Interview de Chrysostome Gourio pour « Wilma la vampire » Chez Sarbacane Editions

Chrysostome Gourio est un auteur de romans policiers français

Étudiant à Nice puis diplômé en philosophie à l’Université François Rabelais de Tours, il décide de se lancer dans l’écriture au début des années 2000.

Ayant échoué par trois fois à l’agrégation, il enchaîne les petits boulots alimentaires et, après avoir été enseignant au lycée agricole de Châteauroux, il devient libraire pendant quelques années à Paris, d’abord à la Procure, puis au Comptoir des Mots

Après un premier polar passé inaperçu, Flicosophes, paru en 2002, il signe le Dolmen des Dieux, un épisode de la collection « Le Poulpe » dans lequel il revient aux sources de la série, puis dans l’esprit de Jean-Bernard Pouy, dont il revendique une certaine forme de filiation littéraire, il commet le Crépuscule des Guignols, un western philosophique contemporain, vibrant hommage à Spinoza encule Hegel.

Devenu interprète en langue des signes, il vit désormais à Toulouse.

Chrysostome Gourio - Babelio

Article sur Wilma la vampire : https://culturevsnews.com/2020/10/13/wilma-la-vampire-7-octobre-2020-de-eglantine-ceulemans-chrysostome-gourio/

Achat du livre : www.leslibraires.fr

INTERVIEW

  1. Pouvez-vous me décrire en quelques mots votre parcours ?

J’ai grandi dans le Sud, puis j’ai habité dans le Centre, 10 ans à la Capitale et je vis maintenant dans le Sud-Ouest. De ces lieux j’ai gardé le goût de la nourriture riche et variée, des climats changeants, des saisons différentes, de l’agréable boisson et des amis chers. J’ai pratiqué des tas de sports différents sans être doué pour aucun : judo, tennis, handball, pelote basque, escrime ou parachute. Par ailleurs, j’ai fait des études de philosophie – j’ai glorieusement raté trois fois l’agrégation – puis de science du langage, ai été gardien de camping, éboueur, prof de philo, libraire, gardien de but et interprète français – langue des signes française.

  1. Comment vous est venue l’envie d’écrire ? A quelle période ?

Quand j’étais gamin, nos parents nous lisaient souvent des histoires, à mes frangins et moi. Et j’ai toujours trouvé ça magique. Ça faisait bouillonner mon imagination, et puis ce fait de pouvoir lire ensemble, de partager, c’était extraordinaire. Alors dès que j’ai su lire tout seul j’ai dévoré tout ce qui passait entre mes mains, et dès que j’ai su écrire, j’ai commencé à raconter mes propres histoires. Je prenais un personnage dans un dessin animé, un autre dans un roman, encore un dans une bande dessinée, un bout d’intrigue ailleurs et je faisais se rencontrer tout ce petit monde. C’est ainsi qu’à l’âge de huit ans, j’ai raconté comment le Capitaine Flam et Astérix sauvaient la chocolaterie de Charlie attaquée par les Sylvides.

  1. Quelles étaient vos lectures de votre enfance ?

Je lisais de tout : romans, bandes dessinées, revues… Le Petit Nicolas est un de mes premiers souvenirs de lectures, Moomin également, tous les Roald Dahl avec une prédilection pour La Potion magique de Georges Bouillon, mais je lisais peu de bibliothèque verte par exemple – le club des cinq et leur côté moralisateur avait tendance m’ennuyer. Côté bandes dessinées il y avait Astérix, bien sûr, Tintin, Philémon (de Fred), Yakari, Marion Duval, Les Tuniques Bleues…, puis il y a eu Druillet, Gotlib, Sempé… Mes parents avaient des livres partout : c’était facile, il suffisait de se servir.

Le petit Nicolas - LE SITE OFFICIEL
  1. Quel est votre rythme de travail ?

J’ai deux activités : interprète le jour et auteur la nuit (un peu comme Batman, les dollars et la Batmobile en moins). J’écris donc dès que je peux, quand j’ai un moment de libre. Je me balade toujours avec mon ordinateur dans mon sac à dos au cas où. De toute façon, j’écris tous les jours et j’ai toujours mes histoires dans ma tête, je me promène donc toujours avec mes personnages et je vis même un peu avec eux.

