souvenir…

Note : 9,5/10

 

  • Poche : 535 pages
  • Collection : Science-fiction
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2253089885

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