Ozark la perle noire de Netflix

Ozark est une série qui, bizarrement, ne fais pas tellement parler d’elle. Elle ne suscite pas le même engouement que la casa de papel et n’est pas vraiment mise en avant par la plateforme. Pourtant cela fait maintenant trois saisons que la série de Bill Dubuque et Mark Williams répand sa noirceur dans les eaux calmes des lacs des Monts Ozark.

Souvent comparée à breaking bad, la série a su pourtant imprimer sa marque et si elle traite de thèmes communs elle s’en éloigne dans sa manière de les exposer. Techniquement aussi les showrunners ont pris le contrepied de leur modèle. Breaking bad baignait dans la chaude lumière du Nouveau-Mexique ? Pour Ozark ce sera une ambiance bleu gris et un paysage dominé par la nature.

Là où breaking bad mettait l’accent sur la métamorphose progressive d’un personnage principal, à savoir Walter White, Ozark embarque toute une famille dans une lente descente aux enfers. Si Marty Byrde, brillamment interprété par Jason Bateman, occupe le rôle titre, la série met en avant beaucoup d’autres personnages, à commencer par sa femme wendy, dont le rôle est tenu par la merveilleuse Laura Linney, qui va se révéler au fil des épisodes aussi impitoyable que déterminée. Le reste du casting est à l’avenant de ces têtes d’affiche et offre de beaux jeux d’acteurs.

Tout va bien on te dit papa va tout régler

Avec des épisodes qui atteignent souvent les soixante minutes on pourrait se méprendre et croire que les scénaristes usent de remplissage pour l’écriture mais il n’en ait rien. Le scénario de la série est dense et complexe et mérite d’être exposé clairement pour ne pas perdre le spectateur. De plus la psychologie des personnages est un moteur essentiel à la qualité de la série. La durée des épisodes et le rythme de ceux-ci sont donc justifiés lorsqu’on prend en compte la finesse de l’écriture.

Cette troisième saison a l’avantage de ne pas avoir à poser les enjeux et peut entrer directement dans le vif du sujet. La famille Byrde joue toujours un jeu aussi serré, entre cartels de drogue, enquête du FBI et voisins haineux. Les relations entre les différents personnages atteignent leur paroxysme alors que l’étau se resserre petit à petit autour de Marty Byrde et de ses proches.

Elle ne parvient pas cependant à éviter quelques écueils, notamment avec l’arrivée inopinée du frère de Wendy, Ben, interprété par Tom Pelphrey. Si ce dernier, avec ses faux airs de Keanu Reeves, offre une composition saisissante et permet de mettre en lumière une pathologie méconnue, à savoir la bipolarité, son écriture souffre d’une précipitation inédite dans une série qui prend d’habitude son temps pour poser ses intrigues. Son role central aura des répercussions irrémédiables sur le destin de plusieurs personnages mais ses relations avec certains d’entre eux et surtout leur intensité soudaine paraît artificiel et semblent avoir été écrit pour faire apparaître encore plus de tensions dans le clan Byrde.

Appelle moi encore une fois John Wick et je vais me fâcher très très fort

Ozark est une série qui parle des pièges que l’on se tend à soi-même et qui ont des conséquences irréversibles sur les gens que l’on aime. Le thème de l’aveuglement et de la fuite en avant y sont aussi débattus. Ozark est un collet posé sur un lapin qui n’a pas encore senti le piège se refermer sur lui. C’est, à ce jour, l’une des perles de Netflix à visionner de toute urgence.

C’est moi ou ça commence à craindre sévère ?

Depuis 2017 / 52min / Drame, Thriller
Nationalité U.S.A.

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