Vampires sur Netflix : que vaut la série française dans la veine de Grave ?

Vampires est la nouvelle série française originale de la plateforme américaine, qui revisite une nouvelle fois le mythe du suceur de sang. Cette énième série de vampires vaut-elle le coup d’œil ?

DE QUOI ÇA PARLE ?

Les Vampires existent. Ici, parmi nous. Aujourd’hui dans Paris, la famille de Martha Radescu vit clandestinement. Mais lorsque Doïna, 16 ans, se révèle vampire d’un nouveau genre, leur équilibre fragile explose. Mi-humaine mi-vampire, Doïna apprend à vivre avec sa double nature.

Disponible en intégralité sur Netflix à partir du 20 mars. 6 épisodes vus sur 6.

ÇA RESSEMBLE À QUOI ?
Vampires saison 1 Bande-annonce VF

C’EST AVEC QUI ?

Au casting de cette nouvelle série de vampires, on retrouve aussi bien du sang neuf que des comédiens confirmés. La jeune actrice Oulaya Amamra, découverte dans Divines et revue depuis dans Le Monde est à toi, est l’héroïne de cette histoire sanglante en plein cœur de Paris. L’interprète de cette « vamp » en devenir est épaulée par Suzanne Clément, qui incarne la matriarche de la famille Radescu. Au reste de cette tribu marginale, on retrouve Mounir Amamra (Le Monde est à toi), Pierre Lottin (Les Tuche) et Juliette Cardinski (Les Grands). Face à eux, des vampires qui vivent dans l’opulence et qui respectent une certaine loi, dont Kate Moran et Aliocha Schneider, frère de Niels Schneider qu’on verra bientôt dans Pompei avec Garance Marillier. Enfin, Dylan Robert, meilleur espoir masculin aux César 2018 pour Shéhérazade, complète le casting.

ÇA VAUT LE COUP D’ŒIL ?

Librement adaptée du roman éponyme inachevé et publié à titre posthume de Thierry Jonquet, Vampires est une série créée par Benjamin Dupas (Vernon Subutex, Dix pour cent) et Isaure Pisani-Ferry (Platane), en collaboration avec Anne Cissé. Cette nouvelle production française pour la plateforme américaine se lance le défi de dépoussiérer le genre de la série de vampires. Après un âge d’or dans la pop culture dans les années 1990 et au début des années 2000 puis un passage à vide, la créature vampirique semble intéresser de nouveau puisque Netflix a mis en ligne il y a quelques mois deux séries sur ce thème : V Wars avec Ian Somerhalder et Dracula de Steven Moffat et Mark Gatiss. Alors avions-nous vraiment besoin d’une nouvelle série de vampires ? La réponse est oui.

Premièrement parce qu’on nous propose enfin une héroïne vampire dans un genre qui a souvent présenté un personnage principal féminin humain tombant amoureuse d’un vampire irrésistible. Cette fois, l’hyper sexualisation et le côté prédateur de la figure du vampire ne sont pas abordés en premier plan.  L’immortalité et le goût du sang de Doïna (Oulaya Amamra) est un prétexte pour explorer sa construction identitaire et familiale et son évolution organique lui permet de découvrir sa véritable nature : un être hybride mi-humain mi-vampire. En se rebellant contre sa mère Martha (Suzanne Clément) et en se laissant aller à ses pulsions, Doïna va couper le cordon et accepter sa condition afin d’être libre et en paix avec elle-même. La figure du vampire a toujours permis d’explorer le passage de l’adolescence à l’âge adulte et c’est le cas dans Vampires mais d’une manière plus réfléchie qui fait penser à la culte Buffy.

On apprécie également la sobriété apportée à la représentation des vampires humanisés, sans effets spéciaux et fausses canines. Fait assez rare qui mérite d’être souligné, la capitale n’est pas représentée comme une carte postale comme dans Plan Cœur. Vampires n’hésite pas à filmer Paris dans sa noirceur mais aussi dans sa lumière en baladant le spectateur dans un Belleville tantôt vivant et chaleureux, tantôt dangereux et violent. Il en est de même pour ses personnages avec deux types de représentation : d’un côté La Communauté à la vie luxueuse et paradoxalement lumineuse et de l’autre la famille Radescu, des réfugiés, des marginaux qui se cachent dans l’obscurité. La figure vampirique est autant représentée dans ce qu’elle a de plus beau que dans ce qu’elle a de plus laid et est très souvent rapprochée de ce qu’est la nature humaine.

Vampires réussit son pari de dépoussiérer le genre en ayant trouvé un équilibre entre modernité et retour aux sources. Respectueuse pour ses références culte, entre la série Buffy, Dracula de Francis Ford Coppola, Aux frontières de l’aube de Katheryn Bigelow, cette nouvelle production française pour Netflix bénéficie aussi d’une esthétique gothique et sanglante à l’image de Grave de Julia Ducournau ou de l’univers de Dario Argento pour certaines scènes. La première saison se terminant sur un gros cliffhanger, on espère que la plateforme américaine accordera une deuxième saison à Vampires, une belle série française sincère, appliquée et ambitieuse dans la continuité de Marianne et Mortel.

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