Black Box – 6 octobre 2020 /Avec Mamoudou Athie, Phylicia Rashad

Mamoudou Athie joue un père veuf atteint de trous de mémoire suite à un accident. Pour en guérir, il s’engage à suivre un traitement unique : grâce à un dispositif de réalité virtuelle, il est transporté dans son subconscient. Cette sorte d’hypnose 2.0 va l’obliger à combattre ses démons mais aussi à découvrir de lourds secrets.

Critique : Autre film de l’anthologie « Welcome to the Blumhouse » disponible sur Amazon Prime Video, « Black Box » fait plutôt figure de plaisante surprise (mais un poil trop classique) comparé au très oubliable « The Lie » sorti simultanément. Victime d’un accident de voiture ayant tué son épouse, Nolan tente péniblement de retrouver les souvenirs perdus de son existence avec l’aide de sa fille. Son amnésie lui posant de plus en plus de problèmes au quotidien, il décide de recourir à un traitement expérimental qui lui permet de revivre littéralement chacun de ses souvenirs perdus. Au fur et à mesure de la procédure, au milieu des visages effacés de ses fragments de mémoire, une mystérieuse silhouette semble toujours vouloir le prendre en chasse… Dans sa première partie, « Black Box » fait d’abord le choix judicieux de nous faire partager la perte totale de repères de son héros. Il habite une maison qui lui est étrangère, il regarde les photos de moments heureux qu’il semble visiblement avoir vécu, sa fille lui apprend à reproduire les gestes d’affection qu’il sait avoir partagé avec elle autrefois… Mais, malgré tous ses efforts, rien n’y fait, Nolan n’arrive pas à s’approprier les éléments de ce passé qu’on lui présente comme le sien et, pire encore, à retrouver les traits de personnalité qui le définissaient jusqu’alors en tant qu’individu. À ce jeu, on peut dire que l’empathie avec ce héros « perdu » dans sa propre vie est immédiate, Mamoudou Athie le campe avec conviction et les moments partagés entre son personnage et sa choupinette de fille prête à tout pour soutenir son père véhiculent la force d’un lien affectif amené à avoir une importance cruciale dans la suite des événements. Lorsque les premières séances ayant pour but de guérir Nolan grâce à l’hypnose et la fameuse Black Box démarrent, il faut bien avouer que les expériences retranscrites dans le film rappellent dangereusement celles de bon nombre de thrillers utilisant la recherche de souvenirs (et les visions étranges qu’elle engendre à l’écran) dans le but de mieux dissimuler un traumatisme ou une conspiration qui bouleversera tôt ou tard la quête de vérité de son héros. L’addition d’une imagerie proche d’un « Hypnose » 2.0 (réussie) afin de retranscrire justement l’état hypnotique de Nolan et de la présence d’un étrange assaillant contorsionniste cherchant à l’empêcher de recouvrer sa mémoire tend d’ailleurs assez vite à confirmer cette théorie (et cette crainte) mais « Black Box » va finalement prendre une bien meilleure direction scénaristique. Certes, il y aura bien quelques secrets à découvrir sur ce qui a conduit à la condition actuelle de Nolan mais ils seront surtout là pour accompagner le film vers la révélation de son concept SF délicieusement rétro, clin d’oeil évident à l’esprit de « La Quatrième Dimension » à la fois par le fait de ne jamais perdre de vue le facteur humain au cœur de manipulations qui le dépassent et par la manière d’aborder son apparente abstraction grâce à une mise en scène se reposant intelligemment sur ses acteurs et quelques simples artifices. L’idée n’est pas totalement originale pour autant mais « Black Box » va l’exploiter avec une réelle efficacité tout en faisant de la donnée familiale la composante essentielle de son propos entre deux camps qui s’opposent. On pourra reprocher au film de s’étirer un peu trop longtemps une fois ses véritables enjeux connus, il est vrai que notre intérêt s’amenuise dans une dernière partie qui ne fait guère de mystère quant à sa destination finale (et son épilogue très attendu), le format court d’un épisode de série anthologique aurait été sans doute plus raisonnable pour raconter une telle histoire. Cependant, même s’il n’a pas tous les atouts en main pour constituer une proposition susceptible de s’inscrire durablement dans les mémoires, « Black Box » a l’intelligence d’utiliser ceux à sa disposition pour offrir un divertissement très correct en son genre.

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