Interview de Gilles Legardinier pour « Une chance sur un milliard » Chez Flammarion

Gilles Legardinier est un écrivain et scénariste français.

Il est abandonné à la naissance et recueilli par une famille d’accueil, comme il le raconte dans « Vaut-il mieux être toute petite ou abandonné à la naissance ? » publié en 2017 avec Mimie Mathy.Il s’est toujours passionné pour la transmission de l’émotion. Dès l’âge de 15 ans, il décroche des stages et travaille sur les plateaux de cinéma anglais et américains où il deviendra pyrotechnicien. Il s’oriente ensuite vers la conception et la production et réalise des films publicitaires, des bandes-annonces et des documentaires sur les coulisses de grands films. Il se consacre aujourd’hui à la communication pour le cinéma pour de grandes sociétés de production, ainsi qu’à l’écriture de scénarios de bandes dessinées et de romans.Parallèlement, il a publié de nombreuses adaptations à succès mais surtout quelques œuvres très remarquées dont « Le sceau des Maîtres » (2002) et « Le dernier géant » (2002) en littérature jeunesse. Il s’illustre entre autres illustré dans le thriller avec « L’Exil des Anges » (Prix SNCF du polar 2010) et « Nous étions les hommes » (2011), et dans le roman humoristique, ce qui lui vaut un succès international avec « Demain j’arrête ! » (2011) (le roman sera adapté en bande dessinée en 2019), « Complètement cramé ! » (2012), « Et soudain tout change » (2013), « Ça peut pas rater ! » (2014) et enfin « Quelqu’un pour qui trembler » (2015). Associant aventure, thriller historique et comédie, « Le premier miracle » (2016) marque une nouvelle étape, suivie par deux autres comédies, « Une fois dans ma vie » (2017) et « J’ai encore menti ! » (2018). Gilles Legardinier est aussi le co-auteur de la comédie sentimentale « Comme une ombre » (2018), coécrite avec son épouse, Pascale. Il est chevalier des arts et des lettres, dont il a reçu les insignes des mains de Claude Lelouch.

Article du roman « Une chance sur un milliard » : https://culturevsnews.com/2020/10/07/une-chance-sur-un-milliard-7-octobre-2020-de-gilles-legardinier/

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Gilles Legardinier
Une chance sur un milliard par Legardinier

INTERVIEW

Pouvez-vous me décrire en quelques mots votre parcours ?

Mon parcours trouve sa cohérence dans la recherche d’émotions et d’échanges. Je ne l’ai pas compris immédiatement. Tout jeune, j’ai d’abord été marqué par la puissance du cinéma, alors c’est vers lui que je suis allé. N’ayant aucune vocation à être dans la lumière, j’y suis arrivé par la technique, en tant que pyrotechnicien. Puis j’ai découvert l’importance de l’écriture, l’aspect intime qu’elle peut atteindre dans un livre. Alors j’ai écrit, et tout s’est enchaîné grâce au public.

Comment vous est venue l’envie d’écrire ? À quelle période ?

Pour moi, l’écriture n’est pas une fin en soi, ni un exercice de style, mais le moyen de parler intimement à chacun. Car à chaque fois qu’une lectrice ou un lecteur prend un livre, même vendu à des millions d’exemplaires, il se retrouve seul avec vous. C’est un phénomène unique, particulier au livre, et qu’aucune pub ne vient saboter.

Je n’ai pas eu de déclic vers l’écriture, j’y suis venu comme on entre dans l’eau d’un lac, l’été, en prenant la température et en m’y sentant peu à peu absolument bien.

Quelles étaient les lectures de votre enfance ?

Je ne vais pas me composer une culture de bienséance comme j’en vois beaucoup le faire. Je lisais très peu étant jeune. Je préférais de loin construire des cabanes dans les arbres et faire du vélo avec mes amis plutôt que de rester seul ! Mon premier choc littéraire, je le dois à ma grand-mère paternelle, Charlotte, qui, alors que j’étais en vacances chez elle – certainement inquiète de me voir faire n’importe quoi sur ses meubles, sur sa façade et sa toiture – m’a tendu Le Comte de Monte-Cristo. Je me suis tenu tranquille quatre jours. Un record. Je vivais le livre. J’ai découvert le pouvoir de la narration. Je ne m’en suis heureusement jamais remis !

