La fileuse d’argent de Naomi Novik

J’ai acheté ce livre suite à la chronique d’une blogeuse et si je ne peux pas dire que ce fût une mauvaise lecture, les conditions dans lesquelles je l’ai lu font que ce ne sera pas un coup de cœur, sans compter quelques choix de la part de l’auteure qui m’ont laissé perplexe.

J’ai dû faire face à une grosse panne de lecture lorsque j’ai commencé à lire les aventures de Myriem la fileuse d’argent, en effet lisant surtout pendant le trajet aller et retour qui me mène à mon lieu de travail et prenant les transports en commun je me suis retrouvé à suffoquer sous un masque pendant quarante minutes, difficile de se concentrer sur la lecture quand vous avez l’impression que l’on vous a bâillonné alors que les températures ont brusquement augmenté.

UN CONTE MODERNE ET FÉMININ

Malgré tout j’ai passé un agréable moment à la lecture de ce conte moderne où les princesses et les filles de fermes tiennent le premier rôle. Les premiers chapitres où l’on suit Myriem reprenant en main l’affaire de son père sont extrêmement réussies. Sa détermination et son courage nous dressent le portrait d’une héroïne moderne et attachante. De plus son métier de prêteur sur gages, d’habitudes réservés à des seconds rôles, offre une entrée en matière originale.

NARRATION MULTIPLE ET STYLE POÉTIQUE

La suite m’a un peu plus compliquée les choses. Est-ce parce que j’ai l’habitude de voir écris le nom du personnage narrateurs à chaque chapitre comme le fait G. R. R. Martin dans le trône de fer ? mais le fait est que j’ai trouvé le changement de narrateurs un peu abrupt, à chaque changement de narrateurs il me fallait plusieurs lignes pour savoir quel personnage je suivais ce qui est gênant pour la lecture, surtout que l’on change parfois plusieurs fois de narrateurs dans un même chapitre. Les deux autres héroïnes qui nous sont présentées dans la suite du récit sont elles aussi attachantes et figurent parmis les meilleures personnages féminins qu’ils m’est été donné de lire cette année.

Cet élément reste subjectif, d’autres que moi se plongeront sans doute avec plaisir dans cette polyphonie sans problème. L’autre souci que m’a posé cet ouvrage est que j’ai eu du mal à saisir les enjeux de l’intrigue, certains éléments primordiaux sont introduits de manière étrange, j’ai parfois eu l’impression d’avoir loupé une page ou deux, ce qui commence à faire beaucoup avec le problème de narration. Est-ce dû à ce problème de concentration évoqué plus haut ou bien suis-je resté hermétique au style poétique de l’auteure ?

Il faut dire que le style de Novik est très axé sur la poésie, cela contribue à accorder une ambiance de conte de fées aux aventures des personnages. Rapidement on se retrouve plonger dans une ambiance cotonneuse, où la neige fait office d’épaisse couverture enrobant le lecteur dans une douce langueur. Ce style homogène aussi plaisant soit-il empêche le récit de décoller. Les différentes mésaventures des héroïnes ont du mal à prendre de l’ampleur alors même que les intrigues politiques dans lesquelles elles se retrouvent impliquées sont crédibles et solides. L’auteure réussit néanmoins à conclure son récit grâce à un final épique.

Ces défauts, complètement subjectifs au demeurant, n’empêchent pas la fileuse d’argent d’être une bonne lecture avec des personnages féminins saisissants handicapés par un style un peu trop langoureux.

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