Douve de Victor Guilbert, une bille et des hommes

Un flic hanté par ses origines, un meurtre sanglant, un coupable idéal et enfin ce village maudit, caché par la forêt, rejeté du monde. Tous les ingrédients semblent réunis pour offrir aux lecteurs friands de nouveaux mystères un bon polar. Malheureusement les promesses sont loin d’être tenues.

Le personnage principal est attachant, il faut au moins reconnaître ça à l’auteur il a réussi à dresser le portrait d’un jeune flic attachant. Hugo Boloren est perspicace, un peu gauche, son passif et la maladie de sa mère amène suffisamment de pathos pour que l’on se prenne d’affection pour lui sans pourtant en faire des tonnes. Son personnage est un cocktail réussi d’autres personnages de flics. On ressent une empathie immédiate pour lui et sa quête d’origine chargée de combler un manque dans sa vie. Les cent premières pages sont réussies et nous embarquent efficacement vers ce voyage au bout du monde.

Malheureusement le conte de fées s’arrête là. Les cent pages suivantes font preuve d’un manque de souffle et de densité criant d’ennuis. Hugo interroge mollement un habitant du village qui élude ses questions, lis trois pages et demie du livre de sa mère, se fait passer à tabac, va boire un coup au seul bar du coin pour s’en remettre, interroge encore les habitants qui ont l’air de le prendre autant au sérieux que s’il était Casimir, se refait passer à tabac…et durant tout ce temps le mystère enveloppant le village ne gagne pas en profondeur. Douve est un village maudit et c’est tout, l’auteur ne va pas développer son histoire plus loin, à part pour expliquer pourquoi il ne s’y passe rien. Les quelques formules littéraires du style ”village qui a la guigne” ou ”c’est quitte ou Douve” ne suffisent pas à donner de l’ampleur à cette intrigue qui stagne gentiment.

Les cent dernières pages sonnent l’heure du dénouement. Un dénouement avec des révélations en cascade mais désolé pour l’auteur et le travail qu’il a dû effectuer pour construire son intrigue mais beaucoup de choses m’ont profondément gêné dans ce final. Tout d’abord, c’est peut-être entièrement dû à mon expérience de lecteur mais il y avait déjà un petit moment que ma bille personnelle, ainsi que le personnage principal nomme son instinct d’enquêteur, était tombée et avait percuté le cerveau. Ce qui fait que l’une des révélations n’en n’était pas une pour moi. Ensuite le fameux pourquoi du comment…alors comment dire j’ai lu ce passage dans les transports en commun…je n’ai pas pu me retenir de rire, pas trop fort pour éviter que l’on me regarde de travers mais mine de rien j’avais quand même du mal à me retenir. La raison de tout cela paraît fortement improbable pour ne pas dire un autre mot.

Enfin l’auteur ne résiste pas à l’envie de nous asséner une ultime révélation, qui en soi n’a rien de honteuse, mais qui aurait pu être utilisée beaucoup plus tôt dans l’intrigue. Cela aurait permis d’accorder un peu d’âme et de cœur à ce village et ses habitants qui en manquent cruellement et aurait pu éclairer les événements du passé d’un regard plus accommodant. Mais en l’état l’auteur s’en sert uniquement de ressort scénaristique pour tenter de maintenir l’attention du lecteur pour quelques pages supplémentaires, dommage.

Je passe sur les nombreuses incohérences qui parsèment le récit et préfère conclure la chronique sur cet amer constat; Il y avait un bon potentiel mais les choix de narration ont tout gâché.

Résumé:  » Le gamin a Douve dans les veines. »
Cette phrase, prononcée par son père quand il n’était encore qu’un enfant, l’inspecteur Hugo Boloren ne l’a jamais oubliée. Alors quand il apprend qu’un meurtre a eu lieu à Douve, il y voit un signe. Son père est mort, l’Alzheimer a dilué les souvenirs de sa mère ; c’est sa dernière chance de comprendre en quoi ce village perdu au milieu d’une forêt de sapins lui coule dans les veines.
Tout ce qu’il sait, c’est que son père, policier lui aussi, a été envoyé à Douve il y a quarante ans pour enquêter sur la fuite médiatisée d’un Islandais accusé de meurtre, et que sa mère, journaliste, l’a accompagné pour écrire un livre sur l’affaire.
Que s’est-il passé là-bas et pourquoi ont-ils toujours refusé d’en parler ?
Armé du livre écrit par sa mère, Hugo Boloren va plonger dans ce village peuplé d’habitants étranges, tous unis par un mystère qui semble les hanter. Au fil de son enquête, une question va bientôt s’imposer : et si le meurtre qui a récemment secoué le village était lié au séjour de ses parents, quarante ans plus tôt ?

  • Éditeur : Hugo Roman (7 janvier 2021)
  • Langue : : Français
  • Broché : 298 pages
  • ISBN-10 : 2755685832
  • ISBN-13 : 978-2755685831
  • Poids de l’article : 358 g
  • Dimensions : 14 x 2.9 x 21 cm

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s