Interview : Sophie GINISTY Auteur de « Le réveil des Légendes – L’étoile flamboyante »

Sophie Ginisty est titulaire d’une licence (2008-2012) et d’un master (2012-2014) en relations internationales de l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Elle a commencé à écrire son premier roman, « Le Réveil des Légendes », en 2011, lorsqu’elle habitait à Tokyo, où elle a obtenu son certificat d’études japonaises. C’est en le publiant, chapitre après chapitre, à l’occasion d’un concours d’écriture, sur le site d’écriture collaborative 404 Factory, que Sophie Ginisty a été repérée par le jury composé de professionnels de l’édition et des univers de l’imaginaire. « Le Réveil des Légendes » (2020) est le gagnant de l’édition 2019 du Grand Prix 404 Factory.

Sophie (@valet2trefle) | Twitter

Achat du livre : https://amzn.to/2MK9vCk

Chronique du livre :https://culturevsnews.com/2020/06/09/le-reveil-des-legendes-letoile-flamboyante-01-de-sophie-ginisty-4-juin-2020/

INTERVIEW

  1. Pouvez-vous me décrire en quelques mots votre parcours ?

Mon parcours est celui d’une âme curieuse, qui a soif de découvertes et d’aventures. Ce sont mes envies de dépaysement qui m’ont poussé d’un côté à beaucoup voyager, pour découvrir de nouvelles cultures, de nouveaux paysages, de nouvelles façons de vivre ; et d’un autre à me plonger dans les livres, les films et les jeux-vidéos, véritables fenêtres vers d’autres mondes. Tous ces voyages, réels et imaginaires, ont été des sources importantes d’inspiration qui m’ont mené à écrire des histoires, d’abord avec des amis, puis sur des forums d’écriture, et enfin dans une série de livres. En résumé, je suis une vadrouilleuse qui s’inspire de ses voyages pour coucher de nouvelles aventures sur papier.

  1. Comment vous est venu l’envie d’écrire ? A quelle période ?

J’ai toujours aimé inventer des histoires et surtout les partager avec les autres, que ce soit à travers le jeu (comme tous les enfants le font en s’inventant des aventures) ou l’écriture. La première fois que j’ai mis sur papier une histoire, c’était à l’école primaire, pour le journal de l’école. J’avais tout simplement envie de voyager dans un autre monde, d’être émerveillée par la découverte de ce monde, et de le faire avec tous mes camarades !

Ce plaisir de plonger dans un univers complètement différent, de créer quelque chose de nouveau et d’emporter les autres avec moi, je l’ai gardé. C’est pour ça que j’écris maintenant des romans et que j’anime des jeux de rôle en tant que maître du jeu.

  1. Quelles étaient vos lectures de votre enfance ?

Les premières lectures qui m’ont marqué sont celles de mon adolescence. On y retrouve déjà beaucoup de fantasy et de fantastique (Le Secret de Ji de Pierre Grimbert, La Belgariade de David Eddings, Le Seigneur des Anneaux de Tolkien, L’Assassin Royal de Robin Hobb, L’Épée de Vérité de Terry Goodkind, Le Clan des Otoris de Lian Hearn, Lestat le vampire d’Anne Rice, Harry Potter de J.K. Rowling, etc.) mais aussi des romans d’aventure et/ou historiques (Geisha d’Arthur Golden, Rouge Brésil de Jean-Christophe Rufin, Le Huit de Katherine Neville, etc.), mélangés à des classiques, à du Nothomb et du Vargas, et beaucoup de mangas (X1999, Hoshin, Tsubasa Reservoir Chronicle, Le Nouvel Angyo Onshi, GTO, Cowboy Bebop, Noir, Full Metal Alchemist, One Piece, etc.).

  1. Quel est votre ‘modus operandi’ d’écriture ? (Votre rythme de travail ?)

J’essaie d’écrire un peu tous les soirs en revenant du travail, même si parfois cela se résume à rédiger quelques phrases, et un peu plus le weekend. L’important c’est de rester dans l’histoire, de continuer à la vivre pour pouvoir la faire vivre en retour aux lecteurs à travers l’écriture. Lorsque j’ai terminé un chapitre, je le laisse en général reposer une journée avant de le relire en entier pour le corriger. Je passe ensuite une journée de brainstorming sur la suite et reprends enfin l’écriture.

Mensetsu on Twitter: "Hop surprise ! Un Mensetsu Hors série d'été ...

  1. Connaissez-vous déjà la fin du livre au départ ou laissez-vous évoluer vos personnages ?

Un peu des deux ! Je connais les grandes lignes de l’histoire dès le début. C’est un peu comme les étapes d’un voyage : on sait qu’on va passer par certains endroits mais parfois on ne sait pas en détail comment on va y arriver ! La fin est l’une de ces étapes, je la connais donc à l’avance mais elle peut être altérée par les errances de parcours.

