Vivants de Isaac Marion

Résumé : R est un zombie. Il n’a pas de nom, pas de souvenirs, pas de pouls. Mais il rêve. Dans les ruines d’une ville dévastée, R rencontre Julie. Elle est vivante, palpitante. C’est un jaillissement de couleurs dans un camaïeu de gris. Et sans vraiment savoir pourquoi, R choisit de ne pas la tuer. C’est le début d’une étrange relation, à la fois tendre et dangereuse. Ce n’était jamais arrivé. R bafoue les règles des Vivants et des Morts. Il veut respirer de nouveau, il veut vivre, et Julie va l’aider. Mais leur monde ne se laissera pas transformer sans combattre. Une émouvante parabole sur notre époque et la nostalgie d’une vie pleine.

Chronique : Les zombies. Vous pensez avoir tout vu et tout lu sur cette mode littéraire et cinématographique ? Cet ouvrage paru en 2011 risque de vous faire changer d’avis.

Conter une histoire de monde post-apocalyptique envahi de mort-vivants teinté d’une romance originale est pour le moins un exercice délicat. Hors Isaac Marion s’en sort admirablement bien, les différents ingrédients de l’intrigue sont bien dosés.

Le style est fluide, traversé de fulgurance poétique, et parsemé de références à la culture pop, surtout aux Beatles en fait. En trois cents pages l’auteur parvient à créer un récit au cœur palpitant d’émotions.

Les personnages sont consistants, si vous me permettez l’expression, aussi bien les ceux qui ont encore une chaleur corporelle que ceux qui voient leurs chairs pourrir sur place. On a là une belle galerie de personnages, certes, une fois dépassé le concept de base, il n’y a pas vraiment d’originalité. Tous correspondent à un moule bien connu des amateurs de romance fantastique. On a donc deux héros, opposés à l’ordre établi dans chacun de leurs camps et les personnages secondaires sympathiques qui vont les épauler dans leur quête. Le schéma est connu mais reste bien traité.

La romance entre nos deux héros, qui pourrait peut-être en rebuter certains, est tissée avec finesse et une poésie discrète mais juste. La complicité entre R et Julie prend corps sous nos yeux et devient petit à petit le cœur vibrant du récit.

Derrière le ton léger du récit, la première partie est teintée d’un humour à froid très plaisant, l’auteur nous offre une critique sur le danger de l’homogénéité et ce que risque une société qui se focalise sur la survie en banissant la culture.

On pourra regretter une fin un peu précipitée et brouillonne mais qui garde intacte jusqu’à la fin le charme de cette fable de fin du monde.

À noter que le film a été adapté au cinéma en 2013 par Jonathan Levine, avec Nicolas Hoult (la série skins, mad max fury road) dans le rôle de R et Teresa Palmer (numéro quatre, tu ne tueras point) dans celui de Julie. L’adaptation est tout à fait correct, avec une fin plus orienté action, mais elle parvient à conserver tout le sel de cette romance hors-norme.

Éditeur Bragelonne
Date de publication 19 avril 2013
Langue Français
Longueur du livre 320
ISBN-10 2352946999