L’année du rat de Régis Descott

Résumé : Paris – Nouvel an chinois – Le lieutenant Chim de la BRT (Brigade de Recherche et de Traque) est envoyé sur une scène de crime dans la campagne normande. Un fermier et sa famille ont été assassinés avec une sauvagerie inouïe. Les prélèvements effectués laissent songeurs : tueurs multiples, probablement des fugitifs qui auraient peut-être agi sous l’influence d’une nouvelle drogue.
Mais le laboratoire d’analyse révèle des résultats autrement plus inquiétants qui vont entraîner Chim dans le monde troublant de la recherche génétique de pointe. Premier théâtre de son enquête : le laboratoire qui fabrique le célèbre « Jouv X », produit miracle qui promet la jeunesse éternelle. De Paris à la Scandinavie, des tours de la Défense aux fonds marins de la Manche, Chim va mener une enquête redoutable et périlleuse pour remonter la piste des tueurs. Jusqu’à ce qu’il découvre l’horreur suprême, diabolique, qui menacera son intégrité mentale et la survie de l’humanité.

Chronique : Régis Descott signe avec cet ouvrage un récit redoutablement efficace dans un décor cyberpunk plutôt bien planté.

L’auteur a voulu s’éloigner de l’univers des polars psychologiques qu’il commence à bien connaître. L’univers cyberpunk auquel il se frotte pour cette nouvelle intrigue est classique. On retrouve la multinationale toute-puissante, une société déshumanisée et une police militarisée qui n’est plus vraiment au service du citoyen. Le manque d’originalité dans la peinture de ce monde désolant ne l’empêche pas d’être diablement efficace et crédible. Les détails disséminés par l’auteur tout au long du récit contribuent à enrichir ce Paris du futur dans lequel bien peu voudraient vivre.

L’intrigue en elle-même est très classique également et respecte les codes du thriller d’anticipation. Cependant là encore l’auteur démontre une grande maîtrise dans la gestion de son intrigue. On suit le traqueur Chim’ dans ses pérégrinations pour faire toute la lumière sur cette enquête et chaque étape de ses mésaventures est une raison supplémentaire de poursuivre la lecture.

Le personnage de Chim’ obéit lui aussi à un schéma très classique du vieux loup solitaire incorruptible. Il est le personnage idéal pour nous guider dans ce monde corrompu par la promesse d’une jeunesse éternelle. Il représente le dernier rempart face au cynisme d’une société qui a abandonné tous ses idéaux.

Malheureusement le récit est gâché par un final précipité et invraisemblable. Sans dévoiler d’éléments de l’intrigue, le comportement d’un personnage clé de l’histoire ne correspond absolument pas à son caractère tel qu’il est décrit tout au long du récit. Cela n’enlève rien à la qualité générale de l’œuvre qui aurait pu être supérieure si un plus grand soin avait été apporté à ce final, mais en l’état Régis Descott signe une aventure captivante dans un univers sombre qui rappellera les meilleurs films de science-fiction aux amateurs du genre.

Note : 7/10

Date de publication : 9 mars 2011
Éditeur : JC Lattès
Langue : Français

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