  1. Il y a-t-il des personnages dont vous vous êtes inspiré ?

Très certainement, mais je ne l’ai pas forcément fait consciemment… il est donc difficile de répondre à la question. Je peux tout de même dire que Geralt, le personnage principal du Sorceleur (Andrzej Sapkowski) m’a inspiré fortement un personnage secondaire qui apparaît dans un chapitre du roman ; que son compagnon, Jaskier, a certainement aidé à la création de Gaël, le poète voleur ; et que Roland de La Tour Sombre (Stephen King) m’a donné envie d’avoir un gunslinger dans mon histoire (et un maître un peu grognon).

  1. D’où vous vient cette vision fantastique sur les demi elfes? et cette envie d’écrire dessus ?

J’ai toujours trouvé les dualités intéressantes chez les personnages, et la double identité est pleine de richesse car elle peut être vécue de bien des façons. Il suffit de regarder le cas des enfants issus de parents de couleur de peau différentes dans notre société. En France, on les appelle des « métisses », ce qui implique un mélange, un mixte des cultures. Au Japon, on les appelle des « halfs », ce qui implique plutôt une coupure : ils ne sont que la moitié d’une personne car seulement à moitié japonais. Ce terme m’avait beaucoup dérangé à l’époque, quand je vivais là-bas, et je me suis demandée comment ces « halfs » le vivaient… et par extension, comment un demi-elfe vivrait sa double origine dans le monde de Gaïa, où une partie de la population, la race humaine, a clairement le dessus sur l’autre, la race elfique. Serait-il un lien entre les cultures ? Une preuve qu’elles peuvent vivre ensemble en harmonie ? Ou au contraire serait-il l’objet de haines raciales de la part de l’une ou des deux races ? Et quelles conséquences cela aurait-il sur le développement de sa personnalité ? Accepterait-il ses deux origines ou en rejetterait-il une, et si oui laquelle ? La race elfique pour mieux s’adapter à la société dans laquelle il vit ? Ou au contraire la race humaine, car il se construirait en opposition à celle-ci ? Ce sont toutes ces questions et toutes ces possibilités qui m’ont donné envie de creuser un peu plus le sujet et d’explorer les conséquences que la double identité pouvait avoir.

  1. On sent une certaine empathie envers ces êtres dont vous dressez le portrait dans votre livre, en quelques lignes ces personnages prennent vie, vous êtes-vous inspirés de vos rencontres ?

Je pense que tous les écrivains s’inspirent de leurs expériences personnelles, c’est ce qui nourrit notre imagination et notre plume. Mais si on ressent de l’empathie dans le livre, c’est peut-être parce que lorsque j’écris, j’essaie de ne pas le faire depuis le point de vue d’un dieu omniscient mais de celui des personnages eux-mêmes. Je me glisse dans leur peau et je veux que le lecteur le fasse aussi. Le pouvoir d’immersion d’une histoire est quelque chose de très important pour moi. Je ne veux pas simplement que le lecteur lise, je veux qu’il vive, qu’il ressente, qu’il voyage dans un monde qui lui paraisse aussi réel que le nôtre. Et pour cela, il doit devenir intime avec les personnages, les connaître aussi bien qu’il se connaît lui-même.

  1. Avez-vous reçu de l’aide dans l’écriture de votre roman?

Le monde de Gaïa, dans lequel le roman se déroule, a été créé en grande partie lors d’une soirée que j’ai passé en compagnie d’un très bon ami, Mathieu, à Tokyo. Sans lui, ce continent en spirale n’aurait jamais existé et les Gn’afs (les Hommes-poisson) non plus. Nous avons d’ailleurs rédigé ensemble le prologue de l’histoire. Et puis, je ne sais pas si j’aurais trouvé la force et la volonté d’aller jusqu’au bout sans Aurora, ma première et plus fidèle lectrice. Elle a su me donner la motivation pour poursuivre grâce à son enthousiasme constant et à ses questions ! C’est le cas aussi pour Cédrick, qui a transformé toutes mes cartes pour les rendre telles qu’on les connaît (et non pas dessinées par mes soins sur un bout de papier tout moche). Voir son monde prendre forme est vraiment quelque chose qui pousse à poursuivre ! Et pour finir, l’œil avisé et critique de Tiphaine m’a aidé à déceler des manques d’information ou des incohérences dans les premiers chapitres, avant même que mon éditrice ne le fasse.

  1. Le final explosif est très cinématographique, comment vous est-il venu ? était-ce une envie dès le début de l’écriture ou est-ce venu plus tard ?