  1. Connaissez-vous déjà la fin du livre au départ ou laissez-vous évoluer vos personnages au fil de l’écriture?

En général, quand je commence une histoire, je sais à peu près d’où je pars, avec quel(s) personnage(s) et je sais à peu près où je veux les faire arriver (des fois pas du tout). Mais je fais partie des auteurs jardiniers : je plante une graine (ou plusieurs) et je regarde comment ça pousse. Du coup, je suis mes personnages, je les accompagne, les regarde évoluer et me laisse guider. Parfois un personnage fait un truc inattendu, prend une importance qu’il n’avait pas, me force à revoir mon intrigue… En fait, c’est eux qui font tout. Il arrive même que ça ne finisse pas du tout comme je l’avais prévu, mais ce n’est pas grave, bien au contraire. Ce qui importe c’est de me raconter l’histoire en même temps que je l’écris.

  1. Il y a-t-il des personnages dont vous vous êtes inspiré ?

Je m’inspire toujours de gens que je connais, que je croise, dans les transports ou ailleurs, parfois j’emprunte des personnages à d’autres auteurs (avec leur autorisation) pour que nos mondes se croisent et que ça crée une unité (ce que j’ai fait avec Wilma dans l’aventure de laquelle on retrouve Nel créé par Clémentine Beauvais et Gurty créée par Bertrand Santini). Je m’inspire aussi de personnages de films, de romans, de bandes dessinées, d’un caractère, d’une histoire… Mais je reprends toujours ça à ma sauce pour en faire autre chose ou quelqu’un d’autre.

Carambol'Ange – Éditions Sarbacane
  1. D’où vous venait cette idée de faire un livre sur les vampires ?

J’ai toujours adoré les vampires, les mythes et les légendes qui les concernent, tout ce qu’on a fait évoluer autour d’eux depuis les premiers romans gothiques. Et puis surtout, Dracula a toujours été un de mes romans préférés ! Donc, depuis Rufus le fantôme je savais que si j’écrivais une histoire dans ce même univers il y aurait une vampire quelque part. Quand on s’est dit avec Tibo Bérard – mon sémillant éditeur chez Sarbacane – qu’on partait pour une autre aventure mais sans que ce soit une suite, j’ai mis mon idée en application : une histoire de vampire, mais avec une héroïne. Parce qu’il y en a marre que ce soit toujours UN vampire !

  1. On sent une certaine empathie envers les personnages du livre mais le fait d’aborder les thèmes du harcèlement scolaire est fort pour un livre jeunesse . Vous êtes-vous inspirés de vos rencontres ?

C’est une thématique de plus en plus forte, on entend de plus en plus de témoignages et je connais plusieurs enfants dans mon entourage qui en ont été victimes. Et c’est insupportable, au même titre que toute forme de harcèlement (à l’encontre des femmes, des homosexuels, de personnes de couleur ou de culture différente…). Par contre, je n’écris pas pour faire passer des messages, dire ce qu’il faut faire ou pas, penser ou pas. Je glisse deux-trois petites choses comme ça, et je laisse les lecteurs-trices s’en saisir ou pas. Donc tout comme j’ai eu envie de parler de la mort et de la grève dans Rufus le fantôme, j’ai eu envie de parler de ça avec les aventures de Wilma. Mais ça ne veut pas dire que c’est de ça que le livre traite, par contre c’était une bonne manière de provoquer la rencontre de mes personnages.

Amazon.fr - Rufus le fantôme - Ceulemans, Eglantine, Gourio, Chrysostome -  Livres
  1. Avez-vous eu de l’aide dans l’écriture de ce roman?

Je travaille globalement seul, en tout cas sur la première version d’écriture. J’écris, j’écris, j’écris… Je râle, je trouve que c’est pourri, je réécris, je râle, je réécris encore… Après je fais lire mes textes ou je lis mes textes à d’autres (pour celui-ci, mes mouflettes par exemple). Et une fois que je suis à peu près content du résultat, je l’envoie à mon éditeur. C’est là que commence le travail collaboratif. Pour celui-ci, j’ai travaillé avec Tibo Bérard et Julia Thévenot qui ont été de formidables lecteurs et conseillers (ce texte leur doit beaucoup). Et puis il y a tout le travail avec Églantine Ceulemans, formidable illustratrice devant l’Éternel de la littérature jeunesse (qui me fait énormément rire). Ses dessins apportent aussi des idées qui me font modifier certaines choses. Par exemple, Rufus n’avait pas les cheveux frisottés avant qu’elle le dessine, j’ai donc modifié sa description dans le texte.

