Mon père de Grégoire Delacourt, et de l’ignoble surgit la beauté

Un cri. Ce livre est un cri. Un cri de douleur, de rage et d’impuissance d’un père face à la tragédie personnelle qui le frappe. Un cri qui vous happe, vous vrille le cœur et vous laisse hébéter face à l’ignominie du monde.

En deux cents pages à peine Grégoire Delacourt parvient à englober les différents aspects d’un scandale de société qui nous afflige encore régulièrement. L’auteur, accompagné de sa plume délicate et aéré, fait résonner les cris des différentes victimes collatérales de ce drame, en laissant volontairement de côté les victimes principales. Son but n’est pas de produire un témoignage sûr comment une telle chose peut encore arriver de nos jours mais de nous plonger dans un esprit chauffé à blanc par une douleur insondable.

Car ce cri est avant tout celui d’un père, biologique, qui comme tant de pères avant lui a l’impression d’avoir quelque peu échoué dans son rôle, paternité précoce et divorce encore plus précoce. Le tintamarre de la vie quotidienne l’ont empêcher d’entendre le silence assourdissant de son fils. Une fois la souffrance révélé, ce père décide de ne plus se taire et de hurler son ressentiment face au Père qui a guidé toute sa vie. Cette confrontation constitue le cœur du récit alors que le cri de douleur se transforme en rage que rien ne peut plus contenir. Une telle rage ne peut épargner à ceux qui entendront ce cri, les détails sordides insoutenables et la violence inéluctable qui en découle. Car ce cri de détresse doit trouver un écho, une complainte de pénitent afin que la souffrance laisse place à la guérison.

Aux côtés du cri de ce père meurtri l’auteur a eu l’intelligence de placer des échos qui donner de l’ampleur au récit afin de ne pas laisser l’impression que le récit est unilatéral. Des échos qui permettent de comprendre et d’entendre d’autres voix, d’autres réactions à ce scandale qui remue beaucoup d’émotions, de non-dit et de surdité de la part de nous tous. Au milieu de ces échos se trouve un appel au pardon argumenté et sensé mais pourtant inaudible.

C’est troublant de voir la beauté et la poésie que l’auteur parvient à extraire de son récit glaçant et sordide. Car malgré les détails sordides qui sont explicites et difficilements soutenables on ne peut s’empêcher de ressentir des émotions propres à la poésie la plus pure et la plus désespérée.

Les ultimes soubresauts de ce cri s’achèvent sur des haut-le-cœur, ceux que nous laissent ces sanglots venu du plus profond de notre être. Des haut-le-coeurs qui enserrent la gorge d’un désespoir profond qui nous fait prendre conscience que, malgré la puissance d’un cri de souffrance, l’horreur et l’ignominie ne disparaissent pas aussi facilement.

« J’attends.J’attends car je sais qu’après ça sera fini. Il n’y a pas de retour en arrière dans la vie. Pas de bouton qui permet de rembobiner les images:éloigner un couteau de la gorge d’un fils et le rengaines dans son fourreau, pas plus qu’on ne peut remonter sur un plongeoir par la voie des airs et s’y retrouver à nouveau sec,les bras en croix. On ne peut qu’avancer. On ne peut que tomber ”

Quatrième de couverture: Je me suis toujours demandé ce que je ferais si quelqu’un attentait à l’un de mes enfants. Quel père alors je serais. Quelle force, quelle faiblesse. Et tandis que je cherchais la réponse, une autre question a surgi : sommes-nous capables de protéger nos fils ?
G.D.

  • ISBN-10 : 2709665336
  • ISBN-13 : 978-2709665339
  • Poids de l’article : 268 g
  • Dimensions du produit : 13.2 x 1.9 x 20.5 cm
  • Éditeur : JC Lattès (20 février 2019)
  • Langue : : Français

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s