Je n’avais pas cette scène en tête dès le début du roman mais elle m’est tout de même venue assez vite et j’avoue que j’ai eu hâte de pouvoir l’écrire ! L’idée m’a été inspirée en grande partie par mes rêves. Dans le monde onirique, la logique n’est plus la même que dans le monde réel, il n’y a pas forcément de continuité dans l’espace et dans le temps. Un simple petit évènement, un détail, peut changer l’ensemble du scénario dans lequel le rêveur se trouve et le faire voyager d’un monde à un autre. C’est extrêmement intéressant à exploiter pour un écrivain ! Quant au côté cinématographique, je suis très contente qu’on le ressente puisqu’effectivement, je me représente toujours ce que j’écris en image, surtout les scènes d’action. Ce final, je me suis dit qu’il devrait être aussi spectaculaire que Inception de Christopher Nolan !

  1. Le parcours a-t-il été long et difficile entre l’écriture de votre livre et sa parution ?

L’histoire a été très longue à mettre sur papier. Ce n’est pas toujours facile de combiner vie étudiante/professionnelle et écriture. Il faut trouver le temps, la force, la motivation et le courage de proposer son texte à un éditeur. J’avais déjà présenté quelques nouvelles à des maisons d’édition qui avaient été refusées alors j’avoue que j’étais plutôt stressée lorsque j’ai participé au concours 404 Factory avec mon premier roman. Et puis finalement, ça a payé ! Le travail de correction avec mon éditrice s’est ensuite très bien passé et ce qui a été le plus long c’est la création de la couverture, mais in fine, ça valait le coup ! Tout était fin prêt pour que le livre sorte enfin en librairie, mais c’était sans compter sur le Covid-19 qui a reculé la parution de 2 mois. Comme le dit La Fontaine : « Patience et longueur de temps / Font plus que force ni que rage ». Tout vient à point à qui sait attendre !

  1. (Avez-vous reçu des remarques surprenantes, marquantes de la part de lecteurs ?)

Une lectrice m’a dit qu’elle avait pleuré en lisant la fin de mon livre et que mon écriture l’avait inspiré pour son propre roman. Cela m’a incroyablement touché, parce que cela voulait dire que j’avais réussi à faire vivre mon histoire et à stimuler son imagination, ce qui est pour moi la marque des bons livres.

  1. Avez-vous d’autres passions en dehors de l’écriture (Musique, peinture, cinéma…) A part votre métier, votre carrière d’écrivain, avez-vous une autre facette cachée ?

J’aime beaucoup voyager, découvrir de nouvelles régions ou de nouveaux pays et j’adore faire du trekking en montagne et de la randonnée, à pied ou à cheval. Les chevaux sont d’ailleurs une autre de mes passions et j’ai longtemps fait des compétitions de saut d’obstacles. Sinon, j’aime aussi jouer aux jeux-vidéos et plus encore aux jeux de rôle sur table avec mes amis.

  1. Quels sont vos projets ?

Écrire la suite du Réveil des Légendes. Si tout va bien cette saga sera constituée de 6 tomes : 3 tomes qui racontent l’histoire de Ieven, que l’on suit ici dans L’Etoile Flamboyante, et 3 tomes qui racontent l’histoire de son jumeau, sur la même période de temps. Les deux trilogies se passeront donc en parallèle l’une de l’autre et pourront se lire séparément… mais la personne qui lit les deux trilogies comprendra les liens qui unissent ces deux histoires tout en ayant une vue d’ensemble de ce qu’il se passe dans l’Empire de Gaïa. C’est un gros projet mais j’espère que je pourrai le mener à terme et que les lecteurs seront au rendez-vous !

  1. Quels sont vos coups de cœur littéraires ?

Il y en a plein ! Mais pour n’en citer que quelques-uns : L’Assassin Royal de Robin Hobb, le premier livre qui m’a vraiment transporté et fait vivre aux côtés du personnage principal, Fitz, et qui m’a largement inspiré dans mon écriture. Gagner la Guerre de Jean-Philippe Jaworski, l’histoire est très prenante et la plume fleurie de l’auteur est un véritable régal. Le comics Sandman de Neil Gaiman qui mélange des légendes du monde entier, qui met en scène des dieux de toutes les religions, qui est à la fois très poétique, plein d’action et d’humour, grave et léger : un vrai chef d’œuvre !

  1. Utilisez-vous une bande son pour écrire? A moins que le silence suffise ?

Je n’écoute pas de musique lorsque j’écris, pour la bonne raison que lorsque je suis concentrée, je n’ai plus vraiment conscience de ce qui m’entoure : je ne l’entendrais donc pas. De plus, j’aime me relire régulièrement à voix haute et le silence, ou les simples bruits de la nature, sont alors les meilleurs des compagnons.

  1. Avez-vous un site internet, blog, réseaux sociaux où vos lecteurs peuvent vous laisser des messages ?

Ils peuvent me contacter sur le site de 404 Factory (et lire mes écrits !), mais également sur Instagram ou sur Twitter. Mon pseudo y est toujours Valet2trefle !

Site 404 factory : https://www.404-factory.fr/

INSTAGRAMhttps://www.instagram.com/valet2trefle/

TWITTER : https://twitter.com/valet2trefle

 

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