L’interview de Fabio M. Mitchelli pour la sortie de «L’ombre de l’autre »

Avec la parution prochaine du nouveau livre de Fabio M. Mitchelli » L’ombre de l’autre « chez La Bête Noire de chez Robert Laffont prévu pour le 1er semestre 2020 , voici l’interview d’un auteur hors norme.

  • Pouvez-vous me décrire en quelques mots votre parcours ?

Mon parcours est celui d’un enfant qui a grandi avec des bouquins plein les mains et des films plein la tête. Adolescent, déjà, j’étais passionné de littérature noire et fantastique. Edgar Alan Poe fut pour moi mon moteur à explosion. Le cinéma m’a beaucoup influencé, tel que celui de David Lynch, ou encore Hitchcock… Dès mes quinze ans, je me suis mis à imaginer de terribles histoires, puis à les écrire, des histoires avec des personnages tourmentés, dans une vie qui ressemble, malheureusement, à celle que l’on connaît aujourd’hui. Et puis j’ai découvert la plume de King, la collection Gore de chez Fleuve Noir, Grangé, Lovecraft, Thomas Harris et son Hannibal Lecter, Philippe K.Dick et Maurice G.Dantec. Evidemment, je n’étais pas complètement hermétique à la littérature de Baudelaire, Sartre, ou Camus. Et j’ai même trouvé cela plutôt amusant de mélanger le noir et le blanc…

  • Comment vous est venu l’envie d’écrire ? A quelle période ?

Une prof de Français s’est interessé à mon goût prononcé pour les poèmes noirs. Je devais avoir 13 ans. Puis, peu à peu, elle a senti en moi grandir le goût pour la langue et la rédaction. Un beau jour, elle m’a alors conseillé de lire les Nouvelles extraordinaires d’Edgar Allan Poe, et plus particulièrement « Double assassinat dans la rue Morgue ». Ce fut pour moi le big bang littéraire…

  • Quelles étaient vos lectures de votre enfance ?
  • (Réponse dans la réponse 1?)
  • Quel est votre ‘modus operandi’ d’écriture ? (Votre rythme de travail ?)

 Passionné par l’histoire des grands criminels du XXeme siècle, américains et français, je fouille constamment leur histoire, leur vie. Je cherche parfois à comprendre pourquoi ils en sont arrivés là. L’idée d’écrire un nouveau roman germe alors en moi dès lors que je suis touché par un sujet de société dans lequel se retrouve impliqué (directement ou indirectement) l’un de ces individus. Je me plonge alors dans une longue et fastidieuse phase de documentation, de recherches. Ensuite je construis ma trame, je donne vie à mes personnages et leur attribue à chacun une fonction clé, ou pas. Puis l’écriture me porte, et l’imaginaire qui se nourrit aussi de la réalité fait le reste…

Lorsque je suis en phase d’écriture, je travaille sans relâche, plutôt du soir au matin (parfois tôt !), mais en général, une semaine sur deux je me lève tôt pour attaquer l’écriture, de 8h30 à 14h00, pour reprendre à 16h00 jusqu’à 21h00.

En fait, considérant que tous mes romans sont inspirés de faits réels, je donne vie à un nouveau livre lorsque je me déplace pour rencontrer les acteurs principaux de l’affaire sur laquelle je vais travailler. Pour l’aspect réel, comme un journaliste qui se documente, qui fait des recherches sur les protagonistes d’une affaire criminelle, sur ses aspects sociaux, juridiques, psychologiques, médicaux même, je vais rencontrer les magistrats, les policiers, témoins, psychanalystes, ou encore des proches des victimes ou des criminels, ceci afin de récolter la matière qui va me servir à l’écriture. Je travaille aussi essentiellement sur des bases de données journalistiques déjà existantes concernant les faits (documentaires vidéos, reportages presse, média divers, etc.).   Je mène mes investigations à la manière d’un enquêteur qui exhume les cold cases, traque les informations cachées ou laissées en suspens… Pour l’aspect fiction, comme un écrivain qui sollicite son imagination, je plonge dans les limbes de mon imaginaire. Comme un comédien qui se met dans la peau de son personnage, j’essaie de me mettre dans la peau de ceux de mes romans. Mais je soigne ma schizophrénie… Après tout cela, je construis un séquencier, une sorte de scénario de l’histoire, un texte synthétique qui va architecturer la trame. Enfin, la phase d’écriture et celle des corrections vient parachever une année entière de travail.

  • Connaissez-vous déjà la fin du livre au départ ou laissez vous évoluer vos personnages ?)

Tout est établi par avance, dès lors que débute le process du séquencier, le destin de mes personnages est scellé. Mais il peut arriver parfois qu’un malheureux personnage, destiné à mourir dans le roman, soit grâcié comme par magie par la toute puissance de son créateur. C’est c’est toute puissance, ce pouvoir de décision sur la vie, la mort, le destin de nos personnages, qui est fascinant dans la magie de l’écriture…

  • Quelle est la genèse de votre dernier roman « Apocalypse Transferts »?

