C’est l’Inuit qui gardera le souvenir du blanc de Lilian Bathelot

Un court récit non dénué de substances, un roman de science-fiction qui va droit à l’essentiel, une fable percutante sur la déshumanisation et la place de la technologie dans nos vies. Ce roman est tout cela à la fois et le tout sur un format peu épais.

Le récit est avant tout construit comme une course contre la montre, les chapitres alternent entre la chasseuse Kisimiipunga et l’équipe des services secrets chargés d’une mission à haut risque. Les chapitres consacrés à la jeune inuite qui tente d’achever le rite ancestral de son peuple ont eu ma préférence. Plus intimiste et baignant dans un champ lexical qui allie la beauté de la banquise à la survie en milieu hostile. Les chapitres mettant en scène l’équipe d’intervention sont plus techniques, plus froids aussi malgré les dissensions incarnées par les deux commandants. Le monde qu’il représente est aussi moins développé et donc plus nébuleux. La narration est extrêmement rythmée et pose rapidement les enjeux qui ont cours tout au long de l’ouvrage.

Si l’auteur parvient rapidement à nous plonger dans son intrigue il manque cependant un élément lors du dénouement pour transcender un peu cette quête de liberté. Un surplus qui ferait dire au lecteur qu’il tient entre les mains un excellent ouvrage de science-fiction. Je ne parle pas forcément d’un twist renversant mais plutôt d’un passage marquant, d’une scène mémorable qui s’imprimerait dans l’imagination du lecteur. De plus si l’auteur parvient à rendre son héroïne attachante on reste assez froid devant la peine qui l’accable étant donné que l’objet de son chagrin est resté extérieur au récit et n’a même pas droit à un seul chapitre pour exister.

Il n’en reste pas moins que l’auteur parvient à développer un propos intéressant sur la place de plus en plus importante de la technologie dans notre société. Son récit reste très positif sur le devenir de l’humanité. La globalisation technologique n’efface pas les différences, au contraire celles-ci s’expriment encore plus fort et se débattent avec toute l’énergie du désespoir pour survivre. Sans trop dévoiler l’intrigue il est intéressant également d’assister à la libération d’un peuple grâce à la technologie tandis que de l’autre un soldat acquis à la cause de l’autorité se voit redevenir humain là aussi grâce à la technologie. Le message de l’auteur est clair la technologie ne signera pas notre perte, elle n’est qu’un outil à notre service, seul l’homme est responsable de ses tourments.

Un récit court qui prend quand même le temps de délivrer un message optimiste dans une narration rythmé et haletante. Il manque peut-être juste un éclat narratif fort pour finir de le rendre mémorable.

Résumé: 2089, dans une société hypertechnologique, tous les habitants de la planète sont reliés au réseau de surveillance de leur zone gouvernementale. Les territoires inuits, pourtant, ne suivent pas la règle commune ; là, pas de surveillance, une certaine liberté et de grands espaces sauvages où l’on peut retrouver la nature et des gestes ataviques. Les gouvernements planétaires tentent désespérément de trouver une parade à cette indépendance qui a, semble-t-il, fort à voir avec les narvals, et leur sonar si particulier. La jeune chercheuse inuit Kisimiippunga vient de terminer le rite ancestral de la Première Chasse. Alors qu’elle est seule au milieu de nulle part, elle voit surgir un traîneau sur lequel elle découvre un Européen blessé. Qui est-il et que vient-il faire ici ?

  • Éditeur : Pocket (19 novembre 2020)
  • Langue : : Français
  • Poche : 256 pages
  • ISBN-10 : 2266307452
  • ISBN-13 : 978-2266307451
  • Poids de l’article : 130 g
  • Dimensions : 10.8 x 1.1 x 17.8 cm

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