The Lie – 6 octobre 2020 /De Veena SudAvec Peter Sarsgaard, Joey King, Mireille Enos

The Lie se centre sur le mystère entourant la mort de la jeune amie de Kayla. Ses parents ainsi que la famille de la défunte vont tenter de la percer à jour pour démêler le nœud de l’histoire : était-ce un accident ou un meurtre ?

Chronique : Jusqu’où iriez-vous pour protéger votre enfant si celui-ci avait pris une vie ? Telle est la grande interrogation qui anime ce remake US du film allemand « We Monsters » faisant désormais partie de l’anthologie « Welcome to Blumhouse » diffusée sur Amazon Prime Video. Écrit et réalisé par Veena Sud (la showrunneuse de « The Killing » US), « The Lie » nous introduit donc dans le quotidien de Kayla, adolescente visiblement encore perturbée par le divorce de ses parents Rebecca (Mireille Enos), brillante avocate, et Jay (Peter Sasgaard), un musicien un brin immature. Alors qu’il emmène en voiture Kayla et sa meilleure amie Brittany à un stage de danse, Jay perd de vue momentanément les deux jeunes filles lors d’une pause au bord de la route enneigée. Quand il retrouve enfin Kayla seule en haut d’un pont, elle lui confesse avoir fait chuter mortellement Brittany au fond de la rivière glacée. Le début d’un terrible engrenage pour cette famille qui décide de garder le secret sur l’acte de Kayla… Si l’on s’arrête sur le côté purement thriller de « The Lie », le film est hélas un véritable échec vu son incapacité à entretenir le peu d’aura de mystère qui entoure son point de départ. Même si elle reste solide globalement, la mise en scène de Veena Sud manque en effet cruellement de finesse à la fois dans la manière de nous rapporter les premières minutes pourtant décisives du film et dans certains subterfuges utilisés en guise de fausses pistes. Et, si l’on ajoute ensuite le comportement de Kayla atteignant des sommets aussi vertigineux qu’improbables de versatilité (triste/heureuse/sociopathe/dans le déni/traumatisé/… tout y passe), nul besoin d’être un fin limier pour comprendre ce qui se cache derrière cette sombre histoire. Alors, bien sûr, ce dernier point peut être mis sur le contrecoup de la tragédie vécue, on peut le comprendre aisément, sans compter que l’adolescence n’est pas la période de la vie où le caractère d’un individu est le plus constant, mais, cumulé au manque de subtilité de la réalisation lors de passages-clés, il est clair que « The Lie » ne mettra aucune chance de son côté pour nous faire tomber à la renverse de surprise durant ses derniers instants. Reste alors l’aspect plus dramatique de « The Lie » axé sur la spirale du mensonge dans laquelle les deux parents se retrouvent et les conséquences sur leur vie de famille. Sur cet élan plus intimiste, Veena Sud s’en sort mieux, bien aidé par le duo très convaincant Mireille Enos/Peter Sasgaard qui donne un vrai supplément d’âme au film dans le rôle de ce couple obligé de se ressouder envers et contre tous pour protéger leur progéniture. On pardonne même dans un premier temps leurs agissements très maladroits en ce sens (ils s’embourbent eux-mêmes dans leurs mensonges et les très mauvaises idées, les agissements de la mère pourtant avocate en sont presque kamikazes) tant l’instinct de préservation familiale sous la pression qui les anime sort grandi par le jeu des deux comédiens. Là encore, le choc du drame et la précipitation des événements peuvent aussi excuser leur improvisation devant cette situation inédite pour eux… mais le film va pousser le bouchon beaucoup trop loin sur la durée. De plus en plus dans l’impasse pour s’en sortir, les actes désespérés des parents prendront ainsi une tournure complètement irrationnelle -voire ridicule- dans la dernière partie, éludant hélas les qualités dramatiques du film entrevues jusque-là et que l’on aurait voulu saluer jusqu’à son terme. Vraiment dommage, car la conversation finale se recentrant justement sur cette notion d’unité familiale avec l’aide de ses interprètes était à l’inverse plutôt réussie. Thriller aussi peu habile que ses personnages dans l’adversité, « The Lie » tente de combler ses lacunes en se raccrochant avec une certaine justesse sur la dimension dramatique de son intrigue. Mais l’effort n’est hélas pas assez consistant sur l’ensemble du long-métrage pour être véritablement satisfaisant.

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