  1. Le final explosif est très cinématographique comment vous est-il venu ? était-ce une envie dès le début de l’écriture ou est-elle venue plus tard ?

J’ai une imagination très cinématographique. Sans doute parce que j’ai passé l’autre moitié de mon enfance et de mon adolescence entre la télé et le cinéma (la première moitié s’étant passée dans les livres). Là aussi, j’ai ingurgité tout ce qui passait à ma portée : dessins animés, séries, films, documentaires… Et je pense que ça a conditionné ma manière de penser (ce n’est peut-être pas pour rien que je suis devenu interprète en langue des signes). Donc, quand j’écris, je vois les scènes, je suis plongé dans leur cœur, et je ne fais qu’écrire ce que je vois.

  1. Le parcours a t-il été long et difficile entre l’écriture de votre livre et sa parution ?

Comme il s’agissait de notre troisième collaboration avec les éditions Sarbacane et en particulier avec Tibo Bérard, le parcours a été très facile. Nous savions que nous avions envie de raconter une autre histoire, et une fois que nous en avions posé les bases (comme je l’ai dit plus haut), il m’a suffit de me jeter dans l’écriture.

  1. Avez-vous reçu des remarques surprenantes, marquantes de la part de lecteurs ?

Pas pour celui-ci car il vient juste de sortir, en tout cas, pas encore. Mais pour Rufus ce qui a été surtout surprenant c’est l’accueil du livre, le rire des lecteurs-trices, leur facilité à aborder une thématique telle que la mort… Et puis surtout, ce dont je me rappellerai toujours, c’est mon arrivée dans deux classes. Dans la première, tous les élèves s’étaient déguisés en revenants (sorcière, vampires, fantômes), m’avaient préparé des jeux (dont un trivial pursuit autour du livre que j’ai encore), et confectionné des gâteaux mortels (dont un magnifique cerveau : demi-sphère de gâteau au chocolat recouvert de boudins de pâte d’amande, le tout nappé de coulis de framboise) ; dans la seconde les élèves s’étaient confectionné des déguisements de fantômes avec des draps de toutes les couleurs (et l’un des enfants avait fait son déguisement dans un vrai suaire : son grand-père travaillait dans les pompes funèbres). C’était génial !

  1. Avez vous d’autres passions en dehors de l’écriture (Musique, peinture, cinéma…) A part votre métier, votre carrière d’écrivain, avez vous une autre facette cachée ?

J’ai une passion cachée pour les Granola, la musique Metal, le parachute et l’escrime !

  1. Quels sont vos projets ?

J’ai toujours plein de projets en cours, je ne sais pas écrire une histoire à la fois. Je vais et viens de l’une à l’autre, j’ai besoin de ça. Je travaille donc actuellement sur une nouvelle aventure de la Brigade des Chasseurs d’Ombres, un court roman sur la surdité, un escape book, une réécriture de l’épopée de Gilgamesh (pour lequel j’ai obtenu une bourse d’écriture) et d’autres divers projets qui mûrissent dans ma tête.

  1. Quels sont vos coups de cœur littéraires ?

J’ai découvert il y a peu les livres de Manon Fargetton dans lesquels je me suis plongé avec plaisir, j’ai relu Héros de Benoît Minville, j’ai enfin lu Le jour où mon père a disparu de Benoît Séverac ainsi que Lady Elliot Island de Christophe Guillaumot, et surtout je me suis immergé dans le génial Les Furtifs de Alain Damasio.

Nos vies en l'air de Manon Fargetton | Redbluemoon
  1. Utilisez vous une bande son pour écrire? A moins que le silence suffise ?

Tout dépend de mon humeur. J’ai surtout besoin de musique pour me plonger dans un univers particulier et ça peut être un groupe, un compositeur de musique de film, du classique, du metal… Mais en période de relecture, je m’enferme dans ma tête et là j’ai besoin de silence. Évidemment, pour Wilma, j’ai baigné dans Motörhead tout du long.

Motorhead : Motorhead: Amazon.fr: Musique
  1. Avez-vous un site internet, blog, réseaux sociaux où vos lecteurs peuvent vous laisser des messages ?

On peut me retrouver sur ma page Facebook et sur Instagram !

FACEBOOK : https://www.facebook.com/chrysostome.gourio/

INSTAGRAM : https://www.instagram.com/chrysostomegourio/?hl=fr

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