Les liens du sang d’Olivia Kiernan, piégé dans la toile de la haine

Moi qui n’aime rien de moins que d’être plongé au cœur de l’enquête je dois reconnaître que j’ai été comblé par ce polar, la seconde enquête du commissaire Frankie Sheehan que les éditions Hugo m’on aimablement envoyé.

L’auteure a eu la bonne idée de nous faire vivre l’enquête par les yeux de son héroïne, l’intègre Frankie Sheehan, qui par bien des aspects m’a rappelé une autre figure célèbre du monde du polar, l’Américain Harry Bosch. Comme le célèbre enquêteur de la cité des anges l’irlandaise est réfractaire à l’autorité, son métier de flic est un sacerdoce qu’elle effectue sans jamais le remettre en question, elle accorde beaucoup d’importance aux détails du crime et son œil aguerri dévoile au lecteur tous les aspects techniques de l’enquête sans que celui-ci ne soit noyé sous la masse d’informations. Pourtant cette comparaison doit être modérée, Sheehan est tout de même beaucoup plus diplomate que Bosch, j’aurais parfois aimé qu’elle rue un peu plus dans les brancards mais il ne s’agit après tout que de sa deuxième aventure, et surtout elle n’est pas un oiseau de nuit solitaire comme Bosch, elle peut compter sur une famille aimante pour l’épauler face à son quotidien violent. Un personnage équilibré, loin du cliché du personnage féminin badass sans limites tel que l’on peut en lire de plus en plus dans les polars contemporains.

C’est donc par le prisme de sa vision des choses que le lecteur va découvrir une Irlande en proie à une misère sociale qui s’est banalisé. L’intrigue prend le temps de nous montrer que malgré les années certains comportements ne changent pas. La perte du lien social place les forces de l’ordre en butte aux récriminations de la population, il n’y a qu’à voir la manière qu’ont certains suspects de s’adresser à eux, Sheehan se fait plusieurs fois insulter sans que personne ne bronche, je ne sais pas à quel point cela reflète la réalité mais ce sont des détails qui m’ont quelque peu gêné car peu plausible à mon sens. Cet aspect un trop forcé de la société irlandaise n’est pas ce qu’il y a de plus réussi dans le roman.

Heureusement l’auteure s’en sort beaucoup mieux lorsqu’il s’agit de relater une enquête. Tous les amateurs de polars reposant sur la collecte d’indices, les interrogatoires et le partage de conjectures entre collègues seront ravis. La narratrice nous fait vivre au plus près une enquête policière avec ses fausses pistes, son faisceau d’indices que chaque lecteur sera libre d’interpréter à sa guise. Malgré la complexité de l’intrigue et les différentes étapes de l’enquête que l’on suit pas à pas, jamais on ne ressent ni stagnation ni longueurs dans le récit jusqu’au dénouement. Un dénouement surprenant, qui a le mérite d’apporter un aspect plus personnel à l’intrigue tout en finissant de délivrer les dernières pièces du puzzle.

Avec ce second volume des enquêtes de Frankie Sheehan Olivia Kiernan prouve qu’elle possède tout le talent nécessaire pour captiver le lecteur en l’entraînant dans une intrigue tortueuse dont elle va dénouer les fils progressivement. Il ne lui reste plus qu’à muscler son personnage d’enquêtrice et à affiner sa description de la société irlandaise pour devenir un grand nom du polar.

Résumé: Le crime colle à la peau de la commissaire Frankie Sheehan. Mais à Clontarf, petite station balnéaire proche de Dublin, Frankie n’est pas la seule à être familière avec la mort…
Deux corps sont retrouvés dans l’église de la ville, sauvagement assassinés.
Un double meurtre qui coïncide étrangement avec la sortie de prison de Sean Hennessy, condamné dix-sept ans plus tôt pour le meurtre de ses parents alors qu’il était encore adolescent. Sean a toujours clamé son innocence ; et c’est cette version des faits qu’il entend défendre dans un documentaire télévisé en préparation.
Frankie le pressent : pour découvrir l’auteur du double meurtre de l’église, puis d’un nouvel assassinat tout aussi épouvantable, il va lui falloir comprendre ce qu’il s’est véritablement passé voilà dix-sept ans.
Et percer les mystères qui relient entre eux, par-delà les années, les cadavres de Clontarf.

  • Poche : 461 pages
  • ISBN-13 : 978-2755685329
  • Dimensions du produit : 10.9 x 2 x 17.8 cm
  • Éditeur : Hugo poche (5 novembre 2020)
  • Langue : : Français

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