En quête de Jake et autres nouvelles de China MIEVILLE | 8 octobre 2020

Entrez dans un Londres post-apocalyptique ravagé par des créatures surnaturelles, à la fois étranges et familières… Dans la novella récompensée par le prix Locus en 2003  » Le Tain « , Miéville imagine que nos miroirs abritent des êtres d’une nature incertaine, dangereux. Enfermés et réduits à une condition de simple reflet après avoir été défaits par les hommes dans une guerre très ancienne, ils attendent leur heure… Une fois libérées, ces créatures se mettent à assouvir sans merci leur désir de vengeance. Un seul survivant au milieu de l’apocalypse, Sholl, va tenter de rassembler ce qu’il reste de l’humanité pour résister.

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Chronique : Le nom de China Miéville n’est généralement pas synonyme de nouvelles, probablement parce qu’il ne les écrit pas souvent. Au cours de la dernière décennie, il a publié dix romans, et dans la même période, il n’a produit que seize nouvelles. Enfin, peu importe. Le mec est occupé. Je pense qu’il est aussi devenu un génie de l’économie, s’est présenté à des élections et a fait environ 3 millions de boucles de bras pendant cette décennie. Oh, et il s’est fait tatouer un calmar géant.

Quoi qu’il en soit, c’est assez ennuyeux de découvrir qu’il fait aussi de la fiction de façon étonnante. J’aime Miéville en tant que romancier, mais le talent pour les longs romans ne garantit pas une aptitude pour la nouvelle.

Il y a quatorze histoires ici, la plupart ayant été publiées ailleurs. Quelques-unes ont reçu des prix. Néanmoins, chacun d’entre eux a ses points forts.

A la recherche de Jake : une ouverture glaciale et sinistre. Un reportage post-apo à l’ambiance feutrée qui donne le ton de ce qui va suivre.

Fondations : J’ai évidemment été inspiré par un événement réel, et j’ai pris plaisir à relever les indices qui laissaient entrevoir sur quoi il était basé, pour découvrir que la Chine vous le dit carrément dans la section des remerciements. C’était très délicat ; il est clair que la Chine était très sensible à cet événement, mais je ne suis pas sûr que la nouvelle soit le meilleur format pour le traiter.

La piscine à balles : Co-écrit avec deux autres personnes, il semble être le moins chinois du lot. Une histoire de fantômes plutôt banale et effrayante. Bien, le cadre est le principal, mais l’histoire est basée sur des formules.

De certains évenements survenu à Londres : Un conte lovecraftien intriguant. Le dispositif de cadrage et la structure du texte trouvé peuvent sembler astucieux, mais ils sont vraiment bien traiter.

Familier : Un mélange de Wicca, Frankenstein et de fantaisie urbaine pimenté d’une touche de Heidegger. Horrible, dégoûtant, m’a donné envie de vomir plusieurs fois mais juste superbe.

Entrée tirée d’une encyclopédie médicale : J’adore les histoires au format dictionnaire/encyclopédie, comme Datum Centurio de David Foster Wallace (tiré de Brief Interviews with Hideous Men) ou les extraits du New World Authorized Dictionary d’Alexander Weinstein (tiré de Children of the New World). Voici un ajout agréable et effrayant à ce micro-genre particulier.

Les Détails : Rien de moins que brillant. Comparé à la piscine à balle l’autre histoire d’horreur ouverte de ce recueil, cela montre ce que j’attendais de Miéville en matière de manipulation de ce genre. C’est une sorte d’horreur cosmique, dans la veine de Lovecraft, et cela m’a franchement fait peur de regarder autour de moi pendant un moment immédiatement après l’avoir terminé .

Intermédiaire : Celui-ci rappelait beaucoup Thomas Pynchon, qui s’adonnait à la paranoïa. Une merveilleuse étude de personnage avec une prémisse délicieusement vague. Elle n’a pas besoin de plus d’informations qu’elle n’en offre.

Un autre ciel : A un aspect d’horreur classique, comme Poe ou Maupassant. Plus j’y pense, cette histoire me semble être la perfection de la nouvelle. Le dispositif de cadrage, le narrateur peu fiable, les thèmes de la jeunesse et de la vieillesse… tout est distillé dans un mélange aussi fin que du whisky.

Mort à la faim: J’ai apprécié ce film jusqu’au moment où j’ai réalisé où tout cela allait et où j’ai pensé : « Oh… c’est ça ? J’en attendais un peu plus, mais j’ai tout de même apprécié la narration et l’étude amusante des personnages/

De saison : C’était un concept qui aurait pu apparaître dans Children of the New World, seul Weinstein l’aurait joué directement. Heureusement, Miéville sait comment se détendre et la jouer pour rire. C’est un peu bête et la Chine le sait, donc le résultat est très amusant .

Jacques : Dans l’univers de la station de la rue Perdido, que je n’ai pas lu. Il a pour double objectif de séduire ceux qui n’ont pas encore lu les romans Bas-Lag et de fournir un service de fan à ceux qui l’ont fait.

Sur le chemin du front: Un peu de mystère, celui-là. J’ai l’impression que le format du livre ne profite pas aux vignettes de la bande dessinée. Les images sont laides et exiguës, difficiles à déchiffrer, et l’histoire est assez énigmatique sans cette difficulté supplémentaire. Une expérience ratée.

Le Tain : Construit sur une micro-édition de Jorge Luis Borges. Cela m’a parfois rappelé I Am Legend, et la conclusion m’a fait penser à UnLunDun. Miéville a une relation compliquée avec les héros. Le concept est brillant et terrifiant, mais l’histoire est d’un ennui mortel. Cela ne justifie pas la longueur de la nouvelle, mais cela aurait mieux fonctionné en tant qu’histoire

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