Celle qui n’avait pas peur de cthulu

Résumé :

Qu’est-ce qui est vert, pèse 120 000 tonnes, pue la vase, n’a pas vu le ciel bleu depuis quarante siècles et s’apprête à dévaster le monde ?
Ingrid n’en a aucune idée.

Et elle s’en fout.

Autant dire que lorsque des hurluberlus lui annoncent qu’elle est le Centre du pentacle et que la résurrection de Cthulhu est proche, ça la laisse de marbre.

Jusqu’à ce que les entités cosmiques frappent à sa porte…

Chronique : ouvrir un livre de Karim Berrouka c’est la promesse d’une histoire déjantée, aux personnages hauts en couleurs et à l’humour omniprésent. L’auteur s’attaque aux grands mythes de la littérature fantastique pour mieux les déconstruire et les désacraliser. Après les fées et les zombies il s’attaque au mythe lovecraftien dans un récit en demi-teinte.

Le premier problème vient du personnage d’Ingrid, présenté comme une jeune branleuse je m’en foutiste dans les premiers chapitres, elle fait cependant preuve d’une bienveillance et d’une curiosité envers le bestiaire lovecraftien qui arrange bien l’intrigue. Ainsi cette jeune héroïne prometteuse se révèle au final bien fade, elle aurait pu faire preuve d’une gouaille à toute épreuve pour faire face aux profonds et autres bestioles tentaculaires mais ses répliques, bien qu’empreint d’un air bravache, restent souvent un peu plates.

Le rythme pose également problème. Lintrigue démarre rapidement avec des airs de thriller mais s’embourbe vite dans une routine paresseuse qui a bien du mal à nous captiver. À défaut de s’approprier le mythe de Lovecraft Berrouka en propose une relecture multi-référencé mais un peu bancal.

Toutefois j’ai apprécié la réflexion sur les religions et le final explosif avec un doigt d’honneur final au mythe de cthulu mais je regrette que le potentiel de l’œuvre ne soit jamais exploité.

Note : 6/10