Netflix et le cas 13 reasons why

La mise en ligne début juin de la saison quatre de la série 13 reasons why a été l’occasion d’assister à la fin d’une longue agonie. Une mise à mort annoncée dont les signes étaient visibles pour qui voulait bien se donner la peine de les voir. Des signes que les dirigeants de Netflix ont peut-être déjà su interprétés afin de pallier aux critiques.

On ne va pas y aller par quatre chemins l’ultime saison de la série de Brian Yorkey est une catastrophe. Je ne vais pas m’épancher sur les éléments qui font de ce final interminable un désastre absolu, il suffit de chercher sur internet pour trouver des critiques qui feront le tour de tout ce qui ne va pas dans ce qui est l’une des premières séries Netflix originale.

La question est de savoir si Netflix a pris conscience du problème car le déclin de la série se faisait sentir bien avant cette fatidique saison quatre. À travers cet article je vais tenter d’apporter quelques réponses.

13 RAISONS PUIS 26 PUIS 39

Revenons un instant aux sources du projet. La série est d’abord inspirée d’un livre éponyme de Jay Asher dont l’intrigue est reproduite dans la saison un mis en ligne en 2017. Le livre aborde des sujets graves qui secouent la jeunesse à travers une narration originale. Netflix récupère le projet de film et le transpose en une série de treize épisodes. À l’époque le défi pour Netflix est important, il s’agit de se positionner sur le public adolescent avec une série au ton sérieux abordant des sujets difficiles. Le pari est réussi malgré quelques longueurs et maladresse dans le traitement de thèmes épineux. À la surprise générale la série est renouvelée pour une saison deux.

L’erreur initiale se situe sans doute là, car ni le concept narratif de la série ni son intrigue n’appelait à une suite. Dès lors les scénaristes vont s’embourber dans un schéma narratif qui ne fait plus sens, handicapés par une structure en 13 épisodes qui dessert l’ensemble à coups de remplissage et d’intrigues secondaires sous-développés. La troisième saison va précipiter la chute avec une intrigue policière bancale et poussive qui banalise la série avec toujours autant de remplissage sans compter les nouveaux personnages introduits aux forceps et l’écriture des personnages navrantes par moments. Le discours de Jessica en fin de saison aussi honorable et poignant soit-il ne suffit pas à sauver l’ensemble.

Tout part donc de là, de cette volonté d’entériner un succès sans que cela ne se justifie vraiment, de fidéliser un public alors que les rumeurs autour de plateforme de streaming concurrentes se faisaient déjà entendre. Toute la question est de savoir si Netflix a suffisamment retenu la leçon pour que plus jamais nous n’ayons à assister à un tel naufrage.

LA POURSUITE INCESSANTE DU SUCCÈS

À priori on pourrait croire que c’est le cas. Les sujets de société n’ont pas disparu de la plateforme, le format a juste changé, ces programmes sont dorénavant catalogués en tant que mini-série. C’est notamment le cas de dans leur regard, qui évoque un fait divers sordide et aborde le problème du racisme de manière frontale, on peut citer également Unorthodox qui traite du sujet de l’intégrisme religieux en 4 épisodes ou encore Unbelievable, qui en 6 épisodes, met en avant le thème du viol de façon juste et poignante. Ces mini-série à tendance sociale ont le mérite de former un tout qui permet à Netflix de continuer à mettre en avant des sujets de société épineux sans avoir à s’acharner à leur apporter une suite. Quant à la série the end of the fucking world deux saisons ont suffi pour clore ce récit de rébellion adolescente nihiliste. Ces projets limités par leur format profitent le plus souvent d’une exposition médiatique qui leur permet d’assurer leur avenir dans le catalogue.

Le casting et les créatrices de la mini Unbelievable

D’un autre côté la plateforme a mis en ligne en deux ans plusieurs séries qui visent le public adolescent. Je ne vais pas m’amuser à toutes les cités, retenons notamment the society, ou the order. Leurs points en commun n’est pas tant de proposer des intrigues romantiques sur fonds de mystères très mystérieux que de s’inscrire dans un format feuilleton très classique qui les rend toutes assez homogènes et surtout où tout concept narratif original est absent. Le but évident est de garder un public captif mais d’un autre côté je ne peux m’empêcher de penser que Netflix cherche désespérément à reproduire un autre succès récent de son catalogue, la série dark.

Cette série magnifiquement écrite et interprétée semble avoir lancé un nouveau genre sur la plateforme, celui du programme à grand mystère avec des adolescents en personnage principaux. Sauf qu’il est difficile d’atteindre la profondeur et la maîtrise de cette série. L’exemple le plus récent est la série italienne curon qui reprend les codes de dark sans pourtant atteindre le niveau du programme allemand.

L’influence de dark se fait ressentir à chaque minutes

Et j’ai bien peur que la politique d’engorgement de Netflix nous fasse encore assister à ce genre de déclinaison, peut-être avec la série sex education qui est l’autre succès ado récent de Netflix. Ce sera alors à nous, public serivore toujours en quête de nouveautés, à savoir faire le tri parmi la centaine de programmes qui nous sont proposés chaque jour par ces géants du divertissement.

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