Le comte de Monte-Cristo. Volume 1, Alexandre Dumas, Livres, LaProcure.com

Quel est votre rythme de travail ?

Je ne suis pas un auteur maudit qui s’astreint. J’aime écrire, c’est un espace de liberté absolue, un monde de sentiments. Ce sont plutôt tous les à-côtés du métier qui me fatiguent – sauf les échanges avec le public, dont j’adore la spontanéité. En général, je me lève à 3 h du matin, je suis devant l’écran à 3 h 30 et j’écris jusqu’au petit-déjeuner. Ensuite, ayant fait ce que je préfère, je suis disponible pour le monde et mes autres métiers.

Connaissez-vous déjà la fin du livre au départ, ou laissez-vous évoluer vos personnages au fil de l’écriture?

Écrire un livre à destination du public, c’est proposer aux gens de les prendre par la main pour les emmener se balader les yeux fermés. Quel irresponsable préparerait l’excursion sans savoir où elle conduit ? Je laisse la place à l’imprévu, à la magie du moment, mais la feuille de route est maîtrisée. C’est pour cela que je laisse vieillir mes histoire en moi pendant des années avant de passer à l’écriture. Aucun grand vin n’est de l’année.

Y a-t-il des personnages dont vous vous êtes inspiré ?

Je ne m’inspire de personne, mais je me nourris de la vie, de ce que j’éprouve, de ce dont je suis témoin. Je passe mon temps à observer, à écouter, mais je ne m’appuie jamais sur une réalité telle quelle. Je suis une éponge avec un point de vue !

D’où vous est venue cette idée d’écrire un livre sur le bilan de la vie d’un homme ?  

Mes livres mettent toujours en scène des personnages qui, pour continuer à vivre et à avancer, doivent comprendre quelque chose du monde et d’eux-mêmes. Il est risqué de naviguer à vue. Pour avoir une chance de réussir une traversée, il faut regarder le compas et les cartes, sinon on se perd. Faire son bilan revient à regarder le compas et les cartes. Dans ce livre, je l’ai simplement abordé sous forme d’ultimatum. Lorsque la trotteuse vous pousse, vous allez à l’essentiel. On ne triche plus lorsqu’il ne nous reste plus de temps. Et c’est là que les humains se dévoilent vraiment. J’aime cette vérité débarrassée des faux-semblants.

On ressent une certaine empathie envers les personnages du livre, comme si c’étaient des personnes que l’on peut côtoyer au quotidien, crédibles. Vous êtes-vous inspiré de vos rencontres ?

On peut aussi côtoyer des gens au quotidien et les détester. Ne pas avoir le choix. C’est également un des thèmes du livre. Tout dépend de notre capacité à choisir. Je suis moi-même beaucoup dans l’empathie. C’est ma nature, je n’y peux rien. Parfois cela me complique la vie mais souvent, cela permet aussi des rencontres extraordinaires. Je l’ai dit, je ne m’inspire pas, mais tout me nourrit sans que je puisse exactement analyser de quelle façon. Ce qui est certain, c’est que je suis gourmand de vie.

Avez-vous eu de l’aide dans l’écriture de ce roman?

Ce roman est né de matière intime, infusée sur des années à travers différentes couches de sentiments. C’est un processus très personnel. Il n’y a pas cette fois la documentation qu’avait exigé mon roman précédent, Pour un instant d’éternité, sur lequel ma fille, Chloé, m’avait beaucoup aidé. Mais je ne pourrais pas écrire si je ne bénéficiais pas d’un environnement humain qui me motive et me sécurise. En cela, tous ceux que j’aime et auprès de qui je vis sont une aide. Ce sont eux qui me donnent la force d’être moi-même.

