Les oubliés de Dieu de Ludovic Lancien, Cachez ces monstres que je ne saurais voir

Ils sont mis au ban de la société depuis des siècles, leurs vies sont synonymes de persécutions et de curiosité malsaine, leurs maladies ont inspiré les légendes les plus sanglantes, ils sont ceux que nous refusons de voir, ceux que notre société normalisée et superficielle ne peut supporter la présence. Oui aujourd’hui nous allons parler des hommes et femmes atteint de maladies rares.

Un sujet connu mais qui reste suffisamment original pour construire une intrigue captivante. Les « monstres » comme ont les appelent ont donné lieu à de nombreuses œuvres marquantes telles que le film Elephant Man de David Lynch ou le plus ancien Freaks sortie durant les années 1930. Le thème des maladies orphelines reste suffisamment teinté de superstitions, d’effroi et avouons-le d’un voyeurisme malsain pour accaparer le devant de la scène le temps d’un polar savamment construit et à l’ambiance bien glauque.

C’est donc au tour de Ludovic Lancien de s’emparer de ce thème, pas de révolution à attendre dans ce polar au rythme effréné mais l’ensemble offre un spectacle suffisamment prenant pour nous captiver sur plus de 400 pages. Le style est simple, sans fioritures, le cœur du récit est ailleurs. J’aurais cependant apprécié que l’auteur insiste sur certaines descriptions, notamment lors de l’exploration de certains lieux, afin de renforcer l’ambiance glauque qui s’en dégage.

Les différents personnages qui constituent le groupe d’enquêtes profitent d’une écriture suffisamment solide pour qu’on les suivent avec plaisir dans leur enquête. Ils traînent tous leurs bagages plus ou moins lourds et leurs traumatismes incurables. Deux d’entre eux sont mis en avant, avec les traditionnelles enquêtes en parallèle qui finissent par se rejoindre, l’ensemble du groupe présente une cohésion crédible qui ne demande qu’à se renforcer.

Le rythme endiablé entraîne son lot de petites incohérences et d’invraisemblances communes à ce type de polar mais le plaisir que l’on prend à tourner les pages permet de passer outre à ces légères saillies du récit. Le gros point faible reste la conclusion et surtout le mobile des meurtres que j’ai trouvé un peu léger au vue des enjeux développé au début du roman.

Malgré cela et le style de l’auteur qui reste assez scolaire, ce polar offre une distraction captivante et a le mérite d’aborder deux thèmes originaux, la tératologie et le tourisme noir. Tous les amateurs de polars où les éléments de l’intrigue se déroulent pages après page, comme une pelote de laine, devraient y trouver leur compte.

Résumé: Un médecin généraliste est retrouvé massacré dans son cabinet aux Lilas, près de Paris. Son corps a fait l’objet d’un véritable carnage.
Très vite, l’enquête dévoile sa double vie et son intérêt morbide pour la tératologie : l’étude des ces hommes et femmes que l’on qualifie abruptement de  » monstres « .
Ceux dont l’existence même fut jadis considérée comme une preuve de celle du diable.
Ceux que le régime nazi a cherché à éradiquer à travers des campagnes d’extermination longtemps tenues secrètes.
Ceux que l’on nomme parfois les  » oubliés de Dieu « .
Chargé de l’enquête, le capitaine Gabriel Darui va recevoir un appel d’un homme qu’il s’était juré de ne jamais revoir. Un homme qui connaît ses secrets les plus troubles. Un homme qui, à l’instar du médecin assassiné, a frayé avec ce que l’humanité a de plus sombre. Un homme qui sait que toutes les leçons du passé n’ont pas été retenues et que, comme Darui va le découvrir, l’horreur se conjugue aussi au présent.

  • Poids de l’article : 270 g
  • Poche : 494 pages
  • ISBN-13 : 978-2755685305
  • Dimensions du produit : 10.9 x 2.1 x 17.8 cm
  • Éditeur : Hugo poche (5 novembre 2020)
  • Langue : : Français

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