Defending Jacob : le thriller haut de gamme par Apple TV+

Chris Evans défend son fils accusé de meurtre dans cette mini-série Apple.

Le pitch

Procureur adjoint d’une petite ville du Massachusetts, Andy Barber est confronté à un terrible dilemme lorsque son propre fils de 14 ans est accusé du meurtre d’un camarade de classe. Alors qu’il tente d’innocenter son garçon, le procureur découvre certains secrets, qui sèment le doute. Acculé, quel choix fera-t-il face à cet insoluble dilemme entre son devoir de défendre la justice et son amour inconditionnel pour son enfant ?

La critique

Les débuts de Defending Jacob sont encourageants, même si déjà vus : la série traverse tous les passages obligés du polar et ses scènes clés depuis la découverte du corps jusqu’aux scènes les plus procédurales. Chris Evans est réellement le pilier de tout le récit dans son rôle de procureur qui subit pour la première fois un processus qu’il connait par coeur. Defendind Jecob propose donc de premiers épisodes efficaces, qui même s’ils reposent sur des poncifs, présentent un concept émotionnel fort, celui du doute s’immisçant dans l’esprit de ces parents. La série s’intéresse donc à l’origine du mal comme a pu le faire Mindhunter dans l’une de ses sous-intrigues en saison 2.

La mise en scène de Defending Jacob coche aussi elle toutes les cases du polar de prestige télévisuel : si la réalisation reste dans la retenue, comparée par exemple à The Night Of ou The Outsider, la photographie semble surjouer sa morosité avec des couleurs volontairement ternes et une lumière constamment sous-exposée. Morten Tyldum, réalisateur de The Imitation Game, ne choisit pas la voie du spectaculaire et propose une oeuvre visuellement convaincante, mais au style très codifié et donc sans vraiment de surprise.

Comme bon nombre de polars modernes, Defending Jacob n’est pas qu’un simple whodunnit (pour “Who [has] done it?“), mais plutôt un “Did he do it?”, la série s’efforçant de lancer des pistes contradictoires de manière régulière pour laisser planer le doute. Mais en étirant son récit sur 8 épisodes, cette mécanique narrative l’empêche paradoxalement de creuser ses personnages. Et c’est là le vrai problème : aussi convaincante puisse-t-elle être dans son exécution, on se demande constamment pendant son visionnage si un film n’aurait-il pas suffit. Car sa longueur dessert totalement son efficacité thématique en proposant pourtant des questionnements intéressants sur l’impact de la génétique sur le comportement, les déviances d’internet pour toute une génération ou encore les limites de la responsabilité parentale dans des situations extrêmes. Mais tous ces sujets sont abordés en surface malgré la longueur de la série.

Davantage un film de 7h qu’une oeuvre serialisée, Defending Jacob reste une intrigue à mystère qui tient en haleine et plutôt généreuse en twists. Cependant, elle n’arrive pas à trouver sa propre voie dans le genre très concurrentiel des thrillers de prestige trusté par HBO.

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