Sur un mauvais adieu de Michael Connelly

Résumé : À présent inspecteur de réserve au San Fernando Police Department, Harry Bosch est un jour contacté par un magnat de l’industrie aéronautique qui, sentant sa mort approcher, souhaite savoir s’il a un héritier. Dans sa jeunesse, le vieil homme a dû quitter sa petite amie sous la pression de sa famille. Aurait-elle eu un enfant de lui ? Cette question n’étant pas du goût du conseil d’administration avide de se partager le gâteau, Bosch est vite menacé. Pour corser le tout, ses collègues du commissariat ne parviennent pas à mettre la main sur un violeur en série particulièrement redoutable…

Chronique: Depuis plus de vingt-cinq ans Michael Connelly est l’un des maîtres du polar américain avec son personnage de Harry Bosch. Après vingt-deux volumes consacrés à ce héros emblématique du monde du polar, la formule de Connelly est rodée, et ce tome ne change absolument rien à la donne.

J’ai toujours été happé par le style procédural de Connelly, j’aime sa manière obsessionnelle de détailler les différentes étapes d’une enquête. J’apprécie également sa manière de nous présenter Los Angeles et sa région à la manière d’un guide de voyage glauque. Sous sa plume à la précision chirurgicale c’est toute l’ étendue et l’histoire de la cité des anges qu’il ausculte. Les incisions qu’il pratique mettent à nu les dérives et les pages sombres de l’histoire de la ville. Un style dépourvu de romantisme ou de lyrisme et c’est là le principal reproche que l’on fait à l’auteur. Pourtant ce style s’accorde parfaitement à la mégalopole californienne , sa géographie tentaculaire et son taux de criminalité effrayant.

Ce n’est pas une mais deux enquêtes auquel nous avons droit dans ce tome. L’auteur prend le risque que l’une des enquête empiète sur l’autre. Ce n’est pas le cas ici, Connelly parvient à maintenir un équilibre entre l’enquête sur le violeur en série et la quête d’un héritier potentiel. Cependant j’ai trouvé que la recherche privée de Bosch était un peu trop facile. Les pistes se déroulent sous les pieds de notre enquêteur chevronné un peu trop aisément à mon avis vu les maigres indices dont ils disposent à la base. Notamment le passage sur le chicano wall qui m’a fait lever les yeux au ciel tant les indices tombent sous les yeux de Bosch trop facilement. C’est d’autant plus dommage que c’est cette enquête qui recelait le plus de potentiel au départ. Connelly remonte un peu le niveau à la fin avec un twist scénaristique que personnellement je n’avais pas vu venir.

La seconde enquête est plus classique. On retrouve l’aspect minutieux et procédural de Bosch. Tout lecteur assidu des enquêtes du plus actif des retraités du LAPD pourra deviner assez rapidement l’identité du coupable, ou tout du moins son statut social car Connelly n’a pas dévié de sa formule gagnante en ce qui concerne l’identité des coupables. Une formule répétitive mais toujours aussi plaisante et réconfortante pour les lecteurs qui recherchent une lecture distrayante.

À noter que l’auteur apporte une touche d’émotion à son récit à travers des anecdotes véridiques sur la guerre du Vietnam. Anecdotes émouvantes pour l’une tandis que la suivante nous rappelle à quel point la guerre peut marquer un homme.

Avec cette énième enquête d’Harry Bosch, Michael Connelly n’a plus à rien à prouver en ce qui concerne ses talents de conteur de crimes mais il serait peut-être bon d’insuffler un peu d’originalité dans l’univers très uniforme de Bosch.

Note: 7/10

  • Broché : 450 pages
  • Editeur : Calmann-Lévy (28 mars 2018)
  • Collection : Harry Bosch (22)
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2702156525

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