Qaanaaq de Mo Malø, premiers pas maladroits sur la banquise

Ah cher capitaine Adriensen je me faisais une joie de découvrir le premier volume de vos enquêtes. Il me semble avoir, à de nombreuses reprises, fait part de ma passion pour le froid, les étendues enneigées et la poésie désespérée qui s’en dégage. Alors lorsqu’un auteur nous embarque dans l’un des derniers bastions de l’hiver éternel je ne peux décemment pas résister.

Et pourtant encore une fois, comme avec nombre d’autres auteurs qui placent leurs intrigues sous le signe de l’aurore boréale, je suis resté à quai. Est-ce le fait que derrière le pseudonyme se cache un auteur français, à savoir Frédéric Mars ? La réponse me paraît plus complexe que ça.

Je dois d’abord vous avouer quelque chose Qaanaaq rarement dans mon existence de lecteur je n’ai autant eu envie de frapper le personnage principal si tôt dans l’aventure. Arrivé à la quarantième page du livre l’auteur a tout fait pour faire de vous une tête à claques insupportable de cynisme et de condescendance. Cela s’arrange un peu par la suite mais la désagréable impression de suivre un personnage antipathique ne m’a jamais vraiment quitté. La démarche de l’auteur était sûrement de mettre en scène un personnage déraciné, un peu bourru et arraché à son quotidien, qui va devoir faire face à son passé et sa terre natale. Le résultat n’a malheureusement pas fonctionné sur moi.

Ensuite Qaanaaq il ya l’intrigue, il va falloir en parler de ça aussi. Ou plutôt les intrigues puisque l’auteur a tenu à intégrer la révélation de tes origines dans ton enquête. Il y a plusieurs choses qui me gênent dans cette intrigue. Tout d’abord les deux interludes, en plus se ne servir à rien dans la narration ils gâchent grossièrement les révélations que l’on finit par ne plus attendre car tout paraît prévisible et attendu. En ce qui concerne l’enquête principale j’ai trouvé son déroulement cohérent, là aussi rien de bien surprenant mais on se laisse porter par cette plongée dans une société groenlandaise écartelée entre préservations des traditions et course à la modernité. Malheureusement en plein milieu du récit l’auteur decide de vous écarter de l’intrigue principale, mon cher Qaanaaq, est vous expédie à l’autre bout du pays, c’est dommage je commençais à vous apprécier dans vos oripeaux d’inspecteurs. Dans le même temps il met en scène une intrigue maladroite et poussive entre deux personnages secondaires qui va amener le lecteur à connaître les dessous de l’affaire qui vous occupe alors que vous-même vous serez encore en train de patauger dans la neige du village oublié de vous partager le patronyme. Vous me pardonnerez d’être sorti de l’histoire à ce moment-là et d’avoir gentiment baillé en attendant la fin, que j’ai trouvé longue à venir.

Il reste le style, la plume de l’auteur alors pour vous faire apprécier le voyage me direz-vous. Et bien je vais encore vous décevoir mon pauvre enquêteur danois mais jamais à aucun moment je n’ai eu l’impression d’être à vos côtés, de parcourir les rues de Nuuk, d’entendre craquer la neige sous mes pas ou d’avoir eu envie de relever mon col pour me protéger du froid. Je n’ai pourtant pas l’impression d’être particulièrement exigeant mais le fait est que la plume de l’auteur qui vous met en scène m’a plusieurs fois fait sortir du récit comme si les vents polaires me rejetaient loin de cette histoire.

Et voilà déjà venus le temps de nous dire adieu Qaanaaq, vous n’êtes pas un si mauvais bougre au final et je pense même que sous la plume d’un autre auteur on aurait pu s’entendre mais étant donné la déception finale qu’est notre rencontre je crois que l’on va devoir se dire adieux. Le tumulte du quotidien et la profusion d’oeuvres, littéraires ou autres, qui se trouvent à ma portée me font sérieusement douter que l’on se retrouve un jour vous et moi.

Résumé: Adopté à l’âge de trois ans, Qaanaaq Adriensen n’a jamais remis les pieds sur sa terre natale, le Groenland. C’est à contrecoeur que ce redoutable enquêteur de Copenhague accepte d’aller aider la police locale, démunie devant ce qui s’annonce comme la plus grande affaire criminelle du pays : quatre ouvriers de plateformes pétrolières ont été retrouvés, le corps déchiqueté. Les blessures semblent caractéristiques d’une attaque d’ours polaire. Mais depuis quand les ours crochètent-ils les portes ?
Flanqué de l’inspecteur inuit Apputiku – grand sourire édenté et chemise ouverte par tous les temps –, Qaanaaq va mener l’enquête au pays des chamanes, des chasseurs de phoques et du froid assassin. Et peut-être remonter ainsi jusqu’au secret de ses origines.

  • Éditeur : La Martinière (31 mai 2018)
  • Langue : : Français
  • Broché : 496 pages
  • ISBN-10 : 2732486302
  • ISBN-13 : 978-2732486307

11 réflexions sur “Qaanaaq de Mo Malø, premiers pas maladroits sur la banquise

  1. C’est une de mes sagas préférées, j’adore Qaanaaq ♥️ Disko est différent et plus rythme avec une thématique qui sert mieux le côté « thriller » il me reste Nuuk à lire !

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  2. J’aurais voulu être emporter moi aussi mais ça ne l’as pas fait. Dommage. Je viens d’envoyer l’article sur le groupe. Je vais encore me faire des copains, j’ai hâte 😁😁😁

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  3. Oh punaise Giebel… Je me retiens à chaque fois mais je suis comme Stéphane j’en peux plus d’avoir des retours sur ces livres. Je crois que je vais m’en lire juste pour plaisir de le défoncé.

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  4. J’ai adoré ce livre. Entre autre le parallèle entre les traditions inuites et la tendance du monde moderne. Un de mes livres préférés de l’année 2020.
    Merci pour ta chronique.

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