Tales from the Loop : que vaut l’étonnante série de science-fiction d’Amazon Prime ?

Adaptée des peintures d’un artiste suédois, Simon Stålenhag, la série de science-fiction « Tales from the Loop » débarque sur la plateforme d’Amazon Prime ce 3 avril.

DE QUOI ÇA PARLE ?

Un petit village de l’Ohio se trouve à proximité d’une machine nommée « The Loop » (« La Boucle »), dont la fonction est de résoudre et d’explorer les plus grands mystères de l’univers. Un récit fantastique, profond et poignant sur la condition humaine…

Tales from the Loop, créé et écrit par Nathaniel Halpern, avec Jonathan Pryce, Rebecca Hall, Paul Schneider…

Disponible en intégralité sur Amazon Prime. Épisodes vus : 3

À QUOI ÇA RESSEMBLE ?
Tales From The Loop - saison 1 Bande-annonce VO

C’EST AVEC QUI ?

C’est son visage que l’on aperçoit dès les premières secondes de la série. Jonathan Pryce incarne, dans Tales from the Loop, le rôle de Russ Willard, le directeur du centre de physique experimentale qui fascine la ville de Mercer. L’acteur, dernièrement nommé aux Oscars pour son interprétation dans Les deux Papes, tient un personnage mineur mais important. Sous les traits de sa belle-fille, Loretta, on retrouve Rebecca Hall, star de Vicky Cristina Barcelona et du film de Christopher Nolan, Le Prestige. Paul Schneider, apparu dans Café Society de Woody Allen et la série Channel Zero, joue, quant à lui, George Willard, son mari et le fils de Russ Willard. À leurs côtés, on suit également le jeune Duncan Joiner (Histoires fantastiques, Camping) dans le rôle du fils, Cole, mais aussi Ato Essandoh (Jason Bourne, X-Men : Dark Phoenix), Jane Alexander (Kramer contre Kramer) et Daniel Zolghadri (Eight Grade, Alex Strangelove).

ÇA VAUT LE COUP D’ŒIL ?

Avant d’être une série, Tales from the Loop est le nom d’un livre, sorti en 2014, regroupant les illustrations de l’artiste suédois Simon Stålenhag. Trois ans plus tard, le recueil est devenu un jeu de rôle grâce à une campagne de financement participatif lancée en 2016. Le concept était simple : incarner des jeunes adolescents dans les années 80, où passé et futur s’entremêlent suite à l’installation de la Boucle, un accélérateur de particules, placé sous la ville. Pour l’adaptation télévisée, c’est le créateur Nathaniel Halpern, scénariste sur la série Legion, qui signe ici la trame des huit épisodes.

Il est entouré de Matt Reeves, qui officie en tant que producteur, et d’une poignée de cinéastes talentueux. Parmi eux, le trop rare Mark Romanek, réalisateur du premier épisode. Si son nom ne vous dit rien, vous avez très certainement déjà vu ses clips vidéos, puisqu’il a travaillé pour les plus grands, de Madonna à Jay-Z. Au cinéma, on lui doit deux longs-métrages : l’excellent et peu cité Photo obsession avec Robin Williams et Never Let Me Go, avec Keira Knightley. Le huitième et dernier épisode de la série est, quant à lui, mis en boîte par Jodie Foster.

Une série inattendue et audacieuse

Si les premières images de Tales from the Loop ont pu vous rappeler l’ambiance de Stranger Things, la série est en réalité aux antipodes du phénomène de Netflix. Il y est, bien sûr, question de science-fiction mais Nathaniel Halpern choisit plutôt de miser sur la mélancolie, la douceur et l’aspect dramatique en s’intéressant à un personnage différent à chaque épisode. Au fil de cette série semi-anthologique, le téléspectateur découvre le point de vue d’un protagoniste et la façon dont sa vie va être bouleversée par la Boucle. Les intrigues fonctionnent grâce à une belle écriture et une approche très humaine. Un parti pris risqué, donc louable, qui ne satisfera pas tous les fans du genre.

Jan Thijs

Le rythme y est plutôt lent, avec des moments très contemplatifs, à mille lieux des séquences d’actions impressionnantes vues et revues dans d’autres programmes de ce style. Tales from the Loop a tout d’un film indépendant, avec son image pure, léchée, et sa superbe bande son signée par Philip Glass pour le premier épisode (Paul Leonard-Morgan compose la musique des huit autres, NDLR). Autre élément intéressant : le paysage rural de la série rencontre souvent des éléments de décors futuristes, comme des structures ou des robots, placés subtilement en arrière-plan. Une manière ingénieuse de mêler le réalisme au fantastique.

En apportant un nouveau regard sur la science-fiction, Tales from the Loop réussit totalement son pari. On sort bouleversé par ces différentes intrigues. Certaines peuvent même rappeler La Quatrième dimension puisque la série préserve le mystère et aborde des sujets comme le voyage dans le temps ou encore les réalités parallèles, toujours en évitant au maximum les scènes explicatives – souvent lourdes à digérer. Il est aussi question de deuil, de solitude et d’enfance, sans jamais tomber dans le pathos grâce à une bonne direction d’acteurs. Tales from the Loop choisit de jouer la carte de l’émotion plutôt que du grand spectacle. Une partie du public s’y retrouvera, une autre beaucoup moins, mais la proposition et la qualité de la série ont le mérite de se démarquer des autres fictions du moment.

3 réflexions sur “Tales from the Loop : que vaut l’étonnante série de science-fiction d’Amazon Prime ?

  1. Pingback: Tales from the Loop, Nathaniel Halpern – Pamolico, critiques romans et cinéma

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