Pour un instant d'éternité - Gilles Legardinier - Babelio

Le final explosif est très cinématographique. Comment vous est-il venu ? Était-ce une envie dès le début de l’écriture, ou bien en avez-vous eu l’idée plus tard ?

Ayant commencé dans le cinéma, en pyrotechnie, j’ai toujours beaucoup de plaisir à imaginer des situations assez vives qui peuvent faire quelques dégâts… Je suis assez chahuteur et je préfère nettement quand ça bouge. Je savais que le livre finirait comme ça. Avec moi, dans la vie ou dans les livres, ça remue toujours un peu…

Le parcours a-t-il été long et difficile entre l’écriture de votre livre et sa parution ?

Sur ce roman-là, non. Une maturation interne tout à fait naturelle chez moi, ensuite, la collaboration avec mes éditeurs est excellente et je peux uniquement me focaliser sur le texte et la qualité de ce que je compte proposer au public. Par contre, il n’en a pas toujours été ainsi. Le chemin que j’ai dû suivre pour faire éditer mon tout premier roman, voilà plus de dix ans, fut un redoutable parcours d’obstacles. J’en rigole aujourd’hui et ça fera un chapitre hilarant de mes mémoires, mais je n’en suis pas encore là !

Avez-vous reçu des remarques surprenantes, marquantes de la part de lecteurs ?

Lorsque vous proposez un roman, chaque lecteur en fait sa propre lecture. En une dizaine de best-sellers, j’ai eu l’occasion d’entendre tout et n’importe quoi, mais j’ai la grande chance de bien m’entendre avec celles et ceux pour qui j’écris. Je ne triche pas. Du coup, ceux qui viennent à moi savent à qui ils ont affaire. Mais pour chaque livre, il y a toujours le regard que vous n’aviez pas prévu, l’analyse que vous n’avez pas anticipée. C’est formidable !

Avez-vous d’autres passions en dehors de l’écriture (musique, peinture, cinéma…) À part votre métier, votre carrière d’écrivain, avez-vous une autre facette cachée ?

Je suis un garçon curieux, j’ai une passion pour la musique, je fais beaucoup de photo, je me documente énormément. Je continue à travailler pour le cinéma avec mon épouse. Mais plus que tout, j’aime vivre avec les gens et les voir dépasser les limites qui les bloquaient. C’est sans doute mon plus grand plaisir. Voir quelqu’un s’engager, oser, se lancer, ça me fout les larmes.

Quels sont vos projets ?

J’en ai trop pour répondre en quelques lignes. On verra ensemble ce qui aboutit !

Quels sont vos coups de cœur littéraires ?

Pascale, ma moitié, lit environ deux livres par semaine. J’ai la chance de l’avoir en éclaireuse et je lui demande de ne me passer que ce qui la remue vraiment. Elle doit m’en recommander deux par an en moyenne sur la centaine qu’elle lit. Soit dit en passant, mon métier n’est pas de lire, mais d’écrire, et lire les autres ne vous donnera jamais de talent. Vous pouvez passer des années à regarder des champions de tennis jouer, le jour où vous avez la raquette à la main…

Utilisez-vous une bande son pour écrire? À moins que le silence suffise ?

Je sais que beaucoup d’excellents confrères adossent leurs émotions d’écriture à des chansons ou de la musique. Pour ma part, écrire revient à aller chercher tout au fond de moi, de mon imagination, de ma mémoire et de mon cœur. C’est de concentration dont j’ai besoin, de silence absolu. La musique nous entraîne vers d’autres émotions, souvent fabuleuses, mais ce sont les miennes que je veux capter.

Avez-vous un site internet, blog, réseaux sociaux où vos lecteurs peuvent vous laisser des messages ?

Une boîte postale indiquée à la fin de mes livres et une page Facebook. Ceux qui le veulent vraiment arrivent toujours à me joindre, je suis quelqu’un d’accessible.

Site officiel : http://www.gilles-legardinier.com/

Facebook : https://www.facebook.com/Gilles.Legardinier/

Adresse postale : Gilles Legardinier
BP 70007
95122 Ermont Cedex

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