Pour Apocalypse Transferts, je me suis inspiré d’un drame qui s’est déroulé à Grenoble en 2012, mais aussi de l’environnement social, virtuel et technologique dans lequel grandissent nos adolescents. Le roman survole le thème de l’éducation, de la banalisation et la surenchère de la violence à la télévision, au cinéma ou dans les médias, le rapport des adolescents aux réseaux sociaux et aux jeux vidéos ultra violents, les conséquences qui en découlent ou pas.

  • Il y a-t-il des personnages qui existent vraiment, dont vous vous êtes inspiré ?

Oui, dans Apocalypse Transferts, Kevin et Sofiane, mais simplement pour l’hommage, et la similitude à la vie de quartier, comme Kevin et Sofiane du roman. Quant à mes précédents romans, la plupart des criminels ont existé, ou existent toujours…

  • Le parcours a t-il été long et difficile entre l’écriture de votre livre et sa parution ?

On ne peut pas vraiment parler de difficulté. Après l’écriture, il y a un long travail de relectures et de corrections, mais cela fait partie du jeu. On ne peut se permettre de laisser passer des incohérences ou des propos bancals lorsque l’on s’inspire de faits réels. Me concernant, je trouve cela plutôt agréable de pouvoir rentrer dans la matrice de son propre roman, le décrypter, le construire, tout cela en collaboration avec mes éditeurs et éditrices. Je pense que c’est une chance de pouvoir travailler avec de grands professionnels de l’édition. On en sort grandi, transformé, assagi et rassuré…

  • Avez-vous reçu des remarques surprenantes, marquantes de la part de lecteurs ?

Toutes les remarques, critiques ou félicitations de la part de lecteurs restent surprenantes ou marquantes, qu’elles soient positives ou négatives. Encore une fois, c’est la règle du jeu. Lorsque le roman part rejoindre les étals des librairies, il n’appartient plus à l’auteur, mais bel et bien au lecteur. Et il est tout à fait légitime que ce dernier exprime ses émotions, ses sentiments vis à vis du récit dans lequel il s’est immergé.

  • Avez vous d’autres passions en dehors de l’écriture (Musique, peinture, cinéma…) A part votre métier, votre carrière d’écrivain, avez vous une autre facette cachée ?

Oui, je suis aussi intermittent du spectacle, comédien à mes heures perdues. J’incarne le personnage de Jack Sparrow et je propose des prestations pour des particuliers, établissements privés ou publics, événements divers, etc… cela me permet d’ouvrir une soupape de sécurité, de plonger vers la lumière, de me détendre, et surtout d’évoluer dans un univers différent. Travailler toute l’année sur de biens sombres affaires criminelles peut parfois avoir des conséquences sur son quotidien…

  • Quels sont vos projets ?

Vaste question. Ils sont nombreux et variés. Mais sur le plan littéraire, je ne peux rien dévoiler pour le moment, seulement que ma collaboration avec la collection La Bête Noire, chez Robert Laffont, et France Loisirs continue pour mon plus grand plaisir. Et celui des lecteurs, je l’espère…

  • Quels sont vos coups de cœur littéraires ?

Pour être franc, ils ne datent pas d’hier. J’ai de plus en plus de mal à trouver le temps nécéssaire pour lire, mais ces dernières années jai eu trois gros coups de coeur; le premier c’était en 2012, un roman de Regis Jauffret: Claustria. Le second, c’est en 2015, un roman de Heloïse Guay de Bellissen: Les enfants de choeur de l’Amérique. Pour finir, le troisième est encore un ouvrage de la romancière De Bellissen; qui est un roman paru en 2013, mais que j’ai lu en 2019, et qui s’intitule: Le roman de Boddah…

  • Utilisez vous une bande son pour écrire? A moins que le silence suffise ?

Toujours en musique, d’ailleurs, depuis « La compassion du diable », j’ai pour habitude d’habiller la trame de mes romans d’une playlist musicale. Les titres viennent illustrer parfois l’humeur de tel ou tel personnage, un paysage, une réflexion, une narration. Pour moi, à l’instar d’un film, la musique est indissociable à la création littéraire, quel que soit le genre. Elle vient insuffler une énergie puissante et elle permet à la plume d’être plus prolixe, elle est le moteur de nos émotions, la musique est un fossoyeur, elle vient creuser notre mémoire pour y déterrer nos souvenirs les plus anciens… qu’elle soit anxiogène, triste, lugubre ou gaie, la musique permet de s’immerger dans l’oeuvre, que l’on soit le créateur ou le spectateur…

  • Avez-vous un site internet, blog, réseaux sociaux où vos lecteurs peuvent vous laisser des messages ?

Pour les réseaux sociaux, comme beaucoup, un profil Facebook, Instagram, et Twitter.

Insta: fabiommitchelli

Twitter: FabioMMitchelli
Facebook (page officielle)
https://www.facebook.com/Dossier.de.presse/
Et pour ceux qui aiment le Captain Jack, voici la page Facebook:
https://www.facebook.com/sosie.show/

L’image contient peut-être : 1 personne, chapeau et gros plan, texte qui dit ’CDP73’

 

 

 

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