Le destin de Fausto : Une fable en images de Oliver Jeffers – 4 mars 2020

Il était une fois un homme qui croyait que tout lui appartenait. Il décida d’aller faire l’inventaire de ce qui était à lui.

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Chronique : Il me semble que c’est l’un des livres pour enfants les plus audacieux, qui m’a semblé bien plus puissant que j’ai lu. En adoptant un ton totalement différent, plus sombre et menaçant, j’ai senti un changement dans la réflexion de Jeffers sur le monde, la puissance de son récit et peut-être un sentiment qu’il espérait susciter une réponse différente chez ses lecteurs.
Le Destin de Fausto est une sorte de fable, qui raconte l’histoire d’un homme fou de cupidité et dépassé par une perception exagérée de son propre pouvoir. Croyant que le monde lui appartient, Fausto se met en route pour regarder ses biens et leur rappeler qu’ils lui appartiennent. Malheureusement pour Fausto, la nature n’est pas toujours soumise.
La façon dont Jeffers a utilisé la taille dans ses illustrations pour amplifier le sentiment d’importance et de supériorité de Fausto par rapport à la nature était si intelligente. Il m’a semblé que le lecteur avait la possibilité d’observer comment Fausto se percevait, tout en regardant Fausto du point de vue de la nature qui l’entourait. Il y a tant de contrastes réfléchis à chaque page tournée ; un bel exemple, notamment la mer qui est représentée comme un petit gribouillis lorsque Fausto affirme son pouvoir, et qui se transforme progressivement en une page entière de saignée lorsqu’elle refuse de céder. Vraiment puissant pour démontrer l’insignifiance de l’homme, qui devient un point minuscule contre la puissance de la nature. Le choix de Jeffers d’utiliser la lithographie, une technique traditionnelle longue et impitoyable, difficile à contrôler, m’a beaucoup intéressé. Quel choix approprié compte tenu des thèmes de ce texte, et qui a produit des images extrêmement frappantes et provocantes.
Le narration de Jeffers m’a vraiment intrigué, surtout lorsqu’il s’agit de savoir qui raconte ce récit. Ces mots sont-ils prononcés par la nature, envoyés pour nous avertir, ou s’agit-il d’un récit de mise en garde répété à travers les générations ? Jeffers s’éloigne de la typographie manuscrite qu’il utilise habituellement dans ses histoires, remplacée par une police de caractères assez dure. Pour moi, cela a renforcé le sentiment que ce récit était un conte séculaire, et a également créé une atmosphère impersonnelle nécessaire, en accord avec la nature de l’histoire de Jeffers.
C’est un livre fantastique qui laisse une grande place à la réflexion et à l’interprétation. J’espère que Jeffers continuera dans cette direction.

Note : 10/10

Relié : 96 pages ISBN-10 : 2378880073 ISBN-13 : 978-2378880071

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