Stalk : le Mr. Robot à la française ?

Après Skam et Mental, la dernière série de France tv Slash traite du cyber-harcèlement.

Lucas (Théo Hernandez) est un étudiant à l’ENSI, l’une des plus prestigieuses écoles d’ingénieurs en informatique de France. En première année, il subit des humiliations lors de week-end d’intégration (WEI) et devient la risée du campus. Problème : Lucas est un génie de l’informatique, un codeur fortement porté sur le hacking et décide de se venger de ses camarades en piratant leurs téléphones et ordinateurs et devenir un « stalkeur ».

Stalk est la nouvelle production de France TV Slash après Skam et Mental. Le positionnement de la série est plus violent, destiné aux jeunes adultes plutôt qu’aux adolescents. Car Stalk traite des thématiques du harcèlement numérique sans trop de concessions. Lucas (dit Lux) est consumé par l’esprit de vengeance et se rend vite compte du pouvoir que son génie lui confère sur les autres élèves de l’école. Il se rendra vite compte qu’avoir accès à l’intimité de tous a un prix et que tout le monde a un secret derrière l’identité numérique policée via les plateformes comme Facebook ou Instagram.

Première surprise, la série est soucieuse des considérations techniques de son récit : le hacker n’est pas un dieu tout puissant, mais un agent qui utilise aussi bien ses compétences informatiques et sociales pour atteindre sa proie. Lucas nous parle en voix off, ce qui d’emblée peut sembler être une facilité d’écriture, mais qui dans le contexte, permet au spectateur d’avoir une porte d’entrée didactique vers les différentes techniques de piratage. On pense forcément à Mr. Robot, qui nous mettait aussi dans la tête de Elliot Alderson, dans un contexte cependant bien plus névrosé.

Tout comme cette dernière, Stalk ne lésine donc pas sur la technique et parlera aux initiés. Mais contrairement à Mr. Robot dont les phases de hacking ne faisaient aucune concession sur le réalisme, Stalk a ses limites avec quelques libertés qui autorisent ce piratage massif : personne ne semble avoir d’antivirus, ou de notification d’accès à leur caméra et visiblement aucun étudiant en informatique n’a de protection anti-phishing. Cela n’enlève rien à la crédibilité de la série, mais les plus pointilleux plisseront des yeux.

Via cet effort didactique, Stalk nous parle plus largement de surveillance et de harcèlement. Lucas est un antihéros, qui aura parfois l’hubris de se considérer intouchable. Il devra faire des choix entre la femme qu’il aime (Alma, jouée par Carmen Kassovitz, la fille de Matthieu qui fait ses débuts ici) et sa quête de popularité. La série parle aussi de cette schizophrénie qu’est la quête constante de validation sur les réseaux sociaux, qui peuvent nous amener à jongler entre différentes personnalités.

La série a aussi remporté la meilleure réalisation pour Simon Bouisson, qui est aussi à l’écriture. On sent un véritable effort visuel avec une photographie travaillée pour distiller une atmosphère de tension palpable alors que la chaleur des néons est celle de la fête, transgressive où tout peut arriver. On pense Millenium et The Social Network de David Fincher, des références qui vont jusqu’à la bande originale fortement inspirée du travail de Trent Reznor et Atticus Ross, oscillant entre l’electro lanscinant à la techno de club.

Stalk est donc une très bonne surprise, une fiction actuelle qui traite de manière crue et sans clichés de thématiques actuelles de cyber surveillance. La série bénéficie aussi de son format 10×20 min avec un fort potentiel de binge watching. Un format qui peut lui faire défaut, car empêchant de creuser certaines intrigues ou personnages mais qui a le mérite de ne laisser aucun temps mort. Avec son suspense parfois haletant et une certaine intelligence dans son écriture, on ne peut que vous conseiller de vous laisser stalker. Sinon, mettez donc un bout de scotch sur votre webcam.

Note : ★★★★☆

Pour regarder l’intégralité des épisodes de Stalk, c’est sur France TV Slash.

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