Les refuges de Jérôme Loubry (4 septembre 2019)

Résumé : Installée en Normandie depuis peu, Sandrine est priée d’aller vider la maison de sa grand-mère, une originale qui vivait seule sur une île minuscule, pas très loin de la côte.
Lorsqu’elle débarque sur cette île grise et froide, Sandrine découvre une poignée d’habitants âgés organisés en quasi autarcie. Tous décrivent sa grand-mère comme une personne charmante, loin de l’image que Sandrine en a.
Pourtant, l’atmosphère est étrange ici. En quelques heures, Sandrine se rend compte que les habitants cachent un secret. Quelque chose ou quelqu’un les terrifie. Mais alors pourquoi aucun d’entre eux ne quitte-t-il jamais l’île ?
Qu’est-il arrivé aux enfants du camp de vacances précipitamment fermé en 1949 ?
Qui était vraiment sa grand-mère ?
Sandrine sera retrouvée quelques jours plus tard, errant sur une plage du continent, ses vêtements couverts d’un sang qui n’est pas le sien…

Chronique : Phénomène polar de l’année 2019, prix cognac et encensé par la critique, Jérôme Loubry a les projecteurs braqués sur lui mais ces récits méritent-ils vraiment cette exposition ?

J’avais trouvé le premier polar de cet auteur trop scolaire pour être passionnant et trop pauvre en style pour m’intéresser. J’avais espoir qu’après trois romans et l’expérience aidant il est quelque peu développé son style mais après la lecture de ses refuges je me rends compte que c’était un vœu pieux.

Pourtant tout a commencé très bien, une héroïne banale mais attachante, un mystère épais que l’on va prendre plaisir à décortiquer et surtout une île à l’ambiance inquiétante. L’auteur parvient enfin à créer une atmosphère, on y croit, on y est avec Sandrine. On sent le malaise s’installer petit à petit et comme les clefs de l’énigme nous sont délivrées assez vite on s’attend à un énorme retournement de situation et c’est là que tout s’écroule.

Le récit prend une tout autre tournure, alors certes c’est inattendu mais cela n’explique pas la disparition totale de l’ambiance, de l’atmosphère. Certains trouveront peut-être que j’exagère avec mes envies d’ambiance mais pour moi c’est un critère indispensable à une bonne lecture. Hors parvenu à cette seconde partie du récit l’auteur retombe dans ses travers: style pataud, dialogues banals, personnages fades et intrigue poussive. On voit venir de très loin les twists secondaires tellement ils sont annoncés au marteau-piqueur. Et le diable est bien le seul à danser dans cette histoire.

La source d’inspiration de l’intrigue est clairement identifiable pour tous amateurs de polars qui se respecte. Mais sans la subtilité de l’œuvre originale on n’a droit qu’à une resaucé sans saveur. Je ne peux malheureusement pas citer l’œuvre en question ici sans gâcher la lecture de ceux qui voudront quand même se plonger dans ces refuges.

Ce qui me frustre le plus avec cet auteur c’est que je suis persuadé que s’il prenait le temps de peaufiner ses intrigues, de travailler ses dialogues et de donner un peu d’envergure à ses personnages il pourrait publier d’excellents polar plutôt que ces récits fades vite lu et vite oublié.

Note : 5/10

Éditeur Calmann-Lévy
Date de publication 4 septembre 2019
Langue Français
Longueur du livre 395
ISBN-10 2702166393