Les chiens de Détroit de Jérôme Loubry

Résumé : 2013, à Détroit. Cette ville qui a été la gloire de l’Amérique n’est plus qu’une ruine déserte, un cimetière de buildings.
Cette nuit-là, la jeune inspectrice Sarah Berkhamp mène le groupe d’intervention qui encercle une maison et donne l’assaut. Mais aucun besoin de violence, le suspect attend, assis à l’intérieur. Il a enlevé cinq enfants. Et il est sans doute le Géant de brume, le tueur insaisissable qui a laissé derrière lui sept petits corps, il y a quinze ans. Alors pourquoi supplie-t-il Sarah : « Aidez-moi… » ?
L’histoire s’ouvre donc avec l’arrestation du coupable. Et pourtant, elle ne fait que commencer. À Détroit, personne n’est innocent…

Chronique :Nouvelle sensation du polar français, Jérôme Loubry vient de signer l’un des succès de l’année 2019 avec les refuges. Il est temps pour moi de constater si cet auteur mérite toutes ses louanges en commençant par son premier roman : les chiens de Détroit.

Le récit commence sur un rythme effréné et avec une formule bien connue, on commence par la fin avant de revenir sur les événements antérieurs par le biais de chapitres flash back. Le rythme s’essouffle un peu lors des passages obligés où l’auteur nous présente les protagonistes principaux de son histoire.

Et c’est malheureusement là que se trouve la première faiblesse du roman, car malgré tous les efforts fournis par l’auteur pour nous intéresser à ses personnages d’inspecteurs torturés il ne parvient jamais à dépasser le statut de personnage de papier. La faute à des dialogues patauds et un style sans envergure.

Il en est de même pour sa description de la ville de Détroit. Je me faisais une joie de lire un récit dans cette ville en souffrance, véritable exemple de ce que le capitalisme peut produire de pire. Mais là encore malgré des efforts pour nous plonger dans l’atmosphère de cette ville en ruine la magie n’opère pas. Sa description de l’ancienne capitale de l’industrie automobile reste beaucoup trop scolaire pour être vraiment captivante. C’est bien simple je n’arrivais pas à m’enlever de la tête l’image d’un touriste français en goguette dans cette grande ville, ce qui dommage lorsque vous devez croire en l’histoire.

Des personnages transparents, une atmosphère trop académique pour être crédible, il ne restait plus que l’intrigue en elle-même pour sauver ce premier roman. Si, de manière générale, celle-ci tient debout on pourra regretter une fin précipitée et parsemée d’invraisemblance.

Avec ce premier roman l’auteur s’est appliqué à retranscrire la recette du parfait petit polar sans parvenir à imprégner son récit d’un style marquant et c’est fort dommage.

Note : 5/10

En aparté, pour tous ceux qui sont intéressés par l’histoire de la ville de Détroit et sa déliquescence, je partage ici le lien d’un jeune youtubeur français, Arthur genre, passionné par les U. S. A. et leur histoire: https://youtu.be/_0p5VMCaOSM

Éditeur Calmann-Lévy
Date de publication 11 octobre 2017
Langue Français
Longueur du livre 306
ISBN-